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jourd'htti. Alexandre^ voulant lier le sort de son nom au sort de sa fondation^ donne le nom d'A<^ lexandre à Alexandrie.
Alexandrie ainsi fondée , le roi résolut d'aecompUr avec une royale solennité le pèlerinage qu'il s'était proposé de faire dans Foaaisd'Am* mon ^n Libye^ au temple et à TcM^acle d'une divinité cachée au fond du désert. Ce voyage de piété ou de politique n'était pas^ eomme on l'a trop répété^ une innovation dans les kabitudes des héros ou des conquérants du Nil. Peraée avait accompli le même voyage sacré; Hercule avaiivtsité le dieu de l'oasis; c'était de là que ces deux conquérants^ diiintsés par la fable^ avaient rapporté le titre d'une parenté avec le dieu des dieux. Alexandre espérait répandre le même préjugé sur son nom et sur son entreprise en s'approchent du même mys* tère. Sa pensée^ dit le judicieux Appien^ était bien moins de savoir sa destinée de la bouche de l'oracle que de passer pour le savoir en effet.
. Le voyage , accompli tous les jours par des caravaues d'Arabes^ n'offrait aucun des dangers dont Timagination de Quinte-Curce a grossi son récit. Ce récit est indigne de Thistoire. Appien donne l'entreprise pour ce qu'elle fut : une visite de curiosité et de politique à un oracle populaire en Egypte par son éloignement du Nil et de Memphis.
« Alexandre ^^ dit-il, en quittant les ouvriers qu'il avait établis à Alexandrie^ s'avança avec une forte escorte Je long du rivage de la mer jusqu'à Parétonium ^ et parcourut ainsi la longueur de seize cents stades (soixante lieues) dans un désert où l'eau ne lui manqua pas totalement^ au rapport d'Aristobule. De là il tourne vers le temple d'Ammon^ à travers le désert et les sables brûlants de la Libye^ où il eût éprouvé les horreurs de la soif sans une pluie abondante qui fut regardée comme un prodige^ ainsi que le fait suivant.
« Quand le vent du midi souffle dans ces con* tréeSyilélèveune si grande quantité de sable qu'il en couvre les chemins disparus. Alors ces plaines offrent l'aspect d'un Océan immense; ni arbres^ ni hauteurs pour se reconnaître ; rien
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n'indique la roote qu'il doit tenir au voyageur plus malheureux que le nocher, dont les astres du moins dirigent la navigation. Alexandre et les siens étaient dans cet embarras lorsqu'au rapport de Ptolémée deux dragons sifflent et précédent Tarmée* Alexandre accepte Taugure, ordonne d'en suivre la trace^ qui dirige leur marche vers le temple et leur retour. Aristobule prétend, et son opinion parait plus généralement adoptée, que ce furent deux corbeaux dont le vol guida Tarmée. Je crois bien qu'A* lexandre n'arriva que par un prodige , mais ici, vu la diversité des récits, tout n'est qu'obs* curité.
« Le temple d'Ammon s'élève au milieu d'un vaste désert et de sables arides; son enceinte très-peu étendue, puisqu'elle n'a que quarante stades dans sa plus grande largeur, est plantée d'arbres qui s'y plaisent, de palmiers et d'oliviers; c'est le seul point de cette immense solitude où l'œil rencontre un peu de verdure. On y voit jaillir une fontaine remarquable par ce phénomène : ses eaux, presque glacées à midi, perdent leur fraîcheur à mesure que le soleil baisse, s'échauffent sur le soir, et semblent brû-
tantes à minuit; Taurore ies refroidit enlïiiite et le midi les glaee ; chaque jour est témoin de cet effet On trouve atnsi dans cet endroit un sel fossile que les prêtres de ce temple portât quelquefois en Kgypte dans des corbeilles et dont ils font présent au roi ou à d'autres personnages. Ce sd a la transparence du cristal^ «es frustes sont très-gros et excèdent quelquefois trois doigts de longueur. Plus pur que le sel marin^ on le réserve en Egypte pour les cérémo* nies religieuses et pour les sacrifices.
« Alexandre admire la beauté du lien , consulte Toracle^ en reçoit^ dit-il^ une réponse favorable, et retourne en Egypte, selon Âristobule par le même chemin , selon Ptolémée par le chemin plus court qui ramène de Toasis d'Ammon à Memphis. s^
Maxime de Tyr attribue ce pèlerinage À des motifs plus humains et plus scientifiques que ceux donnés par les historiens grecs de la vie d'Alexandre. Il consulta surtout Toracle d'Isis sur les sources du Nil, et il lut demanda de plus si tous les assassins de son père Philippe avaient été punis? Comment concilier cette sollicitude d'un fils pour la vengeance de son père avec la
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ptéleiitiim <ie rmiier ce père et de se proclamer fils du roi des dieox ? Il t a ici nue tradictk» dans les écrivains populaires d'Egypte et d'Asie qui dément assezla prétendue démence de rélève d'Âristote. D'ailleurs on verra plus tard qu'ÂleKandre^ bien loin dWfectuer sa £yi)uleu8e divinité, s'exposa constamment sur tous les champs de bataille à des blessures et à une mort qui l' auraient assez démenti devant ses ]Nropres soir dafs. il en plaisanta plusieurs fois hii^méifle avec ses amis, et Olympias^ sa mère^ en plaisantait dans ses lettres et dim ses conversations. Sa prétendue divinité ne fut donc jamais qu'une crédulité populaire des peuples éblouis par son passage, ou une calomnie de ses ennemis pour travestir son génie en démence.
Avant de quitter l'Egypte, dont la possession lui assurait dda subsides imnmifieB et réguliers, bien phia fixes que les dépouilles acddentelles delà victoire, il organisa l'administration entière de tous les JÊtats d'Afrique et d'Asie qu'il
allait laisser derrière lui en marchant vers la Babylonie et vers la Perse. L'homme dont il fit choix pour lui confier toutes les finances de TAsie Mineure et de TÉgypte^ concentrées dans son trésor^ avait les qualités et les dé&uts de son emploi. Cet honmie avait le génie administratif d'un Grec^ le génie asiatique d'un satrape, le génie ambitieux d'un Macédonien. Pendant qu'Alexandre conquérait des couronnes avec du fëv, il rêvait déjà d'en acheter une avec de l'or. Cet homme^ dont Appien parle seul avec intelligence^ était Harpalus^ fils de Machatas; né en Macédoine d'un sang illustre^ il avait été élevé avec le fils de Philij^ à la cour de Pella. A l'époque où Alexandre avait été forcé, par les intrigues de la nouvelle épouse desonpëre^ de fuirenÉpire avec Olympias , sa mère , Harpale , dévoué au jeune prince et prévoyant sans doute sa haute fortune^ s'était enfui avec Alexandre^ ainsi que ses autres amis^ Ptolémée^ Néarque^ Érigène et Laomédon. A mesure que sa fortune avait grandi^ Alexandre avait grandi ses amis avec elle. Néarque avait eu le gouvernement de l'Ionie jusqu'au mont Taurus^ Érigène le commandement de la cava*
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lerie auxiliaire; Laomédon^ qai parlait les langues d'Asie^ l'inspection générale des prisonniers après les victoires du Granique et d'Issus; Harpalé^ que la délicatesse de sa constitution éloignait du service militaire^ avait été chargé de l'administration générale des trésors de Tarmée* Il y avait signalé une grande portée d'esprit et une précision de mesures qui enlevaient à Alexandre ce lourd souci des conquérants. Alexandre l'avait laissé à Tharse^ point central de l'Asie Mineure^ où Harpale pouvait surveiller à la fois llonie^ la Pfarygie^ la Cappadoce^ la Cilicie^ la Syrie ^ l'Egypte^ recueillir les impôts de ces riches conquêtes et pourvoir à la solde des corps d'armée qui venaient de Grèce ou de Macédoine rejoindre le roi en Asie.
On ne sait par quelle intrigue d'un , certain Tauriscus^ familier du roi d'Épire^ ou par quelle mobilité du caractère d'Harpale cette amitié de jeunesse entre Alexandre et lui avait été altérée jusqu'à la défection.
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A Tépoque où les Lacédémo&iens^ lesg^sdes lies de l'Archipel et les Perses de Tlome avaient réuni leurs flottes contre Alexandre^ ^ng^gé en Cilicie^ et où la Grèce ébranlée avait paru se détacher de son généralissime macédonien^ Ha r pale lui-même avait abandonné son emploi à Tharse. et s'était réfugié en Épire parmi les ennemis de ce prince. Q faut qu'A* lexandre eût reçu desexplicatioas plus ou moins plausibles de cette défection pour qu'il ait cherché à tout prix à rappeler Harpale de son
exil volontaire, et pour lui avoir confié de nouveau Tadministration générale de toutes ses finances. L'histoire est muette sur ces motifs. L'ancienne amitié et la meirveilleuse aptitude d'Harpate à ce maniement des grandes affaires sont les plus vraisemblables. Quoi qu'il en soit, Harpale, à la sollicitation d'Alexandre, reprît son ministère des finances du jeune conquérant, comme Antipater, dont il avait à se défier également, continua son ministère de la guerre.