‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 70 sur 233 · LIVRE III. tM · texte numérisé non relu

LIVRE III. tM

lidaafi oMnlMit^ pmir avoir engagé sur im champ de litttaille si étroit un peuple sans Tespace pour ses moQvemCTifo et sans israe pour sa retraite.

On voit au contraire , par la situation qu'il avait prise dans une plaine accidentée^ à l'entrée de la Syrie et au débouché des {aontagnes de la Cilicie , protégé d'un c6té jMir la mer, de Ta vire parle flanc escarpé des montagnes^ et aToe une large retraite asmrée derrière lui par TBaphrâte^ <pte Darius était aussi bon tactitien qu'inMpide combattant. U ràt été ins^Mé à lui d'aller plas Icnn aurdevant d'Alexandre^ affrontant des montagnards macédoniens , thessaliens OU: étolians, dans une guen'ê de montagnes. Le général le [dus consommé de nos jours ^ commandant une année de trois cent mille hommes^ forte surtout en cavalerie et en machines de guerre^ et opposé à un aventurier redoutable , ne commettrait pas l'imprudence de s'en^piger dans le Tyrol ou dans la Suisse^ mais il atteniil^ comme Darius^ son ennemi à l'embôu-

l«t VIE D'ALEXANDIIE LE GRAND.

chure d# la pl«Mie^ dans une poiùtîMi dboisîê d'avance et protégée par un fleuve devant lui , par une mer à droite, par des eanrpements à gauche, par une route large et libre derrière

lui.

C'est là littéralement ce qu'avait fait Darius. L'absence de pensées militaires et les faux mouvements que lui prêtent des hs^rmui inurteUigents de la bataille d'Issus, sontdcmedànentis d'avance par la prudence ^ par l'habileté de la position qu'il avait prise à issus. C'est cette même prudence et cette même habileté très-l^en calculées qui avaient empêché le roi de P^ne d'entrer depuis sii mois en Glicieet en Phrygie, où le nembre de ses fantassins, sasu^rioritéen cavalerie, en chameaux et en élépbanlb, aurait été contre Alexandre un embarras j^ns qu'une condition de victoire. Quant aux tàtensemente aveugles (pi'Arrien et Quinte-Gurœ attribuent sans aucune critique à Darius avant la bataille, et qui auraient , selon ces hisêoriei», engagé follement les Perses au delà des pyles du ment Amaans, ces fausses manoeuvres sonté^^Jerneut démenties par le récit qu'ils font ensuite euxmêmes de la bataille; car la bataille se

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précMement mr la site chcmi à loisnr pw Doius^ ieA, que nous venons de le décrire. Les préte»^ eue» narafaes en avant de Darius^ par les pylv Amaaiques^ à la recherclie d'Alexandre^ pendant qn 'Alexandre passe e( repasse les pytes de Syrie aux portes de fer de la Cilieîe , h la recheretie d'nne armée 4e six cent nilk hommes qn'tf ne pcnat déeonvrir^ sont é^^idemment des mouvemenis d'avmit-^irdeetdeBrecMmaaBsaneasnattinelies^ très^mal eeaipris par ces hiatorMpt et plus mal întM^Hrétés par leurs ksitaéeum. Dâodore de Sicile et Plntai^ne se sont égarés euxmêmes à la suite de ees bietoriograpliedsaus critique. Ptolémée et Ctitarque^ éeri vaine nûlîtaÎTes et coœpifpaoaB d'Alexandre , doniks récits alors existant» ont guidé Arrimi^ n'entrsut dans aueun détatt sur ees marches et cea eontremairikes. Bs re{»ésentent Alexandre fore^ de dél^oucher en plaine par les dtf lée de GUkîe sur la plage dek mer; ils repréoantont Dariu»^ tel que noua Tavoais imut^mime fe|Hrésen4é, attendant Alexandre en plaine , sou eerpe de bataille à IssBs, couvert par le petit fleuve Pinare, sa droite Rendue juequ'à la montagne , m ptteke jusqu'à la mer.

Ottinte^-Corce^ d'après Hérodote et Callisth^ae i»iis doute^ décrit ainsi avec plus de vérité l'appareil des armées du roi de Perse au moment du combat. Quinte-CUirce est épique ; dans tout ce qu'il raconte il faut douter; dans tout ce qu'il écrit il faut admirer et citer.

« C'était uœ andenne coutume des Perses de ne faire marcher leur armée qu'après que le sdeil était levé^ et alors, avec la trompette, le s^al était donné de la tente du roi, au-dessus de laquelle était arborée l'image resplendissante du soleil, enchâssée dans du cristaL Voici en quel ordre ils marchaient. Premièrement on portait du feu sur des aut^ d'argent en ^nde cérémonie : ils l'avaient en singulière vénération , l'appelant éternel et sacré ; et les mages venaient après, chantant des hynmes à la façon du pays. Ib étdent suivis de trois cent soixantecinq jeunes hommes vêtus de robes de pourpre, selon le nranbredes jours de l'année, parce que les Perses font aussi leur année de pareil nombre de jours. Après venait un char consacré à Jupiter, tiré par des chevaux blancs et suivi d'un coursier d'extraordinaire grandeur, qu'ils appelaient le cheval du soleil. Ceux qui eondui-

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Mieni les chevaux éiaiesd vétos de blanc et. ayaieiài deshousaines d'or à la main . Dix cbariote roolMeat ensoite, tout étoffés d'or et d'argent. Paia mardiait un <M>Tpa de cavalerie composée de douze nations différentes d'armes et de mœurs ; et après elle ceux que les Perses appellent Immerteis^ au nombre de dix mille^ surpassant en somptnonté tout le reste des Barbares. Ik portai^it des eolUers d'or et Ae^ robes dedralp d'or frisée aiec des casaques à manebes tiHQttos couvertes de pierreries.

« A quelque distaoee de là suivaient ceux qu'ils noauueiit les cousms du roi, jusqu'au nombre dequinsse mille; mais cette troupe^ trc^ nullement paf ée^ tenait plus de. la £enune que du soldat et se saoutrait plus curieuse en ses babits qu'en ses armes. Las dorypJwres venaient eueuite; c'est ainsi qu'ils apfelaient ceux qui avaient accoutumé de porter le manteau dn roi. Ils mMX^aient devant son c^ariot^ dans leqi;bel il paraissait haut et élevé comme sur un trèue. Les deux côtés du chariot épient enrichis de plu^ sieurs images dea dieux , faites d'or et d'argent , et de, dessus le joug, qui était tout semé de pierreries^ a'étevaieni d^six statues de^ la hauteur

tu VIE D*ALEXANOBB IG GRAND.

d'une coudée^ dont Tufte repMsentait KiÉm» ni Tautre Bélus ; et entre deux était «n aigle ù'ot consacré^ déplofant lés ailes eomme |Mir prendre son vol. Mab tout eela n'était ites en comparaison de la magnificence i|iii éditait en la personne du roi. il était vétn d'une wie de pourpre m^é de hUdM^ et par-deaaw il'avait nne longne rdbe toute couverte d'or, oà ïxm voyait deuxéperners, aussi d'or^ qui seoablaieBt fendre Tnn sur Tantre et qui s'entre-donnaient dn bec. Il portait une ceinture d'or oomoie les femaaes, d'oà pendait un cimeterroqui avait un foitrreau tout couvert de pierres préciettses, si« délieate^ «mit naîsesen couvre qu'on eét dit qu'il n'était qi|e d'ttae. Son ornement^ du rwte , était «ne tiare bleue, ceinted'unlMndMu de pourprerayé de ]>lanc^ qui était la marque royale o« le diadème^ que les Perses appellent ddarts. Dix n^le piquiers suivaient son chariot^ ayant leurs pi^ ques enrichies d'argent^ aveeles pointes garnies d'or. A ses cètésmarekaient aviron deux cents de ses plus prockes parents^ et trente mille homnes de pied faisaient rarrière-garde de toutes ses croupes. Après suivaient les grands chevaux dn roi^ an ncmibre de quatre cents^ que Fon menait

ea main. A cent ou sb: vingts pas de là veiyait^ sar un chariot^ Sy^gambîs^ mère de Darifoe^ et sa femme rar un autre « Tontes les femmes de k maison des reines suivaient à dieval. Quinze Ipraods. chariots, qu'ils appellent armamaxes, pandssaient ensuite, où étaient les enfants dn roi avec ceeax qui avaient soin de leur ëdbication^ et nne troupe d'eunuques> dont on ne fait pas peu d'esttÉie en œ pays-là. Puis mardiaient les concubines du r#i^ jusqu'au nombre de trois cent soixante-cinq, et toutes en équipages de reines. EUesétaient suivies de six cents mulets et de trois cents chameaux qui portaient l'argent, escortés d'une garde d'archers. Après venaient les femmes des parents du roi et celles de aes familiers^ et derrière eUesune {grande troupe de ^ujats, die valetset d'autres gens de bagage, tous montés aussi sur des^^ariots. A la queuede to^t étaient quelques compagnies armées à la légère, chacune conduite par ses officiers, pour empêcher les soldats de s'écarta.

« Telle était l'armée de Ekarius; mais qui aurait vu celle des Macédoniens, il j aurait bien trouvé de la différence. Il eût vu des hommes et des chevaux tout rutssciants^ non pas d'or ni

18a VIE D*ALEXANDfi£ LE GRAND.

de pierreries bigarrées^ mais d'acier et d'airain bien polis; des troupes ioujoHrs prêtes à camper^ à marK^her ou à combattre, qui n'étaient embarrassées ni de bagages ni de gens inutiles, obéissant non*seulement au signal , mais au moindre clin d'œil de leurs cbefs, toujours largement fourmes de vivres, et qui savaient toujours prendre leurs logements avec avantage. Aussi^ quand ee vint le jour du combat, Alexandre n'eut que des soldats, Darius n'eut qu'une multi<tude. »

La bataille s'engagea par un cri formidable que l'innombrable multitude des Perses poussa tout à la fois vers le ciel. L'armée d'Alexandre, encore à demi engagée dans les défilés, y répondit par un cri pareil, répercuté et multiplié par les rochers avec tant de force que l'écho put faire illusion sur le nombre. Son ordre de bataille se formait à mesure que ses troupes débouchaient des montagnes. Sa phalange, véritable citadelle mouvante, formait son centre avancé sur le

LITRE IlL tm

Pmare, an face d'Issus* Parmàûoii^ son général de coiifiafice^ cammaiidait la droite de l'armée vers la mer^ position la plus eiiposée au cboc d'une innombrable cavalerie^ des chariots de guerre et des éléphants des Perses. Le fils de ParméBion> le jeune Nieanor^ digne de son père et élervé danslescamps^eommandait l'aîle gauche, échelonnée sur les gradins presque inaccessibles des montagnes de Cilicie. De jeunes généraux, ]Mresqae aussi jeunes que lui, Coenus, Perdiccas, Ptolémée, Méléagre, séparés les uns des antres par des mamelons ou des ravises et livrés ainsi chacan à leur inspiration militaire presque personnelle, commandaient chacun un des corps de Nicanor* La cavalerie grecque et macédo* nienne était dispersée en avant et aux flancs des deux ailes.

Ces dispositions faites, Alexandre se porta à cheval devant le front de toute l'armée, et, parlant à chacun le langage qui convenait à l'heure, à la circonstance, à la race d'hommes, à la nature de& armes, il ne leur fit pas de harangues, mais il leur jeta en passant ud de ces mots .qui ré8on<^ nent le mieux au ccenr du soldat, mot bref comme la minute, solennel comme la pensée^

ym VIE D'ALEXANIMTE L£ GRAND.

signiÉcatif comme le geste: Ce ^^ V<m peut msowiâblemeftt conclure de la hanagne éloquente, mak àâSxmty que lai prêtent les bâstoriena liiéteurs delà Grèce ^ 6 W^ qu'Alexandre leur adressa exactement, en leur montrant les plainea de la Syrie eU'herutm de la Perse deyant eux, le même diseoura que Napoléon adressa aux siens en leur montrant de la maîn les plaines de k Lombardie en descendant des Alpes : t Que tout cda serait à eux avant la fin du jour, aroc les dépouilles de Tunivers, s'ils étaioit euxmêmes dignes d'eux^^mèmea. » C'est le. résumé peur ainsi dire des longues p^iodes inopportunes de QuinteCuree et d'Arrien. On peut y croire. Les mêmes circonstances inspirent la mâne ordre du jour aux généraux de toutes les nations et de tous les âges. ^

La concentration de l'armée dans un eqpace un peo d^ndu de la mer aux montagnes donnait au général une promptitude de mouvements et une facilité de rectifier see

ilTftt UL t%î

diapoêiHà^é^, Aekm i'atteqve (ni k dêUme^, qai

parait woàr éUtéé la ivîctoire pin eaoore que

Timpétoasité et la valeiar de» troupes. Labateiile

fut ^11 effet éélennwpiaiir Alnafidre le mata,

olEeiisife apl^èb te «ilîMi du joair. De toatles

lécdte trè&omftts qai m»» aoat f^astéty il pa«

raSN qoe ftatias lança le pnmier au delà dm

ft^Qvd «ne areée dK«a^eii6 sttr Tàile gaùcli^

et sur Vaile droite des Macédoniens^ et que eelte

nMsse kitrépyhB fit rMuier lès troupes de NicaDor

d'ua o6të et les Ireupes plus eoiiijMroniises de

Pannéaion ; qu'Alexaadre a^^tiit laneë lai-uème

ta pkàlai^ au delà' du Pteare «or la j^de et

sur Fia^atmé de Darius ; que cette phalange

inéhramiabto) mais emYaloppée, n'avançait pus ;

quePMvnénioa fléehÎMait et se repHait ébrasé

sous les soÎKanle milk dbevaux persane^ expo^

sMt Aiefxaudia lui^méoie à éire t^né aur son

cfaaMsp de iMiliitte ; qu^eiaibi Ii^canor^ Berdioeas^

PtoléOiée^ Amyntbas/ tieuteuantsd'Al^uuidte^ à

Taile opposée^ réttstaicnt mal aux frondeurs

liyr^^nieiis cte rarmée persane; qu'en un mot

le sort de (a journée était ooMpromis (comme à

la bataille de liarengo, ^ff^^ par le rapprocha

ment accidentel de la réserve de Desaix et par

m VIE D*ALEXANDRB LE GRAND.

rintrépidîté de la caTalerie de KellermasQ), quand Alexandre, par une maïUBOvre son pas aceideotelle, mais préméditée, obvia à totat, sao va ParménioD, raffermit Nieaftor, dégagea la phalange, et, imprimant lui-même et lui seal un meovementrétrogradeaiix Perses, entraîna trois cent mille hommes dans le courant de déronte qu'il avait déterminé par son génie et par son

bras.

II courut eu effet lui-même à une résove de six mille cavaliers tiiessaliens, macédoniens et grecs> qu'il avait postés en réserve sur une liauteur du côté des montagnes, derri^ sa phalange et son infanterie. Il la fit descendre et filer ina* perçue.dans le creux d'un vallon qui s'inclinait vers la mer, et, dâ>ouchant en flanc sur la cavalerie dé[à rompue et disséminée des Peines à la poursuite de Parménion, il refoula , écrasa, tua ou noya toute cette multitude sous une charge qui ne lui permit que de mourir ou de fuir.

A Taspect dec^e déroute de la cavalerie entiemie, principal nerf des armées persanes, les troupes échelonnées sur les gradins des montagnes sousNicanor, et principalement les Argiens, montagnards intrépides, fondirent à leur tour sur les

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