LIVRE VlII
qu'ils ont reçues de Diony sus et de si^sbacchantes» « Alexandre arriva le troisième jour à Tendroitoù Cratérus et Éphestion l'attendaient^ cam-* pés sur les rivQB du fleuve. Deux jours après^^Phi-lippe se présente avec le reste de son armée. Alexandre l'envoya le long de l'Acésinès; Cratérus et Éphestion reçoivent de nouvelles instructions.
« Continuant sa navigation sur THydaspe, qui lui offrit partout vingt stades au moins de largeur^ il soumet en passant les peuples rive-rains y soit de force ou de composition. Il se portait avec rapidité sur les Malliens et les Oxydraques^ peuples nombreux et belliqueux qui> après avoir renfermé leurs femmes et leurs enfants dans leursplaces fortes^ se disposaient à lui livrer bataille. Il se hâtait pour les surprendre et les frapper au milieu même de leurs préparatifs, a II arrive au cinquième jour au œnfluent de l'Hydaspe et de TAcésinès. Le lit de ces fleuves s'y resserre ; leur cours en devient plus rapide. Les flots se choquent , se brisent et s'ouvrent en reculant sur eux-mêmes des gouffres profonds. Le fracas des vagues mugissantes re-* tentU au loin. Les habitants du pays avaient ins-
m VIE D*ALEXANDRE LE GRAND.
trait les Grecs de ces dédiite; cependant^ à l'approche du oonflaent, le bruit était si épouvantabkr ^e les rameurs laî^sërent fonlber le^ rames. La vois dtr kélenstës eut d'abord glaeée d'horreur et bientôt elle 9e faft entendre : — c DouMez de Hamea , rompes la force du courant. «^ 11 famt sortir de ces détroits, ériter à'ètre engloutis dans ces gouffres tournoyants. Le^ vafsseaiti ronds qui touchèrent les gouffres soulevés par les vagues furent rêjétës dam le courant : -eenx qui les montaient en tnreaU pour la pem^. Les vaislteaffx \(m^ éprouvèrent plus de dommage dmis cette* situation , leurt ftanos n^étani pus assez élevés pour rompit Feffort des vagues. Les hémrolies souffrirent surtotft, le rang inférieur des rsmes s'ëievant peu spu-dessus «des eaux. Entrafnés de eàié dans les gouffres avairt de poutmr releter les rame^, ces bfttimeiH^ étaieut facilement briiséspAr la force des végues; deut, fracassés run contré Ttfutre, pérfreut avec leur équipage.
« Au delà le fteuves'élargîssaît ; son cours devenait moins rapide , sa navigation moins daugcreuse. Alexandre aborde à la rîve droite^ qui offrait une rade ouverte aux vaisseaux. Un ro-
Aër s'avançait au milieo d^ owles , il éSraH un asile et on abri aux naufragés ; Alexandre y recueillit les débris de sa flotte et de ses soldats.
<i Après avoir réparé ses vaisseaux , il chargea Néarque de poursuivre sa navigation jusqu'au territoire des Malliens ^ et, courant sur les barbares qui ne s'étaient point encore rendus^ il t Itwr fait défense de serémîr à ses peuples.
«c U f etouroe verssa flotte ; il trmiveÉfyliestioii, Craiérus et Pkilippe à la fête de leuf*» divisions. Cratén» est chargé de conduite les troupes de Pltilippe au delà de THydaspe^ aT«e celles de Poliaptrehon et les éléphants. Néwqtte^ oonti^ nuant de diriger la flotte^ doit le précéder de troîa jours. ^
Ce passage de Ptolémée^ littéralement flraéntpar Ârrteo, montre avec quel génie Alexandre avait au se créer «ne base d'opératioiie too^ hUe WÊOt ees ieuves inconnijM de Vhïèe*y base qui marchait avec \vê, qB'il abandoMnait pottr quelcpies joQrs et cpx'i\ retrouvait à volonté. Nous Be voyons rien de coi»pattable , ni daM le9 eam^ . pi^pesde Ccsai', ni danseellas de Napoléon'. Si ce dernier conquérant avait eu la prudencedé foire oavigfter ou voguer sa base d'opératf^rys dass
sa guerre d'iayasîoii en Russie^ son armée de sii eent mille hornooies ne se serait pas fondue dans une retraite.
Cependant cette retraite^ conquérante encore, de r armée macédonienne, ne déguisait pas tellement l'évacuation des pays qu'elle ne rendit confiance et audace aux Indiens des deux rives de THydaspe et de rÂcésinès. Us l'attendaient à un passage difficile du fleuve, en nombre immense , et lui livrèrent une bataille assez sem* blable à celle de la Bérésina. Soit que le péril fût extrême, soit qu'Alexandre Mt dégoûté de la vie depuis que la vie n'était plus une étwnelle conquête, il sembla y cberchêr une mort illustre, plus favorable à l'immortalité de son nom qu'une retraite humiliante.
L'armée indienne, selon les Mémoires oon* temporains, était de quatre^vingtniix mille fantassins et de dix mille cavaliers. Les trompes d'Alexandre se troublèrent à cet aspect et murmurèrent de nouveau contre une retraite qtti