‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 52 sur 233 · LIVRE II. m · texte numérisé non relu

LIVRE II. m

nombre et dans toute son ardeur^ se retirer, faire le désert et la solitude' derrière soi^ eminener avec soi les populations > incendier les villes et les récoltes^ laisser à la fatigue et à la faim le soin de décimer Tannée d'Alexandre^ appeler à soi, en reculant toujours^ les renforts des Perses et Darius lui-même^ et^ quand Darius serait arrivé en Babylonieou en Syrie avec son innombrable, et invincible multitude , submerger Tarmée macédonienne, réduite par les marches et par les maladies, sous Tocéan d'hommes du roi des Perses.

C'était là évidemment la seule tactiquje capable de sauver l'Asie d'une invasion dirigée par l'esprit de Philippe revivant et rajeuni dans Alexandre. Ce jeune prince, qui pouvait tout contre lés armées, ne pouvait rien contre la nature. Comme Napoléon à Moscou, il se serait décimé lui-même en avançant, et son retour eût été une déroute. 11 n'y a guère de doute que, si Memnon l'avait emporté, le nom d'Alexandre serait resté enseveli dans la catastrophe. Il y a toujours tant de fortune dans la renommée des hommes de guerre que la gloire y appartient souvent plus aux événements qu'à l'homme.

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Une décision du conseil de Zélie enlevait l'Asie et rimmortalité à Alexandre.

Memnon jugeait bien^ mais M^fnnon n'était plus ni Phrygi^i, ni Ionien^ ni Cilicien^ ni Gappadocien, ni Grec; Memnon n'était que Memnon , vendu aux Perses , proconsul de Darius^ intéressé seulement à la victoire. Les autres généraux , satrapes^ rois ou députés de^ provinces qui assistaient à la délibération , avaient leurs royaumes, leurs villes^ leurs biens ^ leurs maisons^ leurs familles sur ces territoires qu'il fallait abandonner et incendier en laissant seulement la cendre aux Macédoniens. Ces intérêts légitimes et sacrés aussi parlèrent plus haut dans leuràme^ et même dans Time de quelques Perses possesseurs de ces riches satrapies^ que le patriotisme de Babylone ou de Persépolis. Un m unanime s'éleva contre le suicide proposé par Memnon à l'Asie Mineure et aux colonies grecques. Le plus puissant et le plus populaire de ces satrapes^ Arsitès^ qui gouvernait la Lydie, se leva avec indignation et déclara «c qu'il ne laisserait brûler ni une maison^ ni un arbre, ni un épi dans sa province. -» Cette énergie d'un Perse délia les langues des étrangers. Memnon

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