‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 227 sur 233 · LIVRE IX. 3ft · texte numérisé non relu

LIVRE IX. 3ft

cause plus haute que lui , il releva le vaincu , il pleura ses ennemis^ il se repentit d'un mouvement de colère dans Tivresse , il voulut mourir pour expier un geste mortel de sa main ; il respecta sa propre mère jusqu'à lui livrer sa politique en Macédoine plutôt que de la goarmander avec Tautorité d'un roi ; il honora la mère de Darius jusquià se faire pleurer par cette captive comme elle aurait pleuré son propre fils; il déplora la perte d'Éphestion^ son ami^ plus qu'il n'tftirait déploré la perte d'un empire; enfin il ne voulut que désarmer l'Asie pour l'empêcher d'asservir l'Europe^ et^ aussitôt que l'Asie fut désarmée^ il ne désira plus que d'être adoré d'elle. César eut peut-être autant de génie ^ mais ce génie pervers ne fut employé qu'à corrompre sa patrie pour la séduire et à emprunter à la faveur du peuple les moyens de l'asservir. Il eut des amis^ mais tous ses amis furent des complices. La servitude générale fut le legs le plus sûr qu'il laissa dans son testament au peuple romain. Ses libéralités posthumes furent encore des poisons. C'était peu; il empoisonna de sa gloire l'histoire corruptrice de l'esprit humain : on crut se faire tout pardonner en s'appelant César.

Uoi d'homme» qu'Alexandre; mais cette ambi^ tion j fondée sur U renversement par Varmée du gouvernement qui lui avait confié Tarmoe^ n'eut pas l'innocence de celle du Afacédonien^ à qui la Grèce confédérée avait confié gon salut et M vengeance contre les Persea. De plus il fut sans scrupule pour la causa de sea^uerres^ sans pitié pour le vaincu > sans hésitation sur le choix des moyens. On ei^alteoe guerrier comme guerrier, on ne peut ni l'estimer ni l'aimer comme homme. Son génie est dans la tôte et dans le hras^ celui d'Alexandre est dans l'4me> anssi grand peut-être j» moins homme.

Quant aux résultats de ces trois grandes existences héroïques sur les destinées de l'huma* nité après leur mort^ la Providence divine seule a le secret de ses dessein8> aussi vastes que l'univers^ aussi longs que l'éternité. Le regard de l'historien se trouhle et se perd dans les innombrables conséquences directes ou indirectes^ rapprochées ou lointaines^, qui naissent^ renaissent et se perpétuent a perte de vue de tels évé* nements historiques. On suivrait plutôt jusqu'aux rivages les cercles répercutés de vague en vague

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