LIVRE VII
Qoiote-Curce aux députés scythes comme la.traduction presque littérale de leur discours. Arrien en parle avec admiration^ sans en donner autre chose que le sens. On n'a attaqué la vraisemblance de ce discours^ dit le premier des critiques, que faute de connaissance et de réflexion.
Quinte-Curce y a peut-être ajouté quelques formes plus grecques et latines qu'orientales^ mais le discours est vrai, et c'est la plus belle des harangues de Quinte-Curce. Ajoutons que cette harangue était ici à sa place, puisque c'était un peuple innombrable, pariant avant d'intenter ou de recevoir la guerre du plus grand des conquérants.
Laissons parler à notre tour ces Orientaux, dont les images fortes et neuves étonnèrent au bord du Tanaïs les généraux et les philosophes qui entouraient le Macédonien quand il reçut la députation. Nous empruntons la belle traduction de Sainte-Croix. Ua voulu cette fois traduire lui-même au lieu d'abréger.
« Si les dieux, dit l'orateur de la députation , avaient voulu te donner un corps proportionné à l'ambition de ton âme, l'univers entier
8ê VIE D'ALEXANDRE LE GRAND.
ne poumit te ecmteiiir; d'une maia ta toacherais Terieat et de l'autre Toccideiit, et, peu satisfait encrage , tu voudrais savoir le lieu où ie soleil^ divinité si puissante, va cachelr Téclat de ses rayons. C'est ainsi que tu désires ce que tu ne pieux embrasser. De l'Europe tu passes en Asie , de l'Asie tu repasses en Europe j et, si tu soumets tout le g^are kumain, tu feras encore la guerre à la neige , aux rivières , aux foréte et aux bétes féroces. Ignorea-tu donc que les grands arbres sont longtemps à croître et qu'un instant suffit pour les déraciner? C'est une folie de songer à leurs fruits sans en mesurer la hauteur. En voulant parvenir à la cime, prends garde de tomber avec les branches que tu auras saisies. Quelquefois le lion sert de pâture aux ^us petits oiseaux , et la rouille consume le fer. Rien de si fort qui n'ait à redouta l'agent le plus faible.
t Qu'avona-BOtts à démêler avec toi? Jamais nous n'avons mis le pied dans ton pays. N'est41 pas permis à des hommes qui vivent 'dans de vastes forêts d'^norer qui tu es et d'où tu viens? Nous ne pouvons être esclaves, el nous n'ambitionnons pas de commander. Afin que tu