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do montrer surtout la coHtradktioti qu^l y uvait entre sa conduite et ses principes; ee qui n'était pas difficile à Tégard d'un homme aussi vain ; car, de toutes les passions, la vanité est celle qui no^s rend le plus inconséquents.
Callisthèoe s'imaginait être le dispensateur de la gloire et le seul homme capable de transmettre à la postérité les hauts faits d'Alexandre. L'amour* propre des sophistes que ce prince avaità sa suite fut irrité, et rk n'oublièrent rien pour desservir auprès de lui Callisthène. Ce philosophe pefdit peu à peu son crédit, et il parait que , se voyant disgracié , il devint le défenseur des moeurs an* ciennes et des usages de ses pk'es^ en s'opposant aux honneurs divins qu'on voulait rendre au conquérant macédonien. Il ne se souvenait donc plus d'avoir promis d'accréditer par ses écrits l'opinion qui faisait de ce prince un fils de Jupiter Âmmon. Peut-être s'en repentait*il, et croyait-il qu'en changeant de langage et de conduite le philosophe ferait oublier le courtisan. Maisune marche si rétrograde se pardonne rarement, et la mort en est quelquefois la punition.
a Ânaxarque , les sophistes grecs et les grands de Perse ^ de concert avec Alexandre , avaient
résolu de décerner les hoAiieiirs divins à ce prtiJtce. La propositioB en ayant été faite dans un repas^ Callistbène prononça sur ce sujet un discours dont Arrien nous a conservé les principales idées. Il ne parait pas les avoir supposées; du moins la convenance y est parfaitement gardée. Après avoir fait sentir la diffiérencequ'on^ devait mettre entre le culte des dieux et les hommages rendus aux ^ands honmies^ Callisthène dit que^ comme Alexandre ne permettrait pas qu'on usurpât les honneurs attachés k sa dignité^ de même les dieux s'indigneraient qu'on s'arrogeât ceux qui leur appartenaient. S'adressant ensuite à Anaxarque , il l'engage à considérer qu'une pareille proposition pouvait convenir à Cambyseou à Xerxès, et non au fils de Philippe^ qui descendait d'Herculeet d'Éacus. a Les Gi^ecs, ajoute Callisthène, ne décernèrent point les honneurs divins à Hercule de son vivant^ mais après sa mort^ lorsque l'oraele de Delphes^ consulté sur ce sujet, l'eut ainsi ordonné. Faut-il donc aujourd'hui que quelques hommes^ dans un pays barbare ^ pensent comme des barbares? Je dois, Alexandre, rappeler à ton souvenir la Grèce, pour laquelle tu
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as entrepris cette expédition qui lui soumet l'Asie. A ton retour exigeras-tu des Grecs ^ le peuple le plus libre de Tunivers^ qu'ils se pros* ternent devant toi? ou en seront-ils dispensés^ et les Macédoniens subiront-ils seuls alors cette humiliation? ou bien encore les uns et les autres ne continueront-ils à t'honorer que suivant leur usage^ et comme il convient à des hommes^ tandis que les barbares le feront à leur manière, etc.?»
Ce discours eut l'effet qu'on devait en attendre; les Macédoniens ne voulurent point se prêter à la cérémonie de Tadoration^ tandis que les Perses s'y soumirent avec d'autant plus de facilité qu^elle était en usage chez eux depuis le règne des Grecs. Quoique cette cérémonie ne passât pas à leurs yeux pour une marque d'idolâtrie, elle n'était pas moins étrangère aux mœurs des Macédoniens, et devait nécessairement leur paraître un acte humiliant et digne de vils esclaves. Mais il n'est guère possible d'accorder les écrivains entre eux sur plusieurs détails relatifs à cet événement. Plutarque rapporte les divers témoignages sans rien prononcer. La partialité d'Arrien en faveur d'Alexandre
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n'est au contraire qae troj[>s(Bnsiblë. «Je regarde, dit-il, comme juste la haine ({U'Âlexandre avait pour Callisthëne , k cause dé sa Ubeîté inconsidérée et de son orgueil insensé. C'est pourquoi j'ajoute foi sans peine à ceux qui disent que ce philosophe entra dans la conjuration des jeunes gens contre Alexandre ou qu'il les eîccita à la tramer. » Quelle conséquence! Arrien raconte ensuite cette conjuraration, dontifer-
molaùs, un des pages d'Alexandre, fut Fauteur.
<c Accompagnant ce prince à la chasse , il
l'avait prévenu et avait tué devant lui un sanglier. Battu de verges et privé de son diéval à cause de cette étourderie> il en témoigna tout son chagrin à Sostrate, fils d'Amyntas^ et le fit entrer dans ses projets de vengeance. • Qttinte-Gurce dit la même chose ; mais il ajoute plusieurs circonstances et ne manque pas de saisir cette occasion pour mettre dans la bouche d'Hermolaùs et dans celle d'Alexandre des discours où il cherche à faire briller son éloquence. Il fait surtout bien parler Alexandre, qui répond à Taccusé avec autant de dignîté que de sagesse. Dans tout le récit de Quinte-