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Selon Ârrien ^ trente miUe morte du c6(é des Perses jonchèrent le champ de bataille. Les Grecs de Memnon combattirent en dignes soldats de ce gramd général. Alexandre ordcmna de les épargner et en fit prisonniers deux mille : il ne voulait pas que le sang grec coulât des deux côtés pour une cause grecque. Le petit nombre de soldais qu'il perdit lui-même dans cette bataille le disposait à la générosité autant que sa politique lui commandait la clémence. Si Âristobule^ Ptolémée^ Alexandre lui-même^ dans une de ses lettres k Ântipater^ ne relataient pas uniformément le chiffre des blessés et des morts dans * rarméeiarmcédonienne^ on n'oserait pas le citer^ tant il est invraisemblable et disproportionné à rirameiEsité des conséquences et de la renommée d'une telle bataille. Mais ce nombre est trop scrupuleusement attesté par Elien^ par Pto- Icmée, par Alexandre lui-même^ intéressé à grossir les périls^ pour qu'on puisse se refuser à le croire. Vingt-cioq gardes ou compagnons d'Alexandre^ trente fantassins macédoniens et soixante-dix cavaliers thessaliens et grecs perdirent la vie «u passage du Granique.
Alexandre, pour glorifier les dieux d'une telle
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protection, et sans donte aossi pour «Iciier, *u début de la campagne, une noble émulation de gloire chei les Grecs ses alliés, ordon&a à LyBippe le sculpteur d'ériger une statue de bronze aux vingt-cinq soldats" de son armée tombés les premiers pour la vengeance et pour l'honneur
de la Grèce.
Les débris de Memnon se réfugièrent dans les murs de Milet, colonie grecque fortifiée par les Pei-ses, abandonnant au vainqueur toute la campagne tête de l'Asie Mineure.
La bataille du Granique avaitvaincu Jusqu'aux murailles des villfes; Éphèse , la plus opulente et la plus sainte des villes du littoral asiatique, ouvrit ses portes au viainqueur. -
Éph^, assise sur la croupe des monts d'Ionie, au fond du golfe de son nom, était occupée à rebâtir son temple de Diane, divinité po{ralaire dont le culte fanatisait l'Asie , l'Europe et l' Afri* que. Alexandre visita avec. une apparence de piété ce temple , orgueil et richesse des Éphésiens. Il détruisit dans Éphèse le gouvernement des Perses et l'aristocratie des citoyens. U y rétablit sous ses auspices le gouvememMit du peuple. Mais, ajoutent tous les historiens, il
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prescrivit des limites et des formes sévères à ce gouvernement pour le préserver des instabilités et des excès de la démagogie.
Médiateur tout-puissant et armé entre la démocratie restaurée et Taristocratie détruite, il interdit toute vengeance des citoyens contre les citoyens^ assm*ant ainsi aux riches la sécurité ^ aux pauvres la liberté. Cette politique, pratiquée par lui dans toutes les villes grecques de VÉoIie et de Tlonie , popularisa la conquête que la multitude appela délivrance. Son empire commença ainsi par la reconnaissance des w^ns. Un grimd nombre demanda à s'enrôler dans son armée. Son recrutement marchait avec lui.
C'est à Éphèse qu'il écrivit à Athènes ^ en lui envoyant en)iommage trois cents boucliers^ dépouilles de la bataille du Granique, ppur être d^iosés dans le temple de Minerve^ s^ divinité inspiratrice. 11 se vengea ndblement dos Laoédémonieus , ses enpemis obstinés en Grège, par l'inscription qu'il priait les Athiéniçne d^ faire
graver sur ces boucliers : Alexandre^ fils de phi*
LIPPE^ et tous les grecs y A l'eXCEPTION DES LACÉDÉ- MOMIENS^ ONT REMPORTÉ CES TROPHÉES SUR LES BAR- BARES DE L^ASIE.
Olympias^ sa m^e^ reçut en présent les tissus de pourpre et les vases d'or et d'argent les plus précieux trouvés dans les tentes des Perses.
lyÉphëse il alla assiéger Milet, refuge des dé* bris de Memnon ; un seul assaut lui livra la ville. Memnon et quelques faibles restes de son armée s'enfuirent partner. Calas^ général thessalien qui commandait ces premiers alliés de la Macédoine^ fut nommé gouverneur de Phrygie. Les peuples ne subirent d'autre changement dans leur régime intérieur sur son passage que le payement du faible tribut annuel payé aux Perses^ et versé maintenant dans le frésor de ses lieutenants. On ne lï'aperçut de sa présence que par des bienfaits. Nicias^ un des administrateurs de son armée^ fut chargé de concentrer tous ces tributs dans le trésor. Il lui commanda une extrême modération