‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 179 sur 233 · LIVRE Vlll. l«i · texte numérisé non relu

LIVRE Vlll. l«i

aoeompagné pour faire rendre la place ; on en prend aussitôt possession.

Alexandre^ suivi de cinq cents hypaspistes^ y monte pour la reconnaître^ et^ loin d'être offensé de la résistance de Choriène^ il lui rend le' gouvernement de là citadelle et de tous les lieux sur lesquels il s'étendait. L'armée^ qui avait déjà souffert des rigueurs de la saison et du siège ^ vint alors à manquer de vivres. Choriène s'en* gagea à lui en fournir pendant deux mois; et, faisant ouvrir ses magasins^ il distribua aux soldats^ du blé^ du vin et des salaisons. Ces ob« jets fournis dans le terme convenu ^ il protesta qu'il n'avait point épuisé la dixième partie des provisions qu'il avait amassées pour le siège. Alexandre lui marqua de nouveaux égards^ convaincu qu'il s'était rendu plutôt de bonne grâce que par force. »

Ces commentaires de Ptolémée, compulsés par Arrien^ auraient la lumière de ceux de César si l'intelligence des lieux et des peuples se joi-

YIE D'aLCXANDRR le GR4ND. — T. II. Il'

\e,9. VrR p'ALEXANDME LE GRAND.

{{nait^ comme dans Cé6ar> au bref récit 40* pvénements ; mais il n'en est point ainsi : on mapche en aveugle, en tâtonnant^ snr la route de Tlnde. On voit seulement que la .marche et le retour consomment plus de quatre années de la vie et de la fortune des Macédoniens.

Rentré à Bactres aux premiers jours du printemps, Alexandre envoie Éphestion et finitare, ses deux lieutenants les plus sArs^ avec Ptolémée , réprimer de nouvelles émotions de peuples sur sa gauche. Après le retour de ces généraux il reprend sa route. (In grand roi des contrées qui sont entre l'Indus et la Baotriane, nommé Taxile par les Grecs, nom évidemment altéré, est iutimidf^ par la continuité et Tuniversalité des succès du conquérant. Il prend le parti de s'allier à la victoire. Alexandre^ selon son habitude , ne cherche pas à vaincre }à où il peut dominer. Il laisse à Taxile son royaume, le reçoit dans son camp , se fortifie de son alliance, lui promet des agrandissements de territoire pour sa part des conquêtes communes, et marche ainsi en deux corps vers Tlndus.

tf Alexandre partage son armée et abandonne h l^lphestion et à Perdiccas le commandement

LIVHK VllI. 163

d'une partie^ composée des troupes de Gorgias, dé Clitus, de Méléagre, de la moitié des hétaires à cheval et de U totalité des troupes stipendîaipes y avec ordre de marcher dans la Peucolatide vers Tlndus^ d'y soumettre toutes les villas de force ou par composition^ et^ une fois arrivés aux bords du fleuve , d'y faire tous Ips préparatifs pour en faciliter le passage, lis sont accompagnés de Taxile et des autres Anactes. I.ies ordres d'Alexandre sont exécutés.

a Ptoléméeet Gœnus^ deux autres lieutenants plus rapprochés de lu i^ soumettent dans de rudes combats les peuples indomptés qui tentent de lui fermer le passage des montagnes vers Tlndus. »

La forteresse d'y^orne, ainsi nommée par les Grecs^ qui seule avait résisté à THercuIe égyptien ^ conquérant des Indes , refuse de s'ouvrir devant lui. Le rocher presque perpendiculaire qui la porte a six lieues de circonférence , quinze cents pas d'élévation, Alexandre s'y obstine comme à Tyr, pour accomplir ce qui a fait reculer un demi-dieu et surtout pour ne pas laisser ce péril à son retour, en cas de revers. Aorne est emportée après un siège de plusieurs semaines. Alexandre remonte, parallèlement au

cours de T Indus ^ les vallées étroites des barbares^ qui s'enfoncent dans Tintérieur de Tlnde. Puis y découvrant enfin ce fleuve bien au-dessus de ses embouchures dans la mer^ il fait abattre les forêts qui le bordent^ construire deux radeaux, et s'y, embarque avec l'armée pour le redescendre , sans fatigue^ jusqu'au point qu'Éphestion et Perdiccas ont choisi d'avance pour opérer le passage.

(c Alexandre^ arrivé aux bords de Tlndus^ trouve le pont dressé par Éphestion , plusieurs petits bâtiments et deux triacontères ^ des présents de Taxile, deux ceiits talents d'argent, trois mille bœufs, dix mille moutons, trente éléphants. Taxile y joint sept cents hommes de cavalerie indienne auxiliaire, et lui fait remettre les clefs de la capitale, située entre l'ihdus et l'Hydaspe.

a Alexandre sacrifie aux dieux, fait célébrer des jeux gymniques et équestres : les augures

sont favorables. »

Voilà le récit abrégé de Ptolémée jusqu'à rindus ; voilà la géographie antique de ce fleuve, et les idées que, selon ce général d'Alexandre, l'armée se faisait des Indiens.

Page 1