‹ Vie de Alexandre le GrandChapitre 86 sur 233 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Masacès son gouvernement de Péluse et du littoral de rÉgypte. Une telle confiance dans des satrapes infidèlesà leur souverain^ au détriment de ses propres officiers , ne peut s'expliquer autrement que par le |^an de corrompre et de flatter les Perses.

De Péluse Alexandre remonta avec Tarmée

jusqu'à Mempbis^ la capitale de la puissance du sacerdoce et des arts de FÉgypte. L'armée gorecque^et macédonienne dut é^ouver dans FEgypte, alors aussi monumentale et plus florissante^ des impressions plus vives et |^s éblouissantés encore que les impressions éprouvées deux mille trois cents ans plus tard par Tarmiée française quand elle accomplit l'expédition plus presti^eusequemilitairedeNapoléon* Alexandre était infinimient plus philosophe que le général français. Le disciple d'Âristoie n'était pas mmns mantpoiir son temps que l'officier d'trtillene derenu l'Alexandre de la France.^ H menait de même à la suite de Tarmée une foule de philosophes^ d'érudits^ de géographes grecs ^ d'administrateurs et de financiers consommés^ tels que Cailisthènes^ Néarque^ Attalus et cent autres qui fefmaient à la fois sem conseil d^État et sa cour

militaire. U écrivait lai-méme jour par jour^ comme César^ ses impressions et ses actes personnels dans des commentaires longtemps conservés y publiés après sa mort et malheureusement perdus dans la nuit de la décadence grecque. Il ne nous reste de ces Mémoires^ empreints de l'universalité et de la grandeur de son génie^ que des mentions dans les historiens grecs de son époque et des fragments de quelques lignes^ vaine poussière d'un monument écroulé. Ces demi-phrases ne suffisent pas pour décider s'il était dans son style aussi substantiel que César^ aussi poète que Napoléon ; mais il est difficile d'en douter quand on considère sa passion pour Homère > son respect pour Âristote^ son goût pour les grands écrivains arbitres de la gloire et le caractère de ses harangues à ses soldats^ où le sens jaillit du mot cfomme la grandeur jaillit de Tâme. Â la pensée d'un homme on peut recomposer son style. Celui d'Alexandre dut être vaste comme Tunivers. Héraclide rapporte que son guide le plus assidu dans l'étude du pays^ des moeurs et des monuments 4'Égypte^ futHbmère. Il trouvait^ , disaitil^ ce poète d'aussi bon conseil pour la guerre que

Page 1