LIVRE IV. IM
motifs très-militaires paraissent T avoir décidé à laisser TEophrate entre Alexandre et lui.
Le premier de ces motifs est qn'en cas de défaite TEnphrate lui aurait coupé la retraite vers Babykme^ et que. la multitude de ses troupes aarait péri dans la fuite en dierchant à repasser FEupbrate.
Le second; c'est qu'il pouvait faire dififnter par ses avant^gardes le passage del^Enj^irate à Alexandre, et qu*im passage de fleuve en face de r^nnemi est toujours une op^tion pér illrase^ où Tagresseiir pNrd une partie de ses forces.
Le troisième enfin et le plus vraisemblable est que les bords de TEuplirate^ du c6té deTArménie , sont un pays accidenté et montueux^ qui offre peu de champs de bataille à une nombreuse eavalorie $ tandis que le c6té du fleuve où campait Darius^ non loin d'Arbelles^ était disposé par la nature pour un vaste déploioment de <Atevaux^ de charriots de guwre et d'élépbanis. C'étaient les trois armes principales des Penses.
Ainsi s'explique et se justifie la position militaire prise par Dariusdans la plaine d'Arb^ies.
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2m VIE d'âle;canoii£ le grand.
Alexandre cependant^ par l'extrême prodesoé qa'il savait aasoeiar à Textréme audace, a^ait trompé Tespérance de Darius en s'avaiiça&t vers l'Ettphrate et en traversant ce flenve s«r des ponts de fer. Il avait marché a travers des pays rudes^ il est vrai , mais abondants en fourrages et en vivres pour ses chevaux et pour ses soldats. Il avait mesuré ses pas^ non sur son impatience de vaincre encore^ mais sur les pas des nombreux renforts qui lui arrivaient continuellement par petites bandes de Macédoine^ de Thrace ^ de Ci< licâe et de Grèce ; en sorte qu'au lien de se déei* mer en chemin par les fatigpies d'une ai longoe marche il se recrutait d'hommeis aguerris et d'excellents chevaux d'Arabie en avançaait. Ànti* pater d'un côté , Harpale de l'antre , ees gonver^ neurs d'Egypte , ses satrapes dePhrygie et de Ci^ licie^ rivalisaient de zèle pour lui envoyer tous les jours les recrues^ les armes, les vivres, la solde de ses soldats. Son armée, ainsi ménpgéeèt ravitaillée à chaque étape, était plus forte et
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plus reposée en arrivtBt sur TEttpfaiBte fu'en quittant rÉgypte.
Ce sont ces qualita» de grand adjainistrateur d'arme et de pays conquis qui donnent le Be* cr«t de des conquêtes et qui n'ont pat été «sses remarquées par les historiens de tous les temps* Ce sont aussi ces prévoyances d'Alexandre qui expliquent la lenteur de ses opérations militaires et qui lui font consommer dix années de sa vie à une campagne qui ne demandait pas plus de quafoe ou daq ans à un général moias.soîgB^x des moyens de vaincre.
On vmi bien dans Diodore, danft Ârîstobule^ dans Plutarque> dansApp&en^ que Darius fit dis-* puter légèrement le terrain sur les deux rives de FEupJlirate parunde ses^éraux^ nommé Maaée^ sans doute élève et lieutenant de Slemnon^ que Darius a^ait eu le OMilh^ur de perdre^ m^ les combats superfideb de ce Mazée furent des re>^ connaissances plutôt que des batailles. Il sa re- ]dia proraptement de Tautre côté defEuplirate, et le petit nombre de troupes qnie les historiei|s lui donnent ne dépasse pasdouïe mille hommes. Ce petit nombre de Perses commandés par Ma^éç est tellement disproportionné à la multitude in-
nômbrable que Quinte-Curce , Diodore , Appien lui-même attribuent à Tarmée de Darius à Arbelles^ que les historiens réfléchis peuvent légitimement douter de la réalité de ces masses d^hommes en mouvement autour du roi de Perse.
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Ce fut en chassant devant lui ces avant-gardes fugitives des Perses qu'Alexandre apprit la mort i nattendue de Statira y femme de Darius^ qu'il ' conduisait à la suite de son armée. Le récit naïf et pathétique de cet événement dans Thistorien latin est trop justement célèbre pour qu'on ose Taitérer en y touchant ; ces scènes de sensibilité humaine sont celles où le grand écrivain rivalise Homère et n'a point d'égal ni parmi les anciens ni parmi les modernes.
« Pendant la marche ^ dit-il^ un eunuque d'entre les captifs qui accompagnaient la femme de Darius lui ^int dire qu'elle tirait à sa fin et que peut-être elle n'était plus en vie. Cette princesse^ accablée d'ennuis et du travail conti-