LIVRE VI
nature. II n'envoya jamais d'assassins à sa solde surprendre un ennemi désarmé en terre étrangère pour le faire égorger nuitamment par des soldats ehangésen bourreaux; sa gloire n'aurait pas couvert aux yeux de la Grèce de tels actes. La Grèce était légère, mais elle avait sa moralité^ au moins dans son histoire. On pou vait Tébloair^ on ne pouvait pas la corrompre jusqu'à lui faire amnistier ou glorifier l'assassinat. »
Ce grand acte de justice et de royauté accompli^ et l'armée de Médie rentrée sous l'obéissance , il se hâta de lancer la sienne plus avant dans le nord de la Perse ^ où Bessus paraissait se rapprocher des Scythes.
Mais^ avant de la mettre en mouvement^ il sentit^ par l'exemple de Phiiotas^ le danger de laisser à un seul chef traître ou corruptible le commandement général de la cavalerie de sa garde. 11 divisa ce commandement entre deux de ses favoris les plus sùrs^ Éphestionet Clytus. Il fit en même temps arrêter Démétrius^ un4es commandants en
second de sa garde^ convaincu après coup de con^ niveikce ayeb Philotas. Il donna son commandement à Ptolémée.fik de Lagua, gèlerai et écrivain consommé^ que aa destinée réservaità «n trône.
c C'est ce même Ptolémée à qii nous devons rhistoire de Teipédition^ et en particulier celle de la conjuration de Parménion et de Philotas. Ptolémée rivalisait avec Éphestion etClytus dans la cour d'Alexandre . L'amitié^ dans le cœur jeune et tendre d'Alexandre, se confondait presque toujours avec la politique. Il était si aimé parce* qu'il ne rougissait pas d'aimer lui-même; ses meilleurslieutenantsétaientsesmeilleursamis. »
Le récit de la* seconde campagne qui le reporta au nord de la Perse, du cAté de la mer Caspienne, est SI bref, si confis et si peu géographique dans Quînte-Curce, et même dans Ârrien, qu'il suffit d'abréger en peu de mots ce qu'en dît ce dernier historien d'après Ptolémée.
« Alexandre, dit-il, marche sur Bessus dans la Bactrîane, soumet en passant lès Ârachoties, auxquels il laisse Memnon pour satrape; i! subjugue les Indiens des frontières, malgré les neiges , les difficultés de s'approvisionner de vivres et les fatigues. Apprenant ensuite les