LIVRE VIT
De si belles paroles ne firent <}ue suspendre un moment la guerre entre les Maoédooiens et les Scythes. Ce qu'Alexandre voulait de ces peirples^ ce n'était pas leur pays^ mais leur admiration. Il voulait bien la paix avec eux^ nMÎs après la victoire. Il franchit le fleuve et combattit les Scythes.
Alexandre répondit en diplomate guerrier à ces maximes philosophiques. Il feignit d'entrer en négociations avec les Scythes^ et il fit suivre les députés de l'autre côté du fleuve par un de ses généraux^ avec une escorte de cavaliers^ pour bien reeonnaitre les sites et la force des villes. Il se proposait^ dit Arrien^ de construire sur les bords du Tanaïs une autre Alexan* drie. De même qu'il avait fait d'Alexandrie d'Egypte le nœud commercial de la basse Asie, de l'Afrique et de l'Europe, le port universel de la Méditerranée, de même il voBlait faire de l'Alexandrie du Tanaïs le nœud commercial et militaire de la haute Asie, de la Scy-
thie^ de la Tartarie et des Indes^ le port du désert. Mais ce projet ne fut qu'un de ces rêves qui traversent les têtes à grandes pensées et que les événements rapides comme la vie de r homme emportent dans leur course.
Cependant il traversa le Tanaïs, il fondit sur les hordes innombrables de cavalerie tartare des Scythes qui formaient plus de masse que de résistance contre des troupes disciplinées, et dispersa tout comme de la poussière devant lui. Les villes des Scythes et des Tartares paraissent^ d'après les historiens de son armée ^ lui avoir opposé plus d'obstacles. Il en prit sept; mais les barbares^ revenant sur lui avec une cavalerie plus nombreuse encore^ firent éprouver à un de ses corps avancés la première grande défaite qu'il eût encore subie depuis son départ de Macédoine. Les écrivains militaires de son armée eux-mêmes ne cherchent pas à la dé^ rober.
« Les barbares^ disent-ils, profitant de la témérité des Macédoniens^ les pressent et s'avancent sur eux jusque dans le fleuve^ y rejettent ceux qui sont passés, écartent les autres du rivage à coups de traits, les prennent en tête,