LIVRE IX
Ces pensées cependant ne le détournaient pas pour longtemps du soin de fonder Tempire d'x^sie avec des éléments grecs et macédoniens.
Pendant le séjour que Tàrmée fit à Suze , en revenant à Babylone^ il confondit par des mariages politiques le sang des Macédoniens avec le sang des Perses /des Mèdes et des Assyriens. Il donna lui-mém^ Texemple de cette promiscuité des deux races en épousant Barsine^ la fille aînée de Darius^ et en donnant pour épouse
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va VTE D'ALEXANDRE LE GRAND.
à Éphestion la seconde fille de Darius, Drypo(îs. Sa tendresse pour Éphestion souffrait de no pas se confondre dans une parenté naturelle; il voulait au moins que cet ami fût son frère par alliance. On ne peut douter qu'en lui faisant épouser Drypétis, fille du roi des rois, ilji'eut la pensée de lui créer un titre à Tempire d'Asie, si lui-même venait à mourir sans postérité royale.
Les mœurs macédoniennes comportaient la polygamie, comme celles de la Grèce ; Alexandre profita de cette licence légale pour épouser en même temps Parisatis, la plus jeune des filles d'Ochus, un des princes limitrophes de la Perse qu'il voulait attacher ainsi à la fortune de Tempire. Il engagea un grand nombre de ses généraux , de ses officiers et de ses vétérans, à imiter cet exemple en s'unis^ant aux filles des principales familles de la Perse. Cratère épousa
Amastrina^ fille d'Oxyarte et nièce de Darius;
Perdiccas épousa la fille du satrape de Médie; Ptolémée épousa Artacoma, fille du vice-roi d'Hyrcanie; Eumène, secrétaire d'Alexandre, Artonis, seconde fille d'Artabaze;Néarque, unefille de Mentor; Séleucus, une fille de Spitamënes,
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satrape réconcilié de Bactriane. Les noces furent célébrées le même jour, avec les rites et , avec les profusions de la Perse.
« Après un festin où tous les prétendants dtaiept placés suivant }eqrs grades, on amena près de cbapun d'eux leurs fiancées, dont ils reçurent la main, et qu'ils embrassèrent, ensuivant l'exemple du prince. |1 n'y eut pour tous pes mariages qu'une seule cérémonie, dans laquelle on crut voir le témoignage le plus populaire de l'attachement et de l'amitip d'Alexandre pour les siens. Chacun d'eux emmena sa femme; Alexandre dota ces Persanes, et fit ^ aussi des présent3 de noce à tous les Macédoniens qui épousèrent des Asiatiques, et dont les noms> inscrits sur les registres, se montaient à plus de dix mille. »
Ainsi fut cimentée l'unité de race entre les conquérants et les vaincus. Les Perses ne virent plus que des proches, des frères ou des fils, dans ces envahisseurs sollicitant l'adoption dans leurs familles : la haine cessa avec l'humiliation.
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C'est dans cette intention qu'Alexandre or* donna à ses trésoriers de payer de son argent toutes les dettes contractées par ses soldats depuis le commencement de ses campagnes. Cette libéralité s'éleva, selon Ptolémée, à des sommes immenses. Il y joignit des couronnes d'or pour Peucestey qui lui avait sauvé la vie à Tassaut de Mallia^ dans l'Inde ; à Néarque, quiavait ramené heureusement la flotte jusque dans TEuphrate; à Onésycrite, capitaine du vaisseau royal qu'il avait monté sur Tlndus et sur l'Océan ; enfin à Éphestion^ sur la tête duquel il croyait toujours se couronner lui-même.