LIVRE YIII
quelle il fit avancer son armée^ recrutée dans les provinces de Perse y bien loin d'être une folie y comme Tinsinue Quinte-Gurce ; fut une pompe toute militaire et toute politique , destinée à faire illusion aux peuples sur les pertes' qu'il avait essuyées dans le retour et à montrer la sécurité et la joie du triomphe au lieu de la consternation du revers. Cette politique trompa en effet les Perses ; son administration fit le reste.
Il fut rejoint à la frontière de Perse par Éphestion^ qui ramenait intacte la masse de l'armée par des chemins plus praticables. Les mulets^ les chameaux et les éléphants eux-mêmes avaient supporté sans périr cette longue marche.
Ce fut là aussi que Néarque, après avoir accompli la circumnavigation de son Périple, rejoignit Alexandre et lui rendit compte des mers^ des rivages et des fleuves. Alexandre lui mit une couronne d'or sur la tête ; il lui ordonna de reprendre la mer et de poursuivre sa navigation jusqu'aux embouchures du Tigre qu'il remonterait jusque vers la province intérieure de Suze. Poursuivant ensuite son retour lui-même par la Perse proprement dite (pays de Fars), il rencontra à Pasagarde Âtropate^ son lieutenant des
Mèdes, qui lui amenait^ pour qu'il en fit justice, un Mède qui en son absence avait voulu insurger le pays et s'attribuer la couronne. Il ne punit pas moins inflexiblement son propre vice* roi^ le Persan Oxiuès^ accusé d'avoir outragé les mcBurs et la religion de la Perse en saccageant jusqu'au tombeau du fondateur de la monarchie, le grand Cyrus. Voici en quels termes Arrien ra^ conte ^ d'après Ptolémée, l'événem^it raconté dans un tout autre esprit par Quinte-Curce. C'est au lecteur à choisir entre le récit des généraux d'Alexandre et le récit des libellistes athéniens. « Une des choses qui affecta le plus Alexandre fut la violation du tombeau de Cyrus^ qu'onavait forcé et dépouillé. C'est au centre des jardins royaux de Pasagarde que s'élevait ce tombeau , entouré de bois touffus, d'eaux vives et de gazon épais. C'était un édifice dont la base^ assise carrément sur de grandes pierres, soutenait une voûte sous laquelle on entrait avec peine par une très-petite porte. On y conservait le corps de Cyrus dans une arche d'or sur un abaque dont les pieds étaient également d'or massif^ couvert des plus riches tissus de l'art babylonien, de tapis de pourpre, du man-