LIVRE IL C
meotâ^ dans rhietoire persane^ comportent une succession infinie de siècles sans aucun raj^rt a^ec la brièveté des temps que rOccident attribue à la durée du monde.
Kaïomurs ou Cyrus conquit la souveraineté par sa renommée de sagesse^ régénéra les mœurs et les lois , subjugua les ennemis de la Perse , et fonda une de ces nombreuses capitales de la Perse qui attestent leur existence et leur splendeur par desruines monumentales^ mais dont le nom est aujourd'hui inconnu.
Le troisième prince de cette dynastie^ le fameux Gemschid, inventa levin^ et donna à cette liqueur le nom de généreux poison^ pour signifier la force et l'ivresse. Il construisit Persépolis, dont les débris^ visités de siècle en siècle par tant de voyageurs^ attestent par leur masse et par leur perfection une civilisation dont nous n'avons plus la mesure. On y visite encore aujourd'hui une salle massive supportée par des colonnes de rocher, appelée le lieu du trône de Gemschid.
On peut lire dans le voyageur Chardin la description des ruines de Persépolis : c'est un des mystères de l'imagination qui donne à l'histoire les proportions de la fable. Gemschid^ à Timitation des Indes, dont la religion^ la théogonie et les mœurs s'infiltraient en Perse, partagea les Persans en quatre classes ou castes : la première composée des hommes saints ou pieux occupés du culte etde la prière, chose supérieure à toutes les autres occupations humaines; la seconde, des poètes, des écrivains, des savants ; la troisième, des guerriers dévoués par état à la défense de la patrie ; la quatrième, des agriculteurs, des ouvriers et des commerçants, utiles indirectement à tous en travaillant pour eux seuls. Il cultiva l'astronomie, et introduisit en Perse Tannée solaire. La prospérité deGemschid Tayant amolli, il fut détrôné par son neveu Zohak, qui gouvernait sous lui la Syrie. Fugitif en Chine, c'est-àdire en Tartarie chinoise, il fut livré par trahison à Zohak et scié entre deux planches avec une arètedepoisson.Oncroitque le féroce Zohak était le Nemrod de la Bible. Ses cruautés sont àhin démon plus que d'un homme.
Un simple forgeron d'Ispahan, nommé Kia-
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vrék, à qai Zohak faisait demander ses deux fils pour les sdcrifier à ses caprices^ déploya comme étendard de liberté son tablier de forge^ souleva contre lui le peuple entier^ le déposa^ le sup]|^i* da, et couronna à sa place le jeune Feridoun, prince d'une dynastie proscrite. Feridoun, enreoonnaissanoe du trône, convertit en étendard royal le tablier du forgeron, Tenrichit de pierres précieuses, et cet étendard fat Toriflamme de la Perse jusqu'à la conquétemahométane par Omar.
Le poète persan Sa4i donne en quatre vers ridée des vertus de Feridoun, le Henri IV de la Perse.
<c Feridoun n'était cependant pas un apge, « dit-il. 11 n'était pas composé de ces substances a incorruptibles, le musc et l'ambre ; c'est par « la justice et la clémence qu'il parvint à faire ce le grand et le beau. Sois juste et clément/ ô c prince, et tu seras un Feridoun ! »
Assiégé dans sa vieillesse par l'ingratitude et l'ambition de ses enfants,Feridoun partagea entre eux son immense empire : à Selm, le pays compris aujourd'hui dans l'empire ottcMuan asiatique ; à T/ior, la Tartarie et les bords de la Chine; a Ergi, la Perse centrale. Cette libéralité de la
moitié du monde ne satisfit pas Tambition de Selm et de Thor : ils tuèrent par jalouûe leur frère Ergi, et envoyèrent sa tête coupée à son père.
Un petit-fils de Feridouu/ nommé Minu- Tcher, vengea à la fois son père et son aïeul. Feridoun^ rétabli dans sa puissance par son petitfils, mourut dans la paix. Sa mémoire est chère à la Perse; c'est le Salomon d'Ispahan.
« Regardez^ y> disait^! à ses fils^ « chaque jour « de votre vie comme une feuille de votre his- « toire, et veillez ainsi à ce qu'il n'y soit rien écrit « qui accuse votre règne devant la postérité. » I3n héros nomméRoustem remplit, sous le règne de Feridoun et sous le règne suivant, de vertus surhumaines et d'exploits réels et fabuleux l'histoire desPerses.il était fils de Zal, premier ministre du roi Minu-Tcher. 11 replaça sur le trône de Perse le premier roide la dynastie kaiannienne^ nommé Kaikobad. Les exploits de Roland et des chevaliers héroïques compagnons de Charlemagne sont évidemment calqués sur la vie de Roustem. Il n'y a ni roman, ni poëme, ni drame supérieur à certaines actions du héros persan. C'est sous le second roi de cette dynastie, Loh*