‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 81 sur 233 · LIVRE III. 3S · texte numérisé non relu

LIVRE III. 3S

le palais le long des remparts^ d^où l'on descen* dait facUement dans la ville.

«c Cependant sa flotte , réunie à celle des Phéniciens^ attaque le port qui regarde TÉgypte et rompt les barrières , coule à fond tous les vaisseaui^ qu'elle y trouve , chasse les plus éloignés du rivage ^ brise les autres contre terre , tandis que les Cypriens^ trouvant le port en face de Sidon sans défense , s'en emparent et pénè: trent anànlôt dans la ville.

c Les Tyriens abandonnent leurs murs au pouvmr de Tennemi^ se rallient dans TAgénorium^ et de là font face aux Macédoniens. Alexandre les attaque avec les Hypaspistes , en tue une partie et se met à la poursuite des autres. Il se fait un grand carnage , la ville étant prise du côté du port et les troupes^de Cœnus cgitrées. Les Macédoniens furieux n'épargnaient aucun Tyrien ; ils se vengeaient de la longueur du siège et du massacre de quelques-uns des leurs , que les Tyriens^ ayant faits prisonniers au retour de Sidon ^ avaient égorgés sur les remparts, à la vue de toute l'armée^ et pré-' cipités dans les flots. Huit mille Tyriens furent tués*. Les Macédoniens ne perdirent dans cette

affaire qoeTingtHypaspistes^ nrecÂSaÈète,fno6 sur le rempart dont il Te&ait de n'emparer, et pendant tout lé siège, qimtre cents. »

Td eit le récit bref et technique d'Ârrimi. Xa longueur d'un siège de sept mois par un homme comme Alexandre, qui mesurait Tuni^ers par le temps nécessaire a le parcourir, atteste mieux que tous les assauts et toutes batailles navales les difficultés de la victoire et la joie du vainqueur ; il toléra plus qu'il n'autorisa les excès de meurtre et de pilîage que la rivalité jalouse lies Grecsdeson armée exerça sur les malheureux vaincus. GUi voit que lui-môme, k la tète des Macédoniens combattant encore dans la ville, reçut la capitulation des principaux citoyens, et qu'il encouragea les Sidoniens de son armée, amis et parents des Tyriens, à en sauver le plus grand nombre de la férocité des Grecs. Le massacre n'é* * tait , comme on le voit , ni dans son caractère ni dans sa politique. Si Tyr ne se releva jamais de ses ruines, cène fut pas la faute d'Alexandre ;

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ce fuildresMutiixieiiti&triiigratitadeâela Grèce^ contre la Phénicie.

La joie d'AleundrefatcomUée le jour même de sft TÎctoire sur Tyr par de nouvdks propoM* lions de paix apportées par les ambasBadeors dil roi des rois à^o cam|>«. Darius lui faisait offrir une ranson royale pour la lib^^ de sa mère^ de sa feuHiie et de soi» enfant. II ajoutait à ce trésor la posaessioa de tMite eette partie de Vempire qois^étend da nolie d'Athènes jusqu'à TEn* phrate^ c'est-à^ire une multitude d'îles et de royaumes qui composent teute TAsie Mineure^ et la main d'une de sesfiUes»

Le sage Pannénionfut d'avis d'accepter des

propositicm^ qû dounaieot plus que satisfection

à la Grèce et qui auraient contenté tout autre

qu^un demi-dieu, t Je les accepterais si j'étais

« Alexandre. — Et moi^ répondit Alexandre^ si

c j'étais Pannénion . — Ailes dira à TOtremaltre^

« rendit-il à son ambassasadeur^ quejen'ai pas

ce besoin des trésors de Darius et que je ne veux

« pointd'uneportiond'MBpirerrempiretouten-

« tier et ses tréscBTs sont a moi. Maintenant j'é*

c pouserai la fiUe de Darius sans son consente-

« ment n je le ¥eux. S.^1 veut s'en ier à ma

c générosité^ qu'il vienne Im-méme se remeltre « entre mes mains. », !

Il fallait que le jeune Macédonien eût déjà un j parti personnel bien dévoué et bien nombreux dans son armée, formée d'éléments considérables de la Grèce^ pour oser afficher une ambition si superbe et si peu grecque devant ses soldats de toutes nations, et il est probable que le plusgrand nombre de ses jeunes généraux , devenus ses compagnons et ses complices , avaient déjà oublié les intérêts de leurs diverses patries pour ne penser qu'aux conquêtes, aux royaumes, aux gouvernements de provinces qu'il leur prodiguaitsur sa route ou ^u'il leur montrait en perspective. L'armée applaudit à son audace et blâma Parménion desa prudence. Darius, épouvanté de tant d'ambition^ ne songea plus à négocier, mais à se défendre.

Le traitement royal et respectueux dont Alexandre entourait la mère, la femme et les filles de Darius, était digne de ses promesses et de luimême. Etait-ce piété naturelle pour leur sexe et pour leur malheur? Était-ce politique habile envers les Perses, dont il voulait conquérir les cœurs plus que les territoires? JÉtait^K^ gage éventuel de

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