‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 32 sur 233 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

tre oa le magisme. Son danger était^de laisser facilement confondre aux penples superstitieux le symbole divin du feu avec la Divinité elle* même. Les religions glissent facilement de l'image à la réalité^ du symbolisme à Tidolàtrie : c'est ce qui devait arriver aux Perses. Mahomet, en répudiant tout symbole comme indigne de contenir l'idée de Dieu^ détruisit plus tard en Perse la religion de Zoroastre.

Le soulèvement d^ l'ancien culte contre ia nouvelle foi ne tarda pas à entraîner Gusihasp dans des guerres religieuses funestes. Son fils Isfundiar^ zélé pour la cause du nouveau prophète, signala cette guerre sainte par des exploits incon* Ans depuis Roustem^ et rétablit la puissancedeson père. L'ingratitude de Gusthasple força à la révolte ; ilfut tuéparRoustem, lehéros delaPerse. Le culte de Zoroastre prévalut pourtant par l'apostolat armé d'un règne de soixante ans. Gusthasp mourant légua le trône à son petit-fils Bahman. Bahman laissa le sceptre à sa fille Homaï.

C'est elle qui fit construire à Persépolis, centre da magisme deZoroastre^ laçélèbre salle souter* raine deChekeUMinaroudes quarante colonnes, qui étonne encore de nos jours Timagination des antiquaires.

La reine Homaï fut mère de Darab P^ ou Darius, qni soutint la première gu^re grecque contre Philippe, père d'Alexandre.

Tel était Tétat de la Perse à Tépoque où le fils de Philippe se préparait à affronter en Asie cette monarchie si vaste et si ébranlée. Il n'est pas douteux que ce prince, aussi politique que guerrier, n'ait profité du moment où la guerre entre les deux cultes, encore mal pacifiée, dissolvait le patriotisme des Perses, pour fondre sur TAsie. Alexandre devait y trouver des partisans dans tous ceux qui détestaient dans le second Darab (ou Darius) le sectateur de Zoroastre et le persécuteur des brahmes.

Ce Darius n, selon les historiens persans, était fils de Darius F ou Darab. Selon les historiens

Page 1