LIVRE VllI. 23à
leau royal ^ de la partie inférieure de l'habiU letnent dès Mède», dérobes de diverses couleurs^ dô pourpre et d'hyacinthe^ de colliers^ de cimeterre»^ de bracelets^ de pendants en pierreries et en or. On y voyait aussi une table; l'arche funéraire occupait le centre. Des degrés intérieurs conduisaient à uuecellule occupée par les mages, dont la famille avait conservé depuis la mort de Cyro« leprmlége de garder son corps.
«c Le roi leur fournissait tous les jours un mouton et une certaine quantité de farine et de vin, et tous les mois un cheval, qu'ils sacrifiaient sur le tombeau.
« On y lisait cette inscription en caractères persans :
« Mortel, je suis Cyrus, fils de Cambyse. J'ai «londél'empire des Perses et commandé à l'Asie. ac Ne m'enviepoint ce tombeau. »
« Alexandre, curieux de visiter ce monument après la défaite des Perses, trouva qu'on avait tout enlevé, à la réserve de l'abaque de l'archo; on en avait tiré le corps, on avait tenté de briser Tarche pour l'emporter avec plus de facilité; on y voyait encore la marque des coups et de l'effort des sacrilèges qui l'avaient abandonné.
n'ayant pu réussir à le lever. Âristobule rapporte que lui-même réitéra l'ordre d'Alexandre de rétablir le tombeau et de rassembler les débris du squelette dans l'arche^ de la recouvrir^ d'en réparer les outrages; et^ après avoir rétabli sur l'abaque les tapis et tout le luxe qu'il étalait^ de murer la porte en y apposant le sceau royal .
tt Alexandre fait arrêter et mettre à la question les mages qui gardaient le tombeau pour découvrir les auteurs du crime. Les touriâents ne purent rien en tirer : on les relâcha. »
C'est pendant ces loisirs de son troisième séjour à Persépolis qu'Alexandre s'entretint le plus fréquemment de religion et de philosophie avec les brahmes qu'il avait ramenés de l'Inde et avec les mages , chefs de la religion de la Perse. Plutarque prête à ces brahmes et à ces mages des arguties et des ingéniosités d'esprit plus dignes de baladins que de sages ; il attribue à la grande religion mystique ascétique de l'Inde et à la haute philosophie symbolique de Zoroastre les puérilités des sophistes grecs. Arrien, plus sensé et plus informé^ ne fait tenir à ces religieux et à ces philosophes que