LIVRE I
(les danses ibugueoses dont le toarbillonnement exaltait leurs sens. Des serpents apprivoisés et endormis, qu'elles portaient en dansant dans des corbeilles^ se réveillaient à leurs cris, s'entrelaçaient aux thyrses qu'elles agitaient dans leurs mains^ et quelquefois se glissaient dans leur sein pour se réchauffer à la chaleur de leur corps. Ces serpents étaient réputés divins.
Olympiasen avait un plus familier, envers le* quel eUe professait un culte plus fervent et qu'elle introduisait habituellement dans sa couche. Philippe^ qui répugnait au contact de ce reptile^ s'abstenait souvent du lit d'Olympias et lui reprochait ce fanatisme envers cette prétendue incarnation de Fesprit de Jupiter. De là Topinion populaire en Macédoine, et plus tard en Grèce et en Asie, qu'Olympias avait eu un commerce avec un dieu et qu'Alexandre n'était pas le fils de Philippe. Toutes les nations ont inventé de pareilles fables sur la naissance des héros ou des sages supérieurs à la mesure ordinaire de Thomme, tant elles ont été infatuées de l'idée naturelle d'attribuer une origine céleste à ce qui leur semblait plus grand que l'humanité.
Alexandre lui*mème^ non par crédulité^ mais par politique^ donqa plus tard un corps à cette crédulité asiatique en se laissant attribuer vo^ lontiers cette filiation avec Jupiter qui défièonorait un peu la chasteté irréprochable de sa mère. De là ce mot spirituel d'Olympias disant avec un sourire à ses courtisans : «c Je ne sais pas <£ pourquoi mon fils s'obstine ainsi à mehrouiU c 1er avec Junon ! »
Une coïncidence historique plus réelle signala la nuit de la naissance d'Alexandre : le temple d'Épbèse fut incendié au moment précis ou le fils d'OIympias venait au monde ^ comme un présage accidentel^ mais frappant pour les esprits superstitieux^ de la combustion de l'Asie^ dont le temple était le monument le plus national et le plus universel .
Tous les bonheui^ semblaient ainsi confluer à la fois le même jour sur la destinée de Philippe* Le temple d'Éphèse^ orgueil des Grecs et trophée des Perses^ sesennemis. était enflammes;