LIVRE III. U
la MtaîUe d'Issus et le récit de cette bataille ellemémew Qae ne donoerait pas la postérité pour avoir tor oeUe campagae et sipr cette bataille desdlfétsibawsi précis^ aussi techniques et aussi tof^ogn^hiques que ceux ^kmt rkistorieo de l'empire de Napoléon, M* Thiers, élucUe les ka« tailles de Wagraoi ou de Leipsick? Polybe luiméa»^ ]e plus militaire des historiens, avoue que ka dispositions des deux anaées^ au loo* ment oà eUes se heurtèrent au débouché des doubles déêiés de Cilicie, oe août pour lui qae ténèbres eoAtradicioires, iacooséqueuoe. Nousmême, qui avons visité les sites, nous ne pou- Yoas reeompoaer dans notœ imagination les manœuvres et la bataille. La terre, la mer, les déâlés, l'espace, tout réinste à une claire iutel^ lîgenoe de œs masses en mouyement dont Alexandre et surtout Darius eouvraieut l'étroit espaoe. Pour éclaircir, autant que ces obseuriiés le permettent, le champ de battâlle d'Issus, laissons parler d'abord Polybe«
« Gailiatliène raconte, dit-il, qu'Alexandre avait déjà paasé les détroits et ce quW appelle, dans la CUicie, les pjrles; que Darius, ayant pris
sa route par les pyles Âmaniques^ était entri ' avec son armée dansla Cilicie^ et que ceprince^ averti par les habitants du pays qu'Alexandre s'avançait vers la Syrie, se mit à le suivre ; qu'arrivé près des détroits il campa sur les bords do Pinare; que le poste qu'il occupait, depuis la mer jusqu'au pied de la montagne, n'avait pas plus de quatorze stades; que le fleuve venant des montagnes, entre des côtes escarpées , traversait obliquement cet espace, et allait ensuite se dé-* charger dans la mer par une plaine entourée de collines escarpées et de difficile accès.
Qc Callisthène ajoute ensuite que, Alexandre ' . étant revenu sur ses pas pour aller au-devant ' des ennemis, Darius et s^ généraux avaient rangé toute leur phalange en bataille dans l'endroit où il avait d'abord campé ; que le monarque perse s'était couvert du Pinare, qui coulait près de son camp; qu'il avait rangé la cavalerie sur le bord de la mer, auprès d'elle les mercenaires le long du fleuve et les peltastes, au pied des montagnes.
« Mais comment ces troupes pouvaient-elles être postées devant la phalange, le fleuve passant auprès du camp? Cela est difficile à con-
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cevoir, surtout si ron fait attentioo à leur nom-bre. Au rapport même de Callisthène il y avait trente mille chevaux et autant de mercenaires : il est aisé de savoir combien ce nombre de troupes devait occuper d'espace. La meilleure méthode de ranger la cavalerie est celle sur huit de hauteur > il faut laisser^ sur le front ^ une distance convenable pour faciliter ses différentes évolutions. Ainsi un stade ne peut contenir que huit cents chevaux; dix stades^ huit mille; quatre stades^ trois mille deux cents; de sorte que^ dans quatorze stades^ il ne peut tenir que onze mille deux cents chevaux. Si vous rangez ces trente mille chevaux^ peu s'en faut qu'étant divisés en trois corps ik ne soient les uns sur les autres. Où étaient donc alors les mercenaires? Derrière la cavalerie^ peutêtre? Mais Callisthène ne le dit pas, puisque selon lui, au contraire, les mercenaires eurent affaire dan» le combat aux Macédoniens; d'où Von doit nécessairement conclure que la moitié du terrain, du côté de la mer, était occupé par la cavalerie, et l'autre moitié^ du côté des mon* tagnes, par les mercenaires. On peut encore juger par là sur quelle hauteur était rangée la cava-»
kiie et cmnbiftn le fleure était éloigné du camp .
« CallisUiène ajoute que> les IMacédoniess s'étaat avaBoéSy Darius^ qui était au centre de son armée 9 appela à lui les meroenaires d'une des ailes* Cela n'est point aisé à comprendre : il fallait que la cavalerie et les mercenaires fussent joints ensemble au milieu de ce terrain; or, Dariua se trouvant la parmi les mereenaires^ comment et pourquoi les appelait-ii? Enfin il dit que la cavalerie de l'aile droite fondit sur Alexandre, que ce prince en soutint le choc avec vigueur et attaqua ensuite à son tour ce même c<»rps, et que le combat devint alois trèsvif. Cet historien a sans doute oublié qu'entre Darius et Alexandre il y avait un fleuve, et surtout tel que celui qu'il venait de décrire.
« Il n'est pas plus judicieux sur ce qui ro« garde Alexandre. Selon lui ce prince passa en Asie avec quarante mille hommes de pied et quatre mille cinq cents chevaux , et, peiïdant qu'il se disposait à entrer dans la Gilicâe^ il lui vint de Macédoine un renfort de cinq mrîUe hommes d'infanterie et de huit cents de cavalerie. Qu'on ûte de ce nombre teois mille fantassins et trois cents chevaux, pour dififécents
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un^peft : c'est le pltts qu'on paian en défatcker de rarmée ; il lui restait doac quarante-devs: mille, hraoïnies de pied et cinq mille chevtm. Alexandre ^ avec cette aimée ^ ayant passé les détroits, apprit que Darius était dans la Ci* licie et qu'il n'était ^i^ de i«i que de ceat stades. AussUét il revient sur ses pu et m^ paaae les détroits , la piialaii^ faisast l'avaoigarde, la cayalerie le oorpg de bataitte, et les équipages l'arrière«gaide* Dès qu'il fut dans la plaine il forma la piialâiige, et la mit sur tnutedeux de profondeur, après a^roir nmix^bé quelque temps sur Suxe, et, quand il fut près des emem is, aur &uit.
« Ce récit est encore plus absurde que le précédent* Eu onr^Aant sur dix-hiùt de hauteur u¥sc les inéertaUes. ordinaires, de six pieds entre chaque raa^, un stade contient ^eiae osats hommes; par conséquent dix stades en contiendront seiae mille et vin^ stades trenteskoi: mille. On nût par là qu'Alexaodre mettant son armée sur som de Jiauteur, il fallait que le terrain fAtde lîngt stades; et néasmoiaa il hii restait «noare à poster toute sa cavalerie et dix milie fantassins.
172 VIE D^ALEXANOaE LE GRAND.
« Callisthène dit ensuite que , lorsqu'Âlexandre fut à quarante stades de Tennemi , il mena contre eux son armée de front. Cela est insoutenable. Où trouver^ surtout dans la Cilicie^ une plaine de vingt stades de largeur et longue de quarante stades , pour faire marcher de front une phalange armée de sarisses? D'ailleurs à combien d'embarras cette sorte d'ordonnance n'est-elle pas sujette ? Pour le prouver le témoignage de Callisthène suffît : il assure que les torrents qui se précipitent des montagnes creusent tant d'abtmes dans la plaine que la plupart des Perses y périrent en fuyant.
c Certes Alexandre aurait-il voulu par là faire face aux ennemis^ en quelque endroit qu'ils parussent? Rien n'est moins en état défaire face qu'une phalange dont le front est désuni et rompu. Il était beaucoup plus aisé de se ranger en ordre de marche que de présenter de front^ et sur une seule ligne droite^ une armée éparse et divisée , et de la mettre aux mains sur un terrain couvert de bois et sillonné par des ravins. Alexandre devait alors former plutôt deux ou quatre phalanges (à la queue les unes des autres); on aurait pu leur trouver des passages^ et