‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 212 sur 233 · LIVRE IX. U · texte numérisé non relu

LIVRE IX. U

« des PhocéeDs voos ouvrit une route large et face cile au sein de la Grèce.^ où vous ne pénétriez « que difficilement. La politique des Athéniens c 'et des Thébains, qui vous dressaient des em* « bûches , fut tellement humiliée que ces deux « peuples^ dont Tun exigeait de vous un tribut a et dont l'autre vous commandait , ont recher- « ché depuis votre alliance et votre protection. « Entré dans le Péloponèse , Philippe y rétact blit Téquilibre. Nommé généralissime de la a Grèce dans l'expédition contre les Perses^ Téct clat de ce titre rejaillit moins sur sa personne « que sur la nation macédonienne. Tels sont ^ à ce votre égard, les bienfaits de mon père, consia dérablessansdoute^mais inférieurs aux miens, ce  la mort de Philippe' le trésor royal, rencc fermant à peine quelques vases d'pr et soixante ce talents, était grevé d'une dette de cinq cents; a j'en empruntai presque le double, et, vous ti- « rant de la Macédoine, qui pouvait à peine sufcc fire à votre subsistance, je vous ai ouvert « l'Hellespont à la ^ue des ennemis maîtres de ce la mer. Les généraux de Darius vaincus au ce Granique, la domination macédonienne s'est « étendue sur tente l'Ionie, TÉolie^ les deux

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« Phrygias et la Lydie. Un siège vous a readu«

a maitres de MUet. Cette fouie de peuples qui

« se sont alors soumis voloutairemeot sont

<c vos tributaires. Aiasi TÉgypte et Cyrène^ b

ce Ckelo-Syrie^ la Palesliae , la Mésopotamie sont

<t vos domaines; Babyloae, Baotres^ Suae sont

ce à vous; Topulenee des Hydioas^ le trésor

(c des Perses^ les ridiesses de Tlude^ rOcéaa

a même , tout vous appartient; voos êtes les sa-

ft trapes^ les chefs^ les premiers. Qu'ai-je garde

ce pour moi de toutes ces conquêtes? Le sceptre^

« le diadème. Je n'ai rien en propre. Quels

ce sont mes trésors? Ceux que vous possèdes^

ce ceux que je vous réserve. Je ne me distingue

ce point par des dépenses personnelles : votre

ce nourriture est la mienne; je dors sous la

fc tente comme vous; la table de quelques of-

ce liciers est même plus splendide que celle de

« leur prince; et^ tandis que vous reposez trao-

« quillement^ vous savez que je veille pour vous,

ce Serait-ce le fruit de vos travaux, de vos périls,

ce et non des miens? Qui peut se vanter ici d en

a avoir plus affronté pour moi que moi pour

ce lui? Montrez vos blessures, je montrerai les

ce miennes; mon corps est couvert d'une foule

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a de cicalriices honorables: glaives^ pieux >^ « flèchea^ pierres, javelots^ machines*^ nulle « arme dofit je û'aie reçu l'atteinte. Après tt avoir tout affironté pour vous combler de c( gloire et de richesses^ ne vous ménai-je pas a triomphants partout, à travers les plaines^ « les montagnes, les fleuves^ les terres et les ce mers? Les noces de plusieurs d'entre vous « ont accompagné les miennes^ et leurs en^- « fants seront alliés de mes enfants. Les dettes <K que chacun de vous avait contractées, je les ai <K acquittées sansaucune information^ après que « vous avieE reçu une solde et un butin considé^ « râbles. Quelques-uns ont été honorés de cou'- <t lionnes d'or, monument de leur courage et de ICC la générosité qui sait le reconnaître. Si plu^ « sieurs ont péri dans les combats, car aucun « sous mes ordres n'a pris la fuite > je leur « ai fait ériger sur la place un tombeau remar>ce quable et dans leur patrie des statues d'ai^ « rain ; j'ai accordé à leurs familles des distinct <c tions et une exemption d'Impôts. Je vou- <K lais renvoyer dans leurs foyers tous ceux qui «i BOAt hors d'état de serviœ ^ mais comblés de Q[ taut d'honneur et de richesses que leurs con«

c citoyens auraient porté envie à lear félicité.

« Vous demandez tous à partir : partez I Allés

« annoncer que votre roi, qu'Alexandre, après

c avoir soumis les Perses, les Mèdes, les Bao

« triens, les Saques, lesUxiens, les Arachotes,

<c les Arangues; lui qui assujettit les Parthes^

« les Chorasmiens, les Hyrcaniens juquà la

« mer ; lui qui franchit le Caucase , les pyles

« Caspiennes, l'Oxus, leTanaïs, Tlndus, que le

« seul Dionysus avoit traversé, THydaspe , l'A-

« césinès, l'Hydraotès; et qui aurait passe THy-

<c phalys même si vous n'aviez refusé de le soi-

« vre; lui qui s'avança dans la grande mer par

« les deux embouchures de l'Indus , qui s'en-

« fonça dans les déserts de la Gédrosie , d'où

« personne n'était encore sorti avec son armée;

« lui qui , après avoir soumis dans sa route la

« Carmanie et le pays des Aritiens, fit remonter

<c sa flotte depuis l'Indus jusqu'au centre de la

« Perse; qu'Alexandre enfin , abandonné par

oc vous , s'est remis à la foi des barbares qu'il

<c avait vaincus. Annoncez -le k vos concitoyens!

« Quelle gloire pour vous auprès des hommes!

« quel mérite auprès des dieux ! Partez! »

A ces mots il s'élance hors de son siéfj/^, se

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