VIE D*4LE\AM)RE I.B GRAND. — T. II
lii VIK D*ALKXAND!IE LE GRAND.
père^ vous voulez à tmite force passer pour fils de Jupiter Ammon. »
Alexandre^ outréde cetteinsoleiice> luirépoDdit : (c Ah ! scélérat^ en tenant tous les jours de tels discours contre moi ^ et en excitant les Macédoniens à la révolte , penaes-tu que tu auras longtemps sujet de t'en réjouir?
<i Ah! vraiment, lui répliqua Cli tus, dont Tin* science croissait toujours^ vous avez raison; nous n'avons pas grand sujet de nous ré* jouir de nos travaux, et nous sommes ré- . duits à porter envie au bonheur de ceux qui sont morts avant que d'avoir vu 1^8 Macédo* niens déchirés avec les verges des Perses, et obligés d'avoir recours à la faveur et i la protection de ces mêmes 'Perses pour avoir audience de leur roi. »
(c Pendant que Glitus profère ces paroles sans aucun ménagement, et qu'Alexandre se lève pour se jeter sur lui et qu'il l'accable d'injures, les plus vieux font tous leurs efforts pour apaiser le tumulte. Alors Alexandre, se tournant versXénodochusleClardianien et vers Artémius de Colophone : « Ne vous seiAble-t-il pas, leur dit-il, que les Grecs sontparmi les Macédoniens
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comme des demi* dieux parmi des bétes sauvage»?
«r Clitue^ qui fie veut pas céder^ crie qu'Alexajddre dise tout haut ce qu'il veut, ou qu'il n'appelle point à sa table des hommes libres et qui ne savent dire que la vérité , ou qu'il passe sa vie avec des barbares et avec des esclaves ;, qui adoreront volontiers sa ceinture persienne et sa robe blanche. »
<c À ces mots'^ Alexandre^ ne pouvant plus retenir sa colère^ prend sur la table une pomme qu'il jette, à la tète de Clitus et cherche son épée ; mais Aristophane , un de ses gardes du corps^ l'avait prévenu et la lui avait ôtée. Tous les autres l'environnent pour le retenir et le conjurer de s'apaiser; mais lui, se démêlant de leurs mains ^ crie en langage macédonien, appelle à lui ses gardes^ ce qui était le signe d'une grande ^eu te, et ordonne au trompette de sonner l'alarme. Comme le trompette différait ou refusait d'obéir, le roi lui donna un grand coup de poing sur le visage, et depuis ce tempslà le trompette fut fort estimé de tout le monde, comme ayant été seul la cause de ce que tout le camp ne s'était paa soulevé.
e Comme Qitus continuait toujours^ ses amis le poussèrent à grand' peine hors de la salle; maisil y rentra incontinent par une autre porte^ en chantant , avec une audace effrénée et avec un mépris très-insolent^ ce passage de V/indromaque d'Euripide : < 0 dieux! la méchante coutume qui s'est établie en Grèce ! Quand une armée a érigé un trophée de la défaite des ennemis^ on ne compte point que cette victoire soit l'ouvrage de ces troupes qui ont combattu^ mais le général en remporte seul ton te la gloire. Celui qui ne s'est pas plus exposé que tous ces milliers d'hommes^ et qui n'a pas plus fait qu'un seul homme ^ est seul chanté comme vainqueur et jouit des travaux et de la gloire de tous les autres. »
(c Le coi^ ne pouvant plus retenir son ressentiment^ que le vin aiguisait encore^ saute à la javeline d'un de ses gardes y la lui arrache ^ et y dans le moment que Clitus passait près de lui pour se retirer et qu'il ouvrait la portière, il lui passe sa javeline au travers du corps. Clitus pousse un profond soupir, et avec un mugissement horrible il tombe mort. En même temps la colère du roi se dissipe ; il revient tout d'un