‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 61 sur 233 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

La saumission d'Halicarnasse en (raina celle de toute la Carie , à rexception de la citadelle imprenable où s'étaient réfugiés Memncm et les généraux persans.

La politique servit ici Alexandre autant que la victoire. Il n'enleva point le royaume à la nsaisMi royale deCarle. Le roî^ récemment mort^ avait^ selon Tusage des descendants de Sémira^ jBis^ des rois d'Egypte et des rois de Perse, éponsésa propre sœur^ afin que la consanguinité fortififtt }a fidélité dans les unions royales et dans le respect des sujets pour le sang de leur roi. Ce roi dé Carie, nomméeHydriée, venait de laisser le trône à sa femme et sa sœur Ada. (In usurpateur de la maison royale avait dépouillé Ada de Tempire» Ada, rëfugiéedans unecitadeile des mcntagnes de Carie , s'était empressée d'où* vrir la plaoe à Alexandre* A son approche elle s'avança au-devant do lui et adopta pour son fils son jeune libérateur. Alexandre la traita en mère, lui remit tous les droits de la victoire et

lui confia le gouvernement de Carie. La fidélité des sujets pour leur reine légitime changea en reconnaissance et en enthousiasme la terreur que les Cariens avaient de la conquête.

Telle était la politique suivie partout sous différentes formes par Alexandre. Restituant la liberté aux républiques^ le gouvernement po* pulaire aux peuples^ la démocratie aux Éphésiens ^ la royauté légitime et traditionnelle aux Cariens^ le trône aux ipaisons royales > 1^ satrapies mêmes aux satrapes aimés dans leurs gouvernements^ il semait ainsi derrière lui une con* fédération de reconnaissance sous une médiation macédonienne. Ni César ni Napoléon n'adoptèrent dans leurs conquêtes une telle politique , Tun détruisant partout la liberté comme une ennemie^ jusque dans sa patrie^ Tautre jetant ses soldats ou ses frères sur tous les trônes. Plutarque loue Alexandre avec raison d'avoir trouvé dans son cœur autant que dans son génie cette politique qui légitimait partout sa victoire. Aussi Tempire^ non d'Alexandre^ mais de la Grèce et de l'Europe^ survécut-il en Asie et en Egypte à ce modèle des conquérants.

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