‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 24 sur 233 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

nant merveilleusement qu'il n'y avait pas de milieu^ pour uncaractèreextrémecomme lesien^ entre tout posséder et tout mépriser^ s'écria que c s'il n'était pas Alexandre il voudrait être Diogène! »

H y a peu de paraboles asiatiques aussi frappantes de contraste et de vérité que cette parabole en action de cette rencontre à Corinthe entre le grand ascétique et le grand convoiteur de Tunivers*

La sibylle de Delphes^ organe sacré des pro* pbéties religieuses et populaires^ confirma par un oracle arraché violemment à ses lèvres le prestige du jeune maître de la Grèce. Lacédémone seule s'obstina dans sa liberté et refusa^fle concourir à la guerre nationale. Alexandre affecta de mépriser et de tolérer cette indépendance; il refusa seulement sa part dans la gloire future à Lacédémone^ en inscrivant dans la proclamation des hostilitésaux Perses : La Grèce entière, moins Sparte. Honte éternelle qu'il voa-

&1 VIE D*JiLEXANDBE LE GRAND.

lait léguer aux sauvages enfants de l'Eurotas.

Avant de s élancer sur TÂsie et pendant qu'il achevait en Grèce et en Macédoine ses préparatifs^ il voulut purger les contrées limitropîies de la Macédoine et de la Grèce de tous les ennemis capables de troubler la paix de ces Etats pendant son absence Jl franchit le mont Hémus^ qui sépare la Macédoine de la Thrace, et dispersa par une campagne de montagne tous les rassemblements de Thraces belliqueux, souvent en armes contre leurs voisins. Après les avoir vaincus sur THémus et sur THèbre^ fleuve qui couvre et arrose la basse Thrace^ il les enrôla comme troupes auxiliaires de son armée.

Au delà de THèbre il combattit les Triballes et Ic^s Gètes^ peuples demi-barbares qui habitaient entre le Bosphore de Thrace^ l'Hèbre et les bouches du Danube dans la mer Noire. Une campagne poursuivie plus loin l'aurait mené^ en suivant le cours du Danube Jusque chez les Huns ^i\Q% Germains, aux sources de ce fleuve; son but et sa gloire n'étaient pas là , non plus que sa politique; il lui suffisait d'avoir refoulé pour longtemps les barbares par la terreur de son nom. Ce n'était là pour lui qu'une campagne de

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