‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 189 sur 233 · LIVRE Vlir · texte numérisé non relu

LIVRE Vlir

Cette bataille^ au lieu d'amortir son ardeur^ n'est qtt'^ae amorce de plus pour sa passion d'atteindre et peut-être de dépasser ie Gange. U marche encore vers un sixième fleuve appelé par Ptolémée FHy phase. Il semblait aspirer à je ne sais quel inconnu de merveilles et de richesses qui fuyait toujours devant lui. Il était évidemment ivre de cette ivresse des. conquérants^ dans laquelle Tassouvissement ne produit pas la satiété, mais la soif.

Son armée cependant commençait à raisonner pendant que son général délirait encore de gloire. L'élan qu'il lui avait imprimé l'avait ejitrainée jusqu'à l'Hyphase; mais cet élan s'arré* tait enfin d'illusion trompée, de sang versé y de l'habitude à laquelle la victoire même ne promettait que d'autres décef^ions, d'autres carnages^ d'autres fatigues. L'énorme distance^ qui s'agrandissait à chaque marche et à chaque fleuve, entre elle et la Perse, entre la Perse et l'Assyrie , entre l'Assyrie et la Macédoine , épouvantait enfin les soldats. Ils s'attroupaient en conciliabules de mécontents ou de séditieux, se communiquant, dit Ptolémée, leurs griefs et leurs alarmes. La même pensée, jusque-là ca-

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chée daos l'âme «de chMaa d'eox > daireBâît la peoflée de tom. Le aeatiment de cette n&aniJkiité donnait à leurs murmures i'audaoe et Texploeion d'une opinion générale. Les ciiefe ne pouvaient réprimer dans leur» soldats des manifestations qu'ils partageaient euxHoiiémes. L'affection seule.qu'ils portaient tons à Alexandre lesempédiait de courir à la sédition. Mais ht sédition de l'inertie^ quoique plue re^peetueuse, était déjà résolue dans l'armée ; elle était décidée à arrêter son général en s'arréttnt diemême.

Arrivée au bord de l'Hy phase elle refusa de faire un pas de plus. Alexandre, informé par ses lieutenants et ses favoris de cette rj^Uion encore sourde^ quoique obstinée^ de l'armée, résolut de la vaincre par la confidence publique des motifs qui le poussaient au moins jusqu'au Gange. Quinte-Curce lui prête devant l'armée un discours éloquent, mais emphatique et diffus, plus convenable à un tribun d'Athènes qu'à un consul militaire, sur le bord d'un fleuve, en face d'une nuée d'ennemis campés sur l'autre bord , et interrompu par les agitations et les tumultes d'une armée en sédition. Ptolémée

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