‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 202 sur 233 · LIVRE VUl · texte numérisé non relu

LIVRE VUl

sont conformes à leur temps; le temps d'Alexandre n'était pas à Tindustrie^ mais à la gloire ; ce héros était un héros de poëme^ et non un spéculateur de comptoir. Montesquieu nous semble ici se tromper quand il voit dans l'expédition géographique et navale de Néarque , un voyage d'exploraUon commerciale pour la recherche des débouchés et des produits. Ce qu'Alexandre cherchait^ c'étaient des routes liquides^ faciles et courtes^ pour rattacher l'Inde à la Perse^ pour tenir les deux empires sous la même main^ et vraisemblablement pour s'assurer si l'on pourait aller^ par mer^ des bouches de l'Indus dans le golfe Arabique ; car la conquête de l'Arabie occupait déjà son imagination.

Quoiqu'il en soit^ après avoir assisté au départ de l'expédition aventureuse de son amiral Néarque, Alexandre remonta de nouveau le bras droit de l'Indus jusqu'à la bifurcation de ce fleuve, divisa son armée en plusieurs colonnes dont il commandait lui-même l'avant-garde, et s'avança lentement, en conquérant toujours, du côté de Kandahar^ parles montagnes du Caboul, du Béloutchistan et de l'Afghanistan, contrées àpresT, stériles, arides, comprises alors dans ce

((tt'oo appelait la Gédrone. On oe compnmd {{uère Gomment y avec une armée déjà d^frânée par tant de Hiarchca^ d'aonéea, de tiataillei;, il laiflia eMore çà et là et dee cdowes militaires et une si^rtpia aoas te cmnmaadefiMnt d'«a de ses lieutenants Léonnatos^ au milieu de eee peuples nombreux et indomptés. Sa trAce se re^ fermait sur lui aussitôt qu'il aTsit passé. On ne peut expliquer ces jalons d'hommes laissée ainsi sur sa route à la merci des populations indigènes que par la certitude que TexpéditicHi de Néarque lui donnait d'avance d'envoyer prochainement des secourt et dearenfcnrts à Léonnatus par rEu<> phrate et le Tigre. Autrement ees colonies mi^ litaires n'eussent été que des colonies de vio times sacrifiées aux indigènes.

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Ces dispositions prises^ il fut rallié par la masse de Tarmée^ commandée par Épbestion. Il n'avait voulu cette fois confier qu'à un autre lui^ même la direction d'une retraite qui dépassait en périls toutes ses victoires. Avant de rentre^

prendre^ cependant^ il fit hiverner ses troupes à rentrée des montagnes, soit ponr être à piortée de secoarir lui-même Léonnatus, laissé ainsi ea arrière^ soit pour attendre une autre saison plus far orable à la floorritaf e des cheiraut , soit pour d(»iner à Néarque le temps d^acbever sa eh^m* navigation du goMe Persiqne et de venir le ren-contTCT an bord de la mer.

Il ébranla Formée aux premières tiédeurs du printemps. La description qne fait Qninte*CiirDe des peuplades indigentes et sauvages qu'il rencontra dans ces déserts^ entre les montagnes et la mer^ est conforme à la description plus sobre, mais aussi plus triste, de Ptolémée. A Texceptlon du myrthe du Nord, des palmiers et des acacias épineux , la terre , dit ce général , n'y produit rien de ce qui peut alimenter les animaux et les hommes. Cette route de soixante journées de marche à travers les sables et les marais de la Bactriaûe rappelle^ avec d'autres couleurs, empruntées à un autre ciel, la retraite funèbre de Napoléon en Russie. Les frimas seuls y manquèrent ; mais les maladies, les fatigues , îes intempéries d'un ciel Je feu, la disette, la soîf , te désespoir et la mort n'y manquèrent pas.

C'est ici que les descriptions vivantes de Quinte- Curce i'empcHrtent comme les drames paUiétiqnes sur les récits sans couleur de Ptolémée et d'Arrien.

a Les plus grands firoids étant passés, il brûla les vaisseaux inutiles , et, menant son armée par terre , arriva en neuf marches d'armée au pays des Âbarites , et en autant de jours en celui des Gédrosiens, peuple libre, lequel, après avoir tenu conseil, se soumit au roi, qui ne loi de- "" manda que des vivres. De là il se rendit en cinq journées sur les bords du fLens^ArabuSj et, traversant de grands déserts où il n'y avait point d'eau, il passa dans la contrée des Horites, et y remit à Éphestion la plus grande partie de ses troupes, partageant le reste, armé à la légère, avec Ptolémée et Léonnatus. 11 y avait donc trois corps d'armée à la fois qui ravageaient les Indes et faisaient de grands butins* Ptolémée pillait les régions maritimes, le roi désolait la campagne d'un côté et Léonnatus de l'autre. Il y bâtit pour* tant une ville qu'il peupla d'Âracosiens , puis tira vers ces peuples des Indes qui sont le long de la mer et qui tiennent un grand pays vaste et inhabité, n'ayant aucune communication

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