LIVRE ?ll
Corée on ne trouve pourtant rieû à la chai'ge de Callisthène. Il assure même que ce philo* sophe était ionoGefit de Tattentat contre la personne'du roi. « Aussi ^ ajoute-il^ nulle autre mort ne rendit Alexandre plus odieux aux Grecs , parce qu'il fit périr au milieu des tif>urments^ et sans l'avoir entendu^ un homme trèsrecommandable * par ses vertus et ses talents , qui l'avait rappelé à la vie lorsqu'après le meurtre de Clitus il persistait à vouloir se tuer. A la vérité il se ressentit de cette atrocité ; mais il n'était ]Jus temps. »
Quoique Plutarque rapporte tous les Ctîts soit à la charge, soit à la décharge de Callis* thène, sans en discuter aucun et sans rien prononcer, il parait néanmoins s'intéresser beaucoup à ce philosophe. Il assure qu'Hermolaiis et ses complices, appliqués à la torture , ne dirent pas un seul mot contre Callisthène. Il cite des lettres écrites par Alexandre lui-même à Cratère, à Attalus et à Alcétas, qui confirment ce fait important. Si Ptolémée et Aristobule avaient eu connaissance de ces lettres , ils n'auraient pas sans doute donne un démenti formel à leur héros en avançant que les conjurés accusèrent '
Callisthène de les avoir engagés dans leur entreprise criminelle .
L'envie seule de justifier Alexandre a pu leur dicter un pareil mensonge. Arrien, toujoûrsdisposé à se laisser entraîner par leur autorité^ ne dissimule pas qu' un grand nombre d'écrivains s'étaient contentés de remarquer que la familiarité de Callisthène avec Hermolaûs avait fait naître des soupçons que la haine de ses ennemis érigèrent en preuves. Le même historien ajoute que quelques autres écrivains prétendaient qu'Heradolaùs^ dans son discours^ avait reproché à Alexandre la mort injuste de Philotas , celle plus injuste encore de Parménion et de ses amis , le meurtre de Clitus^ le changement de costume et l'habille* ment à la manière des Mèdes^ la tentative de se faire adorer à laquelle il n'avait pas renoùcé, enfin ses veilles passées dans la débauche.
Les mêmes choses se lisent dans le discours que Quinte-Curce fait prononcer à Hermolaûs; ce qui est très-digne de remarque, puisqu'il en résulte que cet historien n'imaginait pas toujours les harangues dont il a rempli son ouvrage, et qu'il ne les composait pour Tordinaire qu'après en avoir trouvé le sujet, soit dans Clitarque,