‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 186 sur 233 · LIVRE VllI · texte numérisé non relu

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cassée; ils poussaient de longs gémissements. < <c Les chevaux d'Alexandre ayant enveloppé l'ennemi^ il fait donner la phalange; toute la cavalerie indienne est massacrée sur le champ de bataille; la plus grande partie de l'infanterie y demeure^ l'autre s'enfuit par un vide que laisse la cavalerie d'Alexandre.

Ci Cratérus et les autres généraux^ sur la rive deTHydaspe^ voyant le succès d'Alexandre, passent le fleuve et achèvent le massacre des Indiens, qu'ils poursuivent avec des troupes fraîches.

.<c On perdit du côté des Indiens près de vingt mille hommes de pied, trois mille chevaux ^ deux fils de Porus, Spithacès, gouverneur du pays, tous les chefs de l'armée , tous les conducteurs des chars et des éléphants, et même tous les chars ; on prit les éléphants qui échappèrent aucarnage,

« Du côté d'Âlexahdre il périt en tout trois cent dix hommes, dont quatre-vingts sur les six mille hommes d'infanterie , dix des archers à cheval qui commencèrent l'action, vingt Hét aires et deux cents du reste de la cavalerie.

a Porus se distingua par ses exploits, et fit

mf VIE D*ALEXANDRE LE GRAND.

dans cette bataille non-seulement office de capitaine^ mais encore de soldat. Lorsqu'il vit le carnage de sa cavalerie , la mort ou le désordre de ses éléphants et la perte presque totale de son infanterie, il n'imita point la lâcheté du grand roi^ qui prit le premier la fuite aux journées d'Issus et d'Arbelles ; il combattit tant qu'if \ît donner quelques-uns des siens. L^excellence et la force de sa cuirasse avaient constamment résisté aux coups; mais enfin, blessé d'un trait à Tépaule droite , qu'il avait nue , il se retira sur son éléphani.

« Alexandre, désirant sauver ce héros, lui députe l'Indien Taxile. Celui-ci, ayant poussé son che^1al sans trop s'approcher de l'éléphant de Porus, loi crie d'arrêter et d'accueillir l'offre d'Alexandre, auquel il ne peut plus échapper; maisPoras, à la vue de Taxile, son ancien ennemi, saisissant un trait, allait le percer si celui-ci ne l'eût évité par la vitesse de sa fuite.

a Alexandre, loin d'en être plus irrité contre Porus, lui détache de nouveaux envoyés, parmi lesquels se trouvait l'Indien Méroê, anden ami de Porus. Ce dernier l'écoute ; pressé par une soif ardente, il descend de son éléphant, et, après

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s'ébre rafniolii^ consent à se rendre près d'A* lexandre.

« Ce prince^ àeon approche^ sartdts rtiigs et vieat à sa reaeontre^ accompagiié db quelques Héiaifes. Il s'arrête, il contemple la noblesse de sM traits, la liaiiteur de sa ttiUe, qui f 'élevait à plus de cinq aradées. Porus s'approche avec une contraance assurée; sa physionomie n'est point ahattoe par aa disgrâce : héros il vient trouver un héros; prince il a défendu contre un antre 'ses États; Alors Alaxandre :

« Comment prétends-vous que je voœ traite?

— En roi.

— Je le ferai pour moi-même. A présent que puis-je faire pour vous? Parlez !

— J'ai tout dit.

—Je vous rends le pouvoir et votre royaume, et j'y ajouterai encore. »

« C'est ainsi qu'il traita en roi un prince généreux , qui fat dans la sniteson ami le plus fidèle, i»

Voilà la bataille de l'Hydaspe racontée en 8(ridat par un soldat , et non en dramaturj^ par un amplificateur qui peint d'imagination ce qu'il n'a ni vu ni compris. La vérité même sè« che, comme elle apparaît ici, vaut mieux, pour

dooner ie sens des choses^ que les commentaires de la fiction.

Porns vaincu^ soumis^ mais non découronné^ fit par force et par reconnaissance ce que Taxile avait fait par politique : il s'allia avec le conquérant contre l'indépendance des États limitrophes aux siens* Il reçut> selon Justin^ trentesept villes ou principautés en adjonction de territoire. Sa défaite devint ainsi honteusement le titre de sa grandeur.

Alexandre ordonna^ en mémoire de sa victoire contre Porus^ de jeter les fondements de deux villes qui porteraient son nom^ sur les deux rives du fleuve^ à Fendroit où il avait vaincu. Pour engager ses troupes à le suivre plus loin sans murmurer^ il les éblouit^ dans une proclamation à l'armée , des richesses et des merveilles qui les attendaient au delà de l'Hydaspe^ et, pour donner à leurs yeux quelque solidité à ces prestiges^ il ouvrit le trésor à l'armée et distribua des gratifications aux chefs et aux soldats. Cette première grande libéralité du héros s'éleva^ selon les historiens les plus modérés^ à une somme d e trois mille francs de notre monnaie à chaque combattant.

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