‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 8 sur 233 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Olympîaa^ femme de Philippe^ lui donna ud fils qui fut Alexandre. Il naquit le sixième jour dB mois d'août de l'année 556 avant Tère chrétienne.

Olympias , par sa naissance , par sa beauté ^ par sa grandeur d'àme^ était digne d'être la mèire d'Âlexandjre. Le caractère de la mère est presque toujours la meilleure prophétie de la destinée d'un grand homme. L^âme n'a point de germe sur la terre^ mais le i^in maternel conve le corps dont les organes sont destinés à être plus tard lés instruments rebelles on accomplis de cette àme. Le sang de la mère est le premier lait des veines du fils.

Mais les prophéties contemporaines ou posthuines ne manquèrent pas en Macédoine et en Grèce à la naissance du fils de Philippe. La Grèce était attentive; elle semblait pressentir que c'était le sort des républiques grecques qu'Olympias^ descendante d'Achille, veilaitd'en^ fanier.

Les uns disent que Philippe avait eu un rêve dans lequel il avait vu le sein d'Olympias scellé pendant sa grossesse d'un cachet divin sur le* quel on voyait l'empreinte d'un lion ; les autres^ que le roi des dieux lui-même^ Jupit»^ avait voulu avoir un fils mortel pour incarner en lui sa divinité^ et qu'Olympias avait conçu d'un adultère divin ce futur dominateur de la terre.

Ce qui justifiait cette opinion dans le crédule vulgaire^ c'est qu'Olympias était affiliée par dévotion à la secte enthousiaste des femmes de Thrace et de Macédoine adonnées au culte d'Orphée. On sait que ce divin poète > premier révélateur en vers des mystères religieux et de la morale transcendante de l'Inde en Europe^ avait été martyrisé par la populace fanatique de son temps^ et que ses membres, déchirés par les femmes de Thrace, avaient été précipités dans les flots del'Hèbre, où sa tète harmonieuse chantait encore en surnageant jusqu'à la mer. Les femmes de Macédoine, par commémoration du délire sàcré d'Orphée , célébraient ses mystères. Elles se sentaient saisies de Tesprit mystique -du poète; et, pour accroître en elles ce pieux délire de l'esprit par le délire des sens, elles menaient

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