LITRE ITI. S
bmements dont elles auraient besoin pour honorer ces funérailles. Il leur donna autant d'officiers pour les servir qu'elles en avaient auparavant^ ne leur retrancha rien des honneurs qu'on avait accoutumé de l^sir rendre , ni de Tétat de leur maison , et leur assi^^ àe& pensions plus fortes que celles dont elles jpuissaient dans leur plus grande fortune.
<c Mais la faveur la plus ajpréable^ la pius grande et la plus royale qu'elles reçurent de loi ^ fut qu^étant captives^ et ayant toujours vécu avec beaucoup de sagesse et de pudeur^ elles n'entendirent jamais une seule parole déshonnéte et n'eurent par lui un seul moment de soupçoni^r ou de craindre la moindre chose qui fût contre leur honneur. Elles eurent la consolation d'être dans le camp d'Alexandre ^ non comme dans un camp ennemi^ mais comme dans un saint temple^ ou dans quelque lieu sacré destiné à être l'asile des vierges , et de vî\Te retirées sans être vues de personne et sans que qui que ce fût osât approcher de leurs appartements.
(( Cependant on' dit que la femme de Darius était la plus belle princesse du monde ^ comme Darius était le plus beau de tous les princes, et
delà taille la plus grande et la plus majestueuse^ etque les princessesleurs fi lies leur ressemblaient. Mais Alexandre/ trouvant sans doute qu'il était plus royal de se vaincre soi-même que de vaincre ses ennemis^ ne leur toucha point; sa continence était même si grande encore en ce temps-là 4]u'il ne connut aucune femme avant le mariage^ excepté'Barsine , qui^ étant devenue veuve par la mort de son mari Memnon^ fut prise près de Damas. Comme elle était fort belie^ très-savante dans les lettres grecques ^ qu'elle avait des mœurs douces-^t polies^ et d'ailleurs beaucoup de naissance^ étant fille d'Artabaze^ qui était du sang royale Alexandre s'attacha à elle par la suggestion de Parménion^ qui^ comme l'écrit Aristobule^ lui représenta qu'il ne devait pa3 laisser perdre l'occasion d'avoir les bonnes grâces d'une dame si accomplie^ et dont la beauté était la.moindre de ses perfections. JVlais^ pour toutes les autres captives / Alexandre^ les voyant si belles et d'une taille si noble ^ se contentait de dire en badinant que les Persiennes étaient le mal des yeux. Et^ opposant à leur beauté et à leur bonne grâce la beauté de la continence et de la sagesse, il passait auprès