‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 34 sur 233 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

purifier rempire et pour perpétuer la monarchie* Au lieu de récompenser l'eunuque de ses crimes intéressés en sa faveur^ il Tavait puni. Son règne^ à la fois populaire^ belliqueux et modéré^ avait reconstitué Tunité et Tascendant de la Perse dans toute son étendue sur les deux Asies. Ses armées innombrables^ commandées par des généraux et des satrapes, pesaient d'un côté sur la Sc^thie, vers le Caucase et la mer Caspienne^ de l'autre côté sur l'Indus et la Tartarie chinoise. L'Egypte^ la Syrie^ la Bythinie^ toute la côte asiatique de la Méditerranée^ jusqu'au Bosphore et à TArchipel^ obéissaient à ses lois ou étaient asservies à ses alliances. La Grèce^ ritalie et la Scythie étaient les seules nationalités indépendantes de Darius dans le mondé. L'héroïsme de la Grèce avait été le seul écueil de cette monarchie universelle jusqu'à ce jour; mais cethéifoïsme purement défensif^ et affaibli par les rivalités des réptrbliqu'es grecques^ avait besoin pour devenir offensif d'un grand homme étranger qui subjuguât la firèce elle-même pour la concentrer et la commander contre la colère asiatique. Alexandre était né.

Tel était à peu près la situation de la Perse à

rorigîne de la guerre. Un eiopire démesuré, une dynastie éteinte; un prince nouveau^ cher à la moitié de ses sujets comme restaurateur des vieilles superstitions nationales, odieux à Taulre moitié conmie persécuteur du culte de Zoroastre et des mages; une guerre civile de religion acharnée entre les deux moitiés de la nalion; des mœurs militaires amollies par 1^ dissensions mystiques et par des luxes et des richesses qui semblaient étaler les dépouilles de tout le vieux monde asiatique; en un mot une haine nationale entre FEuropeet TAsie à fomenter et à exploiter pour sa propre gloire; un empire disloqué par sa propre masse à renverser; un roi illégitime^ encore mal affermi sur son trone> à vaincre; des sa* trapes jaloux et lâches à corrompre; une dépouille incalculable à conquérir et à distrî))uer à ses soldats : voilà la situation d'Alexandre. Ajoutons aux avantages de cette situation la légitimité de la 'cause grecque et européenne qu'il prenait en niain contre la cause de la Perse et de TAsie* Sa guerre était juste : il y a une force immense dans la justice. La Grèce n'avait ni attaqué ni menacé la Perse; c'était la Perse qui envahirait les colonies grecques d'ionie^ qui

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