LIVRE L
qoentes haraogues contre le père d'Alexandre.
Après avoir tourné en dérision les éloges de Philippe faits à l'assemblée par ses partisans : « Les Athéniens^ dit-il^ n'ignorent pas sa puis* sance^ dont ils ont prévu les accroissements lorsqu'elle ne demandait qu'à naître ; et si alors un même esprit eût animé tous les Grecs , nous y aurions donné ordre et empêché ce mal dé s'étendre plus avant. Ainsi nous avons fait long-* temps la guerre contre lui, non pas pour Amphipolis ou pour Halonèse^ comme plusieurs ont pensée mais pour le salut et la liberté de toute la Grèce Jusqu'à ce que ayant été abandonnés de tout le monde, attaqués par quelques-uns, nous avons été contraints de faire une paix plus nécessaire que glorieuse. Mais maintenant, comme je crois Minerve la protectrice de notre ville et Apollon Pythien le dieu de notre patrie, et tous les autres dieux de la Grèce, je crois qu'ils ont enfin ouvert les yeux en notre faveur, et qu'ils excitent le couragede tous ceux qui les adorent à la vengeance de la liberté que nos pères, nous ont laissée.
« Au moins je me persuade qu'Hercule n'a pas écouté sans colère les discours des députés
as VIE D'ALEXANDRE LE GRAND.
qui font descendre Philippe de son sang. Eh effets seraiMl possible que ce Dieu voulût avouer pour Tun de ses descendants un prince impie et sacrilège, qu'étant Grec il reconnût un Macédonien, et qu'ayant été Tennemi et Texterminateur de la tyrannie il laissât croire qu'un tyran a pris de lui son origine? car c'est par là principalement que les actions d'Hercule sont illustres et mémorables; mais au contraire Philippe tient la Grèce assujettie sous une injuste domination, et a établi dans quelques villes des tyrans particuliers, Philistide dans Orée, Hipparque dansÉrélrie et Taurosthènes dans Chalcide. Enfin les Eubéens, les Âchéens, les Corinthiens, ceux de Mégare , les Leuc^diens et ceux de Corcyre se sont déchirés pour nous et favorisent nos desseins. Les autres attendent l'événement, qui a été jusqu'ici l'unique et le plus puissant appui de la puissance de la Macédoine ; mais, aussitôt qu'il commencera à s'ébranler, elle tombera d'elle-même.
« Et certes lesThessaliens, d'où Philippe tire aujourd'hui ses plus grandes forces de cavalerie, n'ont jamais suivi longtemps un même parti; et les Illyriens, et les autres barbares qui sont