‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 85 sur 233 · LIVRE ÏV · texte numérisé non relu

LIVRE ÏV

Aussitôt après la ruine de Tyr, Alexandre , ordonnant àParménion de déboucher vers l'Egypte par les vallées du Jourdain^ marcha lui-même avec toute son armée vers Gaza. Gaza^ ville fortifiée au confluent du Jourdain y des vallées d'Arabie, des va^llées de Syrie et du désert d'Egypte, qui commande aujourd'hui le fort d'el-Ârich, était la clef de ce désert. La ville, abandonnée par les Perses, livrée à elle-même par les Égyptiens, mais défendue par une garnison d'Arabes,

indomptés et patriotes^ opposa une résistance désespérée aux deux armées. Plus heureux ou plus obstiné que Napoléon devant Saint-Jean d'Acre y Alexandre emporta d'assaut la forteresse arabe ^ mais il y reçut une blessure grave à l'épaule qui fit craindre quelques jours pour sa vie.

Avant même d'être guéri de cette blessure il lança son armée dans le désert de huit jours de marche qui sépare la Syrie de TÉgypte.

Sa campagne en Egypte ne fut pas une expédition militaire^ mais une simple occupation politique.

Les Égyptiens^ mécontents du joug des Perses^ qui voulaient leur imposer le culte des mages au lieu des mystères religieux de l'Inde dont ils gardaient les dogmes cachés dans leurs sanctuaires ^ accoeiUirent Alexandre en libérateur et non en ennemi. Le satrape Masacès lui-même^ vice-roi d'Egypte pour les Perses^ intimidé par la douUe défaite de son maître au Granique et à Issus, se bâta de lui ouvrir les villes de son gouvernement. Alexandre^ plus attentif à se ménager la défection des Perses que l'amitié des Égyptiens, accoutumés à la servitude, laissa à

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