LIVRE Vni
doûne le vrai discours d'Alexandre, Arrien le transcrit^ et c'est le texte même que nous re* {uroduîsons d'après eux.
<c Macédoniens! 'dit-il, et vous, campagnons « de mes travaux , puisque vous paraissez ne «plus vous y associer avec la même ardeur^ je « vous ai convoqués pour vous ramener à mon (c avis , ou pour me ranger moi-même au vôtre, « afin que nous avancions ou que nous revenions « sur nos pas ensemble. Que si vos exploits^ si
« votre général vous pèsent, il n'a plus rien à
« vous dire. Mais s'ils vous ont acquis l'Ionie, « l'Hellespont, les deux Phrygies, la Cappadoce, « la Paphlagonie , la Lydie , la Carie , la Lycie , m la Pamphylie, la Phénicie et l'Egypte, tout ce « que les Grecs occupent de la Libye, une part a de l'Arabie, la Cknlo-Syrie avec la Mésopotamie, (c Babylone et le pays des Susiens; si vous avez te subjugué les Perses , les Mèdee et les peuples <c acquis ou soustraits à leur domination ; si vous <£ avez porté vos trophées au delà des pyles Cas- <c piennes , du Caucase et du Tanaïs; soumis la « Bactriane, l'Hyrcanie, la mer Caspienne, et « repoussé les Scythes dans leurs déserts; si <i rindus, l'Hydaspe, l'Acésinès et THydraotès
<r coulent aujourd'huisous nos lois^ qu'attendezcc vons pour ajoutei^ à notre empire l'Hyphasis « et les nations au delà de ses bords ? Craindriez* ce vous aujourd'hui des barbares ^ vous [qui les « avez vu fuir devant vous^ abandonner leurs <c pays et leurs villes ou les remettre à votre <c courage et marcher ensuite sous vos étendards ? a II n'est, sans doute^ pour des cœurs généreux, «c -de fin aux travaux que dans les travaux mêmes <c qui les immortalisent. Si quelqu'un d'entre <c vous en demandait le terme , qu'il sache que ce nous n'avons pas loin d'ici au Gange et à la c: mer Orientale, qui se réunit à celle des Indes, <c au golfe Persique et embrasse le monde ; du cr golfe Persique nous remontons jusqu'aux ce colonnes d'Hercule, et, soumettant l'Afrique <c comme VAsie, nous prendrons les bornes du « monde pour celles de notre empire.
ce Que si nous rebroussions chemin, voyez ce que nous laissons derrière nous un grand (t nombre de peuples belliqueux : au delà de <c l'Hydaspe, tous ceux qui s'étendent vers la mer « Orientale; au nord, tous ceux qui habitent les « bords de la mer d'Hyrcanie et les Scythes. « A peine aurons-nous commencé notre retraite