LIVRE II
patrie. Diodore de Sicile parle de cent 'mille fantassiiisdansrarméedeMemiion; Justin^ moins critique encore , élève à ^ix cent mille hommes ce ciiiffre fabuleux . Les compagnons d'Alexandre qui ont écrit ses campagnes ne parlent que de trente à quarante mille Perses. Diodore et Justin Y comprennent sans doute la totalité des troupes perses ou alliées disséminées alors sons les satrapes de Darius de Textrémité de la Syrie à Tcxtrémité de la Plirygie; mais il n'y avait de * combattants présents à la bataille du Granique que qual^ante mille hommes.
Alexandre n'hésita pas à traverser le petit fleuve presque sans eau ^ derrière lequel les généraux de Darius avaient rangé leur armée en bataille^ sur un plateau élevé au-dessus du lit du Granique. Il lança, comme pour sonder la résistance des Perses, un de ses meilleurs gêné- ' raux d'infanterie, Ptolémée, avec trois mille MacédonieDs, sur le front dea ennemis. ¥toléinéé éehona contre cette muraille de piques. Il revint poursuivi vers le fleuve. Alexandre, profitant de la brèche que cette poursuite avait creusée dans la ligne de bataille des Perses, s'élança lui-même dans le lit du Granique à la
tête de sa cavalerie macédonienne et grecque , et , refoulant les Perses acharnés à la poursuite de Ptolémée ^ il se fit place sur la rive opposée du fleuve. La cavalerie thessalienne le suivit à gauche sous la conduite de Parménion^ son plus solide appui dans les batailles.
Parménion^ couvrant de ce rideau de cavalerie l'espace compris entre le plateau occupé par les Perses et le fleuve , y fit passer^ former et manœuvrer la fameuse phalange macédonienne, corps d'infanterie compacte et de plusieurs forâmes, irrésistible dans l'assaut, inébranlable dans la défense.
La phalange^ formée en triangle hérissé de piques de seize palmes de longueur^ s'avança avec la pesanteur d'une machine de guerre animée sur le centre des Perses^ et le fendit en deux tronçons comme un soc de fer fend le sol en le rejetant des deux côtés. Pendant ce choc^ Alexandre à droite^ [Parménion à gauche s'élancèrent de nouveau sur les deux ailes de cavalerie des Perses, les dispersèrent devant leurs escadrons , et, se repliant rapidement sur l'infanterie rompue, l'enveloppèrent, la foulèrent aux pieds de leurs chevaux et l'écrasèrent entre eux et la phalange.