‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 63 sur 233 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

méditant une campagne indéfinie en durée et en distance > il devait prévenir la nostalgie, cette maladie de la distance chez ses soldats ; il fallait leor n^ontrerdès le premier pas que l'expédition ne serait jamais pour eux une expatriation sans retour^ et que^ chaque fois qu'ils seraietft fatigués 4e le suivre^ ils pourraient aller^ par des roules faciles et sûres, se reposer dans leurs familles et y raconter leur gloire et la sienne. Ces récits enthousiastes de ses soldats ne pouvaient qu'accroître son propre nom en Grèce et provoquer d'autres Macédoniens, d'autres Thraces ou d'autres Thessaliens, à venir s'enrôler dans sa phalange.

Il autorisa donc tous ceux de ses généraux, de ses gardes et de ses Macédoniens, qui désiraient revoir leurs jeunes épouses, à aller passer l'hiver en Macédoine. Trois mille soldats profitèrent avec reconnaissance de ce congé. Deux de ses plus intimes favoris, CœnusetMéléagre,ïionYellemeat mariés, furent chargés de les conduire et de lui ramener au printemps le plus de fantassins et de cavaliers qu'ils pourraient rencontrer dans les montagnes. Cléandre, général athénien , reçut la même autorisation et la même

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mission pour lePéloponèse. Le vieni Parméoioo^ dontlescampsétaientlafamille, reçut^à la place de ces généraux absents^ le commandenient général de la cavalerie thessalienne et des ^r^és grecs. Il eut ordre de s'avancer de phts en plus, mais lentement^ pendant Thiver^ au cœur des provinces intérieures dominées ou fermées par le mont Taurus. Quant à Alexandre iui-méme , il laissa le montTaurus^ déjà blanchi de neige^ sur sa gauche, entre Parménion et lui. Il marcha, avec une sage lenteur cette fois, vers la Lycie et la Pamphylie, pour soumettre et pour organiser toutes les villes maritimes de cette longue et riche côte qui regarde Rhodes et Chypre sur la mer.

Cependant le repos, si nécessaire aux armées après tant de marches et de con^ats^ est souvent funeste à leur esprit militaire et à leur discipline. C'est dans les longs loisirs des quartiers dlkiver que se groupent et s'enveniment les mécontentements, les oppositions , les ambi-

tioos militaires^ gwmes 4e séditian^ parmi le^ soldats^ de conspirations parmi les généraux. Alexandre allait l'éprouver an commencement de ao||^. con»m«ndemiiânt et de son règne, eomme il devait TéproiiYer plus sûrement à la fin de sa vie. L'envie s'attache à la gloire naissante plus encore qu'à la gloire «x^quise et eensacrée, parce qu'elle espère l'anéantir plus facilement dans «on germe. Philippe était mort^ sous la main de ces rivaux enviejix de ses prQsp<^rités> au sein de sa cour de Macédoine ; son $]& était déjà meBU^ de la même mort et par les mêmes mains dans son camp d'Asie.

Arrien raconte ainsi révénement.

Un g^éral grec de Tarmée confédérée, nomméAlexandre, fils d'Érope^ homme de haute naissance et de haute ambition^ nourrissait une animosité de yieiUe date contre la maison royale de Macédoine. On dit qu'il aspirait lui-même au trône de Philippe. Bien qu'une telle ambition paraisse inexplicable dans le cœur d'un Grec^ ennemi naturel des Macédoniens^ quelques circonstances rappoHées obscurément dans les histoires et dans les Mémoires des coatempoeaias d'Alexandre sembleraieni justifier cette

imputation. La plus forte de ces présomptions résulterait de ce qne deux frères de ce général^ Héromène et Ârabée^ avaient été complices du meurtre de Philippe et punis de mort^ avec Pausanias^ pour ce forfait. Le ils d'Érope^ bien qu'il fût aussi coupable que ses frères^ avait été épargné par Alexandre^ parce que^ au moment où ce jeune roi entrait au palais pour s'emparer du trône après avoir harangué le peuple^ le fils d'Érope^ soit enthousiasme réel^ soit affectation d'amitié^ était entré avec lui dans le palais en couvrant le fils de Philippe de son bouclier. Cette circonstance démentirait assez la pensée d'usurper un trône sur lequel il poussait ainsi le fils de Philippe. Mais Alexandre était alors un adolescent qui n'avait pas donné encore le secret de son génie. Peut-être le fils d'Érope espérait-il gouverner impunément la Macédoine sous le nom du prince jeune et assujetti à son ascendant.

La reconnaissance avait vainciu le sentiment

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