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chaînes de fer tendoes d'une rive à l'autre ; ce qui prouve que les ponts de fil de fer sont une invention bien antérieure à notre siècle^ et que les mêmes nécessités susdtent les m^es idées dans les hommes de tous les âges.
L'historien moderne en est donc réduit aux conjectures sur la route suivie par l'armée d'Â* lexandrepour arriver à TEuphrate^ comme sur le point choisi par Àuuibal pour le passage des Alpes. Ce qu'il y a de plus probable , selon nous^ après avoir parcouru les mêmes contrées et d'après la physionomie des sites des vallées et des eaux , c'est qu'après avoir débouché d'Egypte ^ après huit jours de marche dans les déserts d'El- Arich sur Gaza ^ Alexandre franchit le col de Je* rusalem à Joppé , aujourd'hui JafSa , qu'il des* cendit dans la vallée de Jéricho^ qu'il remonta par la vallée du Jourdain jusqu'aux collines les plus inclinées de l' Anti-Liban, qui le menèrent, par de riches pentes fertiles et bien arrosées y à Da* mas, et que, de Damas, laissant à sa droite l'im*
mentedésert sans eau qui menait^ par une route courte^ mais impiratkable pour une armée^ à Babylone^ il se détourna aur sa gauche et s'enfonça lentement dans le pays tràs^uplé de rÂrménie^ dont il revint, par sa droite^ k l'Euphrate à la hauteur d'Ârbelles^ aujourd'hui Arbil, pour y reprendre, plus à droite encore, la direction de Babylone.
La géographie et les convenances militaires pour une grande armée ne donnent pas d au(re itinéraire probable de Texpédition. Alexandre^ cependant , aurait pu encore remonter toute la cote de Syrie jusqu'à la hauteur d'Àniîoche, suivre i'Oronte, traverser Âlep^ et passer l'Euphrate à Bir, d'où il aurait côtoyé ce fleuve en se rapprochant de la Perse. Mab cette route aurait été plus lente et moins militaire que oelle du Jourdain. Les traditions populaires de l'Arménie, quoique tjrèsK^nfuses et très-obscares, concordent avec notre opinion sur l'itinéraire d'Alexandre.
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Quant aux disposilimift militaÎTes de Dams pour la défense de ce qui lui restait d'empire^ elles sont parfaitement intelligibles encore aujourd'hui. Elles paraissent conformes k toot ce que la stratège la plus consommée commanderait h uii gféoéral nioderne dans les mêmes circoDstances de lieux et de nombre»
Darius , en effets vaincu dans son plus liabile lieutenant^ Memnon^surleGranique^ vaincudans sa personBe même à Issus^ n'ayant pu rallier son armée ni à Damas^ ni sur l'Euphrate ^ dépossédé de la Syrie tout entière , de TÉgypte, de toute la partie peuplée de la Mésopotamie j inférieur en tactique^ en armes eteneouràge de troupes^ supérieur en nombre seulement, Darius ne pou* vait , sans témérité, aller au-devant d'Alexandre, son ennemi, loin de la Perse, dans dés défilés de moatagnes où le nombre lui aurait été inutile, ou sa cavalerie n'aurait été d'aucun service; où les vivres mémesauraient manqué à la multitude desessdidats. Il devait attendre, sur son propre
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terrain y rapproché de ses capitales ^ à portée de ses renforts ; approvisionné par ses greniers^ qu'Alexandre^ contraint ainsi à uneroute en avant de soixante jours à travers des pays arides > s'épuisàt par une marche autant que par une bataille.
La position qu'il avait prise par toutes ces considérations à Àrbelles était inspirée par la géo^aphie même de son vaste empire. Il était couvert au loin sur sa gauche par les déserts de Mésopotamie qu'aucun corps ennemi ne pouvait franchir^ à droite par les montagnes de Médie, en face par TEuphrate. Il couvrait ainsi luimême Babylone et Persépolis ^ ses deux capitales derrière lui ; en cas de revers^ il pouvait se réfugier et se renfermer pour traiter dans leurs remparts ; enfin^ en cas de déroute complète et irrémédiable^ il avait pour dernier refoge et pour dernière citadelle inexpugnable, derrière Persépolis^ les montagnes et les défilés presque inaccessibles de THyrcanie et les forêts qui bordent^ du côté delà Perse ^ la mer Caspienne.
On pourrait s'étonner seulement qu'il n'attendit pas Alexandre en avant de TEuphrate au lieu de l'attendre derrière ce fleuve ; mais trois