LIVRE VIII
« L'Indus e&t le plus grand des fleuves de TEurope et de TAsie, à TexceptioD du .Gange; ses sources tombent du Paropamise^ qui termine la chaîne du Caucase à Torient ; il se décharge au midi dans TEry thrée par deux embouchures marécageuses, ainsi que celles de Tlster, et qui présentent^ comme le Nil, la forme d'un triangle, que les Grecs appellent Delta et les. Indiens Pattala. Voilà ce que j'ai pu recueillir de plus certain sur Tlndus. On voit aux Indes d'autres fleuves, THydaspe, TAcésinès, THydracès, THyphase, qui par leur étendue considérable sont à tous les fleuves de TAsie ce que l'Indus est à eux, ce que le Gange est à Tlndus.
« Ctésias, si cet auteur a quelque poids, détermine la moindre largeur de l'Indus à quarante stades, la pjus grande à cent, et la moyenne à soixante-dix.
(c Alexandre passa le fleuve au point du jour avec toute son armée.
« Je ne traiterai point ici de l'Inde, de ses lois, de ses productions, des animaux extraordinaires qu'elle nourrit, des poissons monstrueux qu'on trouve dans ses fleuves. Quant à ces fourmis qui font de l'or, à ces griffons qui
le gardent y ces contes appartiennent à la fable et non à l'histoire^ et les auteurs en sont d'autant plus prodigues qu'il semble difficile de les convaincre de fausseté, »
Aristobule et Ptolémée^ témoins du passage du fleuve^ font entendre qu'il fut passé sur un pont de bateaux et que le seul obstacle au passage fut le fleuve lui-même, Taxile, ce roi des frontières indiennes^ dont la capitale était peu distante de l'Indus^ semble avoir fourni luimême à Éphestion et à Perdiccas les moyens d'invasion de son pays. Alexandre fut reçu en roi des rois dans sa capitale^ que les Grecs nomment, du nom de ce roi , Taxilie. Le pont de bateaux qui avait servi à traverser l'Indus fut démonté pièce à pièce et transporté^ sur des chariots traînés par des éléphants de Taxile, au bord de THydaspe. Alexandre y rencontra toute son armée y gi*ossie de cinq mille Indiens et de soixante éléphants de guerre fournis par Taxile.
Porus, roi de l'opulente région de Tlnde
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«ituée au delà deTHydaspe^ aujourd'hui le Pendjab^ ifidigûé de k défeetion ûationale de Taxile^ était oamp^ sur l'autre rive^ avec une armée plua nombreuse que celle du conquérant.
Ce uom de Porus^ quoique unanimemeut adopté par tous les historiens de l'eupéditiou pour désigner le aouverain principal du Pendjab et des plaines de l'Hindoustan^ est entière-^ ment inconnu dans les annales originales de l'Inde^ ainsi que la bataille où il fut vaincu. Le passage de THydaspe y en présence d'une armée indienne commandée par le principal sotive^ raifl des plaines de l'inde^ n'est pas douteu^tt^ puisque sept historiens^ témoins et acteurs dans l'événement, le racontent en termes à peu prèfr identiques; maift les noms et les circonstances géographiques sont des noms et des contréee de convention auxquels on a donfié dans l'armée grecque des désignations presque fabuleuses. On verra bientôt qu'Alexandre lui même ne savait pas exactement où il eombftt tait« et qu'il confondait l'Indus^ THydaspe, l'Hyphase et le Gange ^ sur la foi des cartes trèsimparfaites dressées par les géographes de son armée. Avant et après la bataille contre Porus^
il avançait au haaard vers le centre de Tlnde; il revenait sur ses pas^ comme on Ta vu^ pour retrouver Éphestion et Perdiecas plus bas sur rindus^ et il comptait sur le courant de fleuves inconnus pour le rapporter vers TOcéan aux bouches de l'Indus.
Quant au passage de lindus et au choc contre l'arknée de Porus après ce passage, laissons parler Arrien, au lieu du chimérique Quinte- Curce. On sera frappé comme nous de la parfaite identité de ce passage du fleuve de Tlnde^ et de cette bataille sur le bord indien , avec le passage du Danube au-dessous de Vienne et avec là "bataille de Wagram par Napoléon : le fleuve ^ le premier passage, suivi d'une retraite désastreuse dans une ile de THydaspe, semblable à rile de Lobau; l'établissement fortifié d'Alexandre dans rile , semblable à Toccupalion de Tile du Danube, pour appuyer ses ponts et masquer son retour, par Napoléon ; les pontsde bateaux construits et cachés dans les canaux intérieurs de Tîle ; la pluie torrentielle qui Tinonde^ Torage qui enveloppe pendant la nuit les deux armées; le second passage à la faveur de ces ruses du général et des accidents du ciel ; la ba-