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qu'ensuite il changea de sentiment; et il n'apprend ni comment l'un et l'autre pouvaient connaître en quelle partie de leurs armées ils étaient ^ ni où Darius se retira de nouveau. Comiftent encore la phalange en bataille est-elle montée sur le bord d'un fleuve qui^ presque partout, est escarpé et couvert de buissons? On ne doit pas mettre de si grandes sottises sur le compte d'Alexandre, que l'on sait avoir appris ef exercé, dès son enfance, le métier des armes. Oq ne peut donc en accuser que CaTIisthène, qui, à cause de son impéritie dans l'art de la guerre, n^a pas su distinguer l'impossible d*avec le possible. i> •
Cela dit par un maître de la guerre et de la cr dque historique, que dirions-nous de la ba* taille d'Issus qui ne soit décrédité d'avance dans les historiens incompétents qui la décrivent? Bornons-nous à ce qui est à peu près avéré. Qttinte'-Curce, quelquefois crédule, toujours circonstancié, raconte très-bien, diaprés les contemoorains d'Alexandre et de Darius , sinon le choc, au moins les approches des deux armées.
La mort naturelle de Memnon^ seul général capable de disputer l'Asie à Alexandre^ avait décidé Darius, {jrand général avant d'être roi, à conduire lui-même ses armées à la rencontre du conquérant grec. Il s'avança lentement, comme un homme qui remue la masse énorme d'un tel empire, de Persépolis, capitale de la Perse^ à Babylone , capitale des conquêtes qu'il avait annexées à la Perse . Il assigna Babylone comme point de ralliement et déconcentration à tous ses satrapes. Le nombre était tel, assurent les Arabes et les Grecs , qu'on ne pouvait les dénombrer homme à homnie. Darius, pour se rendre compte de leur multitude, fit mesurer et borner par des fossés un espace qui contenait dix mille hommes. Il compta combien de fois cet espace se remplissait et se vidait sous ses yeux par les troupes accourues des frontières les plus reculées de la Perse. Une journée entière, depuis le lever du soleil jusqu'à la nuit.
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suffit à peine pour ce dénombremeDt^ dont dix raille combattante étaient rnnité*
Tonte prodif^eme que paraiase an premier re^iard une teUe revue ^ elle n'est pas invrabem^ blable. D'abord une armée orientale ne se eomposait pas seulement des combattants , mais de leur suite , de leurs vassaux , de leurs esclaves , de leurs troupeaux , dont une partie les suivait en campagne : grandes migrations plutôt qu'armées. Ensuite rien n'assure que les satrapes^ jaloux de grossir par l'apparence la masse du contingent qu'ils amenaient au roi de Perse , ne fisseat pas passer plusieurs fois les mêmes trou* peaux d'bommes dans l'enceinte des dix mille ^ sous les yeux éblouis du prince. Enfin l'empire desPersesétait, à ce^époque, si vasteetsi peuplé de bordes belliqueuses, depuis la mer Caspienne^ rOxus et rindus/ jusqu'à l'Arabie^ à l'Assyrie^ à la Médie , qu'un fiiible reoiïtement dans cfaacane de ces provinces aurait encore suffi pour produire une masse disproportionnée à toutes nos expéditions modernes^ excepté aux expéditions napoléoniennes en Rus^e et en Saxe.
En réduisant }uir une moyenne critique^ prise danschacundes historiens de la campagned'Âsie^
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ettte multitude «a u» Biwdba^e aftaoîaUe pa«r Darius, on conjectiure plus fu'4»a ne le fiait 411e Titfttée dœ Pensea oe dé{Miwâit guère deox eoit dkiUe e(Nn))âttajits. Les «erviteim^ le» esekYes,lespGrieufs4e tentes > les iaeB««r>de bagai^, lesdiw^iecs^ hs coodtietews d'éléphants^ les femines déjà siite deâ mDe$4M des satrapes, devaient^ d'après les ss^ges d'^isi^i s'é^ lever à un nombre à peu près égal , en socte que la totalité de la Jttiil4i4iide qui couvrait la Syrie autour de Darius et de son armée pouvait s'é* valuer à quatre ou eîoq oent mille àmes^ sans que le nombre des vrais combattante fût, nussi disproportionné qu'on le dit aux forces d'Alexandre.
i^elles que soient les causes nouvelles des vidcwès nu des dé£siles que Tin^nticm des armes à fen ait pu apporter dans le sort des butailles^ il y annecwtaine proportion du nombre à te force des c^oabattants qu'il est impossible de dépasser sans tomber dans la hble* Napoléon , dans ses commenteires écrite i Sainte- Hélène sur ses propres campagnes^ admetqu'une armée bien aguerrie et bien commandée peut combattre un contre deux^ et, danecertaines <^r-
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coB^moeB^ UD contre trois. Mais au delà de cette proportion , deux contre trois^ proportion déjà prodigieiise^ il considère la dé£aite de Tannée inférieure en nombre comme inévitable.
Alexandre 3 déjà fc^t de qnarante-denx nûUe sc^dats^ après avoir rallié Ephestion^ reça les rea-> forte de Macédoine amenés par Ptc^mée et Méléagre an nombre de dix miUe Ifacédomeiis^ et eorèlé à sa suite ^elques milliers de Grecs ionieas^ ne pouvait pas compter moins de toixante mille combattants sur le champ de bataille d'bsus . En admettant donc q[ue sesMaeédimiens aient combattu un contre quatre^ on ne peut évaluer à plus de deux cent quarante mille hommjes Tar^* mée de Barîns. Ce nombre est conforme à peu prèe, mi reste, à révalnation des contini^ts que chaque prennee de Traipire avait envoyés à Babylone , évdnation trop <»roonstanciée dans Clitirque et dans Arrien pour être imaginaire. Qainte-Gurce Texagtee à peine;
Selon cet historien : « L'infanterie était ccwit poeée de deux cent cinquante mille hommes, dMt il y avait soisante4ix mille Pwses, eîn* quante mille IMfedes, dix mille Barcaniens ar* mes de haches à deux tranchants et de l^rs
boucliers hits à peu près comme des ronda* ches; quarante mille Arméniens, autant de Derbices armés de piques ou de bâtons- durcis au feu y outre huit mille hommes de la mer Caspienne et deux mille autres des contrées d'Asie les moins belliqueuses, avec trente mille Grecs, toute brave jeunesse que Darius avait à sa solde; car, pour les Bactriens, Sogdiens, Indiens^, et tous ces autres peuples qui habitent le long de là mer Rouge , dont les noms même lui étaient inconnus, il fut si pressé qu'il n'eut pasle temps de les assembler. Pour sa cavalerie, elle était de treate^deux mille chevaux perses, dix mille Mèdes,^daux mille Bareaniens armés ée même que leur infanterie, sept mille Arméniens, presque autant d'Hyrcaniens,b<»isgendarmescomme le peuvent être ces peuple^ deux mille d'Arbèks, et deux cents chevaux de la mer Gaspte, et quatre mille de gens ramassés de toutes sortes, ce qui faisait en tout plus ie soixante mille che^ vaux. »
On peut croire aussi que Darius, guerrier consommé avant d'être élevé au trtoe, n'était pas assez inexpérimenté du dan|[er de conduire un faroupeau au carnage , au lieu d'une armée so-