LIVRE IX
Ces mariages réussirent mieux à le populariser parmi les Perses que ses libéralités à lui ramener les Macédoniens. Une dernière mesure du foi acheva de les aliéner jusqu'à la. colère.
Les gouverneurs des différentes provinces de Perse avaient levé par^n ordre un corps de trente mille jeunesPersesdespremièresmaisonsde l'empire^ pour les présenter au roioeanneun supplément de gardes et comme des otages de lafidélité deleurs pères. Alexandre leur donaa le nom A'Épigones ou de successeurs, nom trop significatif du r61e qu'il leur assignait dans sa pensée. L'armée s'indigna à ce titre> qui semblait indiquer la volonté de substituer des Perses aux Macédoniens. Ptôlémée nous a conservé leurs murmures.
a Alexandre, disaient-ils, ne cherche que tous les moyens de se passer de ses vieux soldats. Quelle honte! Il a revêtu la robe longue et traînante des Mèdes ; ses noces mêmes , auxquelles nous avons participé avec éclat , ont été oél^Mrées à la manière des Perses. Il se plait à
S4« VIE D'ALEXANDMIE GRAND.
entendre le langage barbare de Peuceslas^ qui balbutie le persan. Bactriens^ Sogdiens^ Arachûtes^ Zarangues^ Ariens^ Parthes ou cavaliers persans^ qu'on appellé^Évaques^ tout ce qu'il y a de plus robuste et de plus distingué ohes les barbares grosiit indifféremment la cavalerie dee Hétaires y dont il vient de créer un cinquième corps ^ composé en grande partie d'étrangers. N'a4-il pas admis dans Tagema Cophès^ Hydarne 9 Artibole^ Phradai^mènes et lèa fils dS Phratapherne^ satrape des Parttres et de l'Hyrcauie ; Itanes^ Rrâanès^ frère de Tépouse* du prince \ Agabarès et son frère Mithrobée , tow rangés sous le commandement du Bactrieti Hydaspe et armés de piques macédoniennes au lieu de javelots? Alexandre embrasse les mceurs des bftrbares; il a oublié^ il méprise les institu* tionis des Macédoniens, h
L'obstination de ces murmures décida euttn Alexandre a en prévenir l'explosion par un licenciement des vétérans^ auquel il voulut don*ner la forme de libéralité royale.
11 fit publier dans l'armée que tous ceux que l'âge , les fatigues^ les blessures rendaient im* propries aux combats^ pouvaient retourner dans
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leur pa^ie> diai^s dd solde^ décorée de grade»^ pomblés de pré96Qti qui rendaient leur retour uu triotuphe et leur vie un ^[lorieux loisir ; que tous ceux qui voudraient .rester en Perse avec lui seraient honorés et enrichis en Perse comme dans une patrie aussi reconnaissante et plus opulente que la Macédoine.
L'armée ne se trompa pas à ces caresses; 9lle se rassembla en tumulte autour de la tente du roi alors en marche vers Su2e. «c Tous, tous ! s'écrièrent les soldats , nous voulons tous être licenciés! Que le roi combatte désormais avec le dieu dont il est le fils ! »
Alexandre^ soulevé de son siège par cet outrage^ s'élance^ l'épée à la main^ suivi de ses priacipaux officiers^ sur les 'séditieux les plus rapprochés^ en arrâte de sa propre main un certain nombre et les envoie sans délibérer au supplice. Puis^ remontante sa place^ il parle eu ces termes aux soldats étonnés.
Ce discours est la traduction littérale de ses paroles^ conservées par Ptolémée.
a Ce n'est point pour vous retenir, Macédoe nienB : je vous ai laissés libres de partir ; c'est « pour vous rappeler tout ce que vous avez con-
a tracté d'obligatioBS^ et le retour dont vous les « avez payées^ que je voob adresse la parole* « Commençons^ ainsi qu'il est convenable^ par ce Philippe^ mon père. Philippe^ ayant trouvé vos <K hordes errantes^ sans asile fixe^ dénuées de « tout^ couvertes de peaux grossières , faisant « paître dans les montagnes de misérable trou* a peaux que vous disputiez avec peu de succès aux ce llly riens^ aux Triballiens^ aux Thraces voisins^ ce vous revêtit de la chlamyde y vous fit descenff dre de la montagne dans la plaine^ vous a rendit dans les combats les émules des bara bares. Formé par lui, votre courage vous décc fendit mieux que l'avantage des lieux. Mon a père vous appela dans des villes où d'excela lentes institutions achevèrent de vous |K>lir. €f II vous soumit ces mêmes barbares qui vous «t avaient fatigués de leurs éternels ravages ; d*es- « claves vous devîntes leurs maîtres. Une grande « partie de la Thrace fut ajoutée a la Macéa doine ; on s'empara des places maritimes les ce plus importantes; votre commerce s'ouvrit ce des voies nouvelles ; le produit de vos mines ce devint plus assuré. Ces Thessaliens qui vous « faisaient trembler furent assujettis. L'échec