LIVRE IX. t
du siUftge d'un vaiweaa qui feud rimmensité de rocéftn. Geluirlà muI qui pesa rOoéan, qui le mesure ^ qui compte les grains de sable déplacés par ce sillage sur les plages , pourrait dire oe que oe navire ou cet esquif produira de dépla* cément de poids dans Tunivers. L'homme sait le nom du pilote» Voilà tout.
Cependant^ malgré le démembrement presque immédiat de Témpire d'Alexandre avant que son corps fût refroidi dans Babylone et malgré l'extinction de'sa propre postérité en Macédoine , le résultat de l'héroïsme d'Alexandre pour sa patrie ne fut ni la servitude de l'Italie comme après la mort de César» ni la double invasion de la France comme après les défaites de Napoléon. Alexandre lui-même fut arrêté sans doute dans ses conquêtes^ non par le poignard d'un assassin, comme Gésar^ non par l'épée du monde ^ comme Napoléon, mais par la main de Dieu, qui seule abrégea ses années. Cependant Alexandre périt/ mais sa patrie ne périt pas avec lui. La Grèce , l'Egypte , la Syrie , l'Asie Mineure , à jamais délivrées de la menace et de la conquête des Perses, serépandirent, comme un fleuvedont la digue est renversée, dans tout l'Orient colo-
nisé par Alexandre. De TEuphrate au Nil^ du Nil à la mer Noire y du Caucase au Liban , de la Scythie à Tlonie^ le monde grec prit la place du monde persique. Fut-<^ un bien? fut-ce un mal pour la civilisation morale du genre humain? Nous l'ignorerons toujours^ mais ce fut un fait^ le grand fait d'Alexandre . 11 fit prévaloir pour toujours l'Europe sur l'Asie. Il fut le Charlemagne de l'Orient. Son cerceuil d'or ou de verre ne fut qu,'un cercueil sans doute ^ mais ce cercueil fut la borne que l'Asie ne repassa jamais^ jusqu a l'hégyre de Mahomet y qui déplaça au nom du Dieu unique cette borne entre l'Asie y l'Afrique et l'Europe^ et q^ui la reporta d'un côté jusqu'au Danube^ de l'autre jusqu'à l'Atlas.
Mais Mahomet était plus qu'un conquérant; c'était un réformateur armé. Ce qui. manqua à Alexandre^ ce fut de porter à l'Asie une religion plus pure et plus lumineuse que les rêves de l'Olympe^ qui ne valaient pas les rêves des mages ou les mystères pleins de divinité de rinde. Le verbe est plus fort que l'épée.
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Pour compléter l'idée qu'on doit avoir des différents rôles d'Alexandre et dé César dans l'histoire du monde^ nous croyons utile de donner ici aux lecteurs les pages suivantes de la fin de notre Vie de César , dans lesquelles se résume en action le parallèle entre ces deux plus grands moteurs des événements de l'ancien monde.