LIVRE III. 2Â
quelque transaction future avec les différents partis dynastiques qui divisaient la Perse? Était«<« enfin désir secret de s'affilier lui-même au sang royal de Persépolis en épousant la fille et en se portant pour héritier de l'empire? On Tignore; les historiens n'en disent rien, mais on peut présumer quelques-uns de ces motifs ou tous ces motifs à la fois dans la conduite ambiguë d'Âlexandre> qui garde des femmes en captivité^ qui dépouille de sa mère^ de son épouse et de ses filles un roi vaincu, et qui cependant traite
ces femmes en mère et en reines, et semble les
préparer à les traiter lui-même un jour en fils, en mari- et en roi. Celui de tous les historiens d'Alexandre dans lesquels nous lisons les plus touchants égards du vainqueur pour ses captives ne le dit pas, mais il fait aimer son héros par le tableau pathétique, iqu'il décrit à plaisir, delà famille de Darius traînée à la suite du jeune et respectueux Macédonien.
Comme Alexandre allait se mettre à table, aprësla bataille d'Issus, quelqu'un vint lui rapporter qu'on menait parmi les autres prisonniers la m^e et la femme de Darius et ses deux filles , qui n'étaient pas encore mariées, et que, ayant
ns VIE D*ÂLEXANDBE LE GRAND.
aperçu le char et Tare de Darius^ dles s'éldeai mises à âiire des cris et des ^missements horribles^ et à se dédhirer la poitrine^ dans la pensée que Darius était mort.
« A cette Douvelle Alexandre fat ifuelque temps sans parier^ plus touché des malheurs de oes princesses que sensible à son boubmir. Enfin il rompt le silence et donne ordre à I^éonatus d'aller leur apprendre que Darius était yi- Tant , et les assurer qu'elles n'avaient rien à craindre d'Alexandre ; car il ne faisait la guerre à Darius que pour la gloire de régnw ; qu'elles seraient traitées en reines/ et qu'elles recevraient de lui tout ce qu'elles auraient pu attendre de Darius même dans l'état le plus florissant.
« Si ces paroles parurent douces et consolantes à ces princesses , les effets les surpassèrent^ car elles furent servies avec tant de respect qu'à leur captivité près elles ne pouvaient s'apercevoir de leur infortune , et elles éprouvèrent une humanité^ une générosité et une politesse qu'elles n'auraient jamais osé espérer ; car Al^^andre leur permit d'enterrer à la manière de lem* pays tous les Perses qu'elles voudraient , et de prendre parmi les dépouilles tous les habits et tous les