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de la flûte. Plus tard il se repeotit d'avoir ruiné Th^l>e$etarraché ce qu'il appelait dans sa langue poétique un des deux yeu^x de la Grèce.
Les Athéniens^ spectateurs frémissants^ mais immobiles, de la chute de Thèbes, présage de leur propre ruine, si Alexandre faisait un pas de plus^ tremblaient dans leurs murs. Alexandre feignit de les croire dévoués à sa cause , mais dominés seulement par les orateurs démagogues qui leur soufflaient de vaines colères et de funestes consuls, n leur envoya des ambassadeurs pour leur demander de lui livrer eux^-mèmes les agitateurs d^Athènes^ sous peine de snbir le sort des Thébains. C'était une magnanime habileté à lui de séparer ainsi la cause des Athéniens de celle de leurs instigateurs et de les'faire venger de leurs propres mains les insultes des démagogues aux Macédoniens.
Phocion, le plus sage et le plus respecté des patriotes athéniens, jugea, commô nous le jugeons nousHmâme, cq sacrifice néeessaire àaa
patrie. €e grand homme ne partageait ni la po* pularité ni les témérités de Démosthènes. 11 exhorta le penple à purger la ville des hommes dont la présence allait y attirer la foudre. Il conjura les orateurs eux-mêmes à èffrir leur sang en rançon de leur patrie à l'exemple des filles de Lée et d'Hyacinthe. Démosthènes , désigné le premier par sa haine et par son génie. : <c Âthé- « niens^ dit-il dans son discours désespéré, on ec vous trompe quand on s'efforce de vous per- ' c suader que vous éviterez les périls qui vous « menacent en livrant vos meilleurs citoyens, c Sachez que les perfides IMbcédoniens vous dec mandent de leur livrer principalement ceux <c dont le courage et la probité leur sont odieux, c et^ quand vous aurez éloigné ainsi pour leur ce complaire les protecteurs de la liberté puce blique^ Alexandre et ses soldats se jetteront €c dans la ville sans âme et sans conseils^ comme « les loups sur un troupeau qui n'a plus de «c chiens pour le garder 1 »
Si l'on en croit Suidas et Diodore de Sicile « Démosthènes^ plus inquiet de son propre sang que du sang de ses concitoyens, avait trop de motifs de ne pas se fier pour lui-même à h gé-
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Bérofiitc d'Alexandre. C'était lui qui avait poussé la haine contre Philippe jusqu'à faire construire et dédier dans Athènes un temple à Pausanias^ assassin de ce prince; c'était lui qui ne cessait de déborder d'injures ou de railleries contre Alexandre^ qu'il appelait tantôt un enfant^ tantôt un étourdi^ tantôt un brigand; ce qui fit dire par représailles à Alexandre ce mot rapporté par Plutarque :
« L'orateur Démosthènes^ pendant que j'étais « en lUyrie^ m'appelait enfant; maintenant ce que je suis en Thessalie^ il m'appelle un jeune «c étourdi ; il faut donc aller lui montrer sous les « murailles d'Athènes que je suis un homme ! »
L'opinion générale^ trop justifiée par la turbulence et par les conseils suicides de ce grand orateur, était que Démosthènes, vendu à prix d'orà la cause desPerses, tournait habilementla colère de la Grèce contre le seul allié qui pût défendre sa patrie contre l'Asie. Si cette opinion est une calomnie, cette calomnie n'est que trop justifiée par toute la conduite de cet orateur. U n'y eut pas un de ses- discours qui ne tendit à l'affaiblissement de la nationalité grecque sous le prétexte de défendre la liberté, et, quand on
voit un homme tel que Phocioa regarder Demosthèncs comme un illustre fléau de sa patrie et conseiller à Athènes une politique contraire, on ne peut s*empécher de croire à la vertu et de se défier de la vaine éloquence.
Cependant^ dans son impatience de terminer une guerre presque civile qui ajournait la grande pensée de sa jeunesse ^ l'expédition d'Asie^ et dans son désir de relier fortement à lui la popularité nécessaire à ses desseins en Grèce ^ Alexandre transigea avec les Athéniens. Il leur laissa leurs orateurs Démosthènes et Lycurgue; il n'exigea que le bannissement de Charidème^ rinsHgateur des plus sanglants outrages que les Athéniens avaient votés contre Philippe. Charidème^ ne sachant pas plus posséder sa langue à la cour de Darius , son protecteur, que sur la place publique d'Athènes^ sa patrie^ finit par le sup« plice, aussi incapable de respecter un roi que de modérer un peuple.