LIVRE IL
Les Perses cependant^ malgré la lenteur de leurs mouvements à travers des distances immenses^ obstacle des grands empires à toute rapide circulation^ se préparaient à une formidable résistance. Dans l'éloignement où ils se trouvaient de la capitale et des ordres de Darius, les généraux perses se réunirent en conseil de guerre à Zélie. Ils voulaient^ comme cela est naturel en pareille circonstance^ décharger des événements leur responsabilité isolée en remet* tant la conduite de la guerre et des affaires à la décision d'une majorité de généraux.
Ce^ généraux^ selon Ârrien^ étaient Àrsenne^ Bhéomitrès^ Pétène, Niphatès^ Spithridates ; ce dernier était satrape d'Ionie et de Lydie ; toutes ces provinces montagneuses et maritimes étaient confiées à son gouvernement. Un autre satrape^ Ariste» qui gouvernait le penchant de la Phrygie vers les Dardanelles^ commandait les auxiliaires grecs à la solde de Darius > troupes aguerries contre les barbares^ peu sûres contre leurs corn- ]patriotes. .
Mais l'oracle de ce conseil de guerre et le généralissime de tous ces corps d'armée paraissait être MemnoD. Memnon^ né dans Tile de Rhodes^ qui touche au continent asiatique^ était un de ces soldats qui cherchent fortune dans les empires et qui ne reconnaissent d'autre patrie que les camps. Comblé des dons et des honneurs de la Perse, la Grèce, son berceau, n'avait pas d'ennemi plus redoutable que lui. Son génie militaire égalait l'immensité de son commandement. Ce commandement s'étendait des portes de fer de laCilicie, c'est-à-dire de la frontière de Syrie, jusqu'à l'Hellespont. Memnon était en réalité dans tous ces royaumes le vice-^oi militaire ou le lieutenant de Darius.
Son avis dans le conseil de guerre des satrapes fut celui des généraux russes les plus patriotes quand la Russie fut menacée de l'invasion de Napoléon en 4 84 2 : mettre l'espace de son parti, s'allier avec la nature des lieux, ne point livrer de bataille à un enneftii encore dans tout son