‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 199 sur 233 · LIVRE VUI · texte numérisé non relu

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heur^ il balança tellement son corps qu'il tomba sur ses pieds^ et, se trouvant debout Tépée à la main^ il écarta ceux qui étaient les plusproches. La fortune aussi avait pourvu à sa défense -, car il y avait assez près du mur un vieux arbre , dont les branches larges et touffues s'étendaient comme pour le couvrir, et, de peur d'être enveloppé, il s'appuya contre le tronc, qui était fort gros, recevant dans son bouclier tous les traits qu'on lui tirait par devant. Il est vrai qu'on les tirait tous de loin, personne n'ayant l'assurance de l'approcher , et ils tombaient plus sur l'arbre que sur le bouclier.

« Mais ce qui lui servait le plus, c'était premièrement sa renommée, sous qui toute la terre tremblait; puis le désespoir, plus puissant que tous «pour inciter les hommes à mourir glorieusement.

a Toutefois, accablé d'un si grand travail, il tomba sur ses genoux; et alors les barbares courant sur lui à l'étourdie, comme s'il n'y eût plus eu de danger, il les reçut si bien à coups d'épée qu'il en mit deux parterre, et après cela on n'eut^ plus d'envie de l'attaquer de si près. Mais, comme il était en butte à tous les dards, il avait bien de la peine à se défendre en une pos-

ture si désavantageuse^ quand un Indien décodia

contre lui une flèche de deux coudées (car les

flèches des Indiens sont^ comme J'ai dit^ de celle

longueur)^ qui^ faussant sa cuirasse, lui entra

bien avant dans le corps , un peu ainlesetts d«

côté droit. Il en sortit une si grande abondance

de sang que les armes lui tombèrent de» UMmik,

et il demeura comme mort, n'ayant pas «ittte^

ment la force de tirer la flèche , tirilement fue

celui qui Tavait blessé courut incontinent^ plein

de joie , pour le dépouiller ; mais il ne SMiiil

pas si tôt mettre la main sur lui qu'ému^ comme

je crois, de l'indignité de Topprobie, il rappda

ses esprits, et, tAtant son ennemi au défaut des

armes, lui plongea le poignard dans le flanc.

Ces trois corps étendus autour de lui donnèrent

un tel étonnement aux autres qu'ils le regar^^

daient de loin sans faire autre chose. Cependant

le roi, qui voulait mourir en combattant, essaya

de se relever avec son bouclier, et, sentant que

les forces lui manquaient, il se prit aux bran^

ehes de larbre pour faire un dernier effort ;

mais avec tout cela il retomba sur ses genoux ,

défiant le plus hardi des ennemis à combattr<^

de près contre lui .

LIVHË Vill. 21à

« EofioPettcesta»^aya9t£Dreépiu: un autre endroit c^ox qoi déf^Bdaientla mm, se rendit au** prM du roi» qui» Vayani; «porçu, fit état qu'il était arrivé là plutôt pour le €oasal«r eu sa mort que pour lui pouvoir plui sauver la vie , et, aur la point de rendre Vhmt , il ae reposa sur son bouclier, lin moment après, Tiinée survient, puis Léonnatus, puis Âristonus. Les Indiens aussi, apprenant que le roi était dans la ville, accoururent là de toutes parts en laissant les autres, et pressèrent vivement ceux qui le défendaient, entre lesquels Timée, après avoir reçu plusieurs blessures par devant et rendu un (^ieux oombat, deoMura sur la place. Peucestas, quoique percé de trois coups de flèche, n'avait soin que de couvrir le roi de son bon* clier, qu'à la fin il abandonna, ne le pouvant plus soutenir à canse de ses plaies; et Léonnatus, repoussant vigoureusement Im barbares qui venaient fondre sur lui, reçut un si grand coup sur le cou qu'il en tomba demi-mort aux pieds du roi. Il n'y avait plus d'esp^ance qu'en Ârk*tomis; mais que pouvait un seul homme fort bleasé contre une si grande multitude ?

(c Cependant le bruit court parmi les Macédo-

Si6 VIE D'ALEXANDRE LE GRAND.

niens que le roi est mort. Ce qui eût étonné tons les autres hommes anima ceux-ci^ qui^ sans plus songer au périls abattent le mur à coups de pics et de pieux^ et , entrant en foule par la brèche^ tuent plus dlndiens dans la fuite que dans la défense. Ils n'épargnent ni âge ni sexe. Qui que ce soit qu'ils rencontrent^ ils croient que c'est celui qui a blessé le roi . Ils sacrifient tout à leur colère et se soâlent de sang et de vengance. Glitarque et Cimagène rapportent que Ptolémée, qui régna depuis , se trouva en cette occasion ; mais lui-même^ qui n'aurait pas trahi sa gloire^ a laissé par écrit qu'il n'y était pas et que le roi l'avait envoyé ailleurs ; tant a été grande la hardiesse de mentir, ou , ce qui n'est pas un moindre vice, la crédulité de ceux qui se sont mêlés d'écrire l'histoire .

« Alexandre étant porté dans sa tente, les médecins scièrent si adroitement le bois de la flèche qu'il avait dans le corps qu'ils n'ébranlèrent point le fer, et, après l'avoir déshabillé , ils s'aperçurent que la flèche était dentelée , et qu'on ne la pouvait tirer sans danger si l'on n'élargissait la plaie. Mais aussi ils appréhendaient une trop grande perte de

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