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sage^ dit4i, hkhi ami^ m'anuonee quelque étrange désastre; mais^ je te prie^ ne me dé* guise rien ^ et ne pense pas m'épargner pour me voir affligé ; car j'ai appris à être malheureux , et c^est bien souvent une e^èce de eonsolatioa aux misérables de savoir jusqu'où va leur mi* sère. Je me défie d'une cbose que je n'ose dire. Ne serait-ce point que tu m'apportes la nouvelle des indignités que les miens <mt reçues dans la prieon? ce qui me serait plus sensible et à eux aussi , comme je crois^ que tous les supplices du monde. — Tants'en faut^ Seigneur^ lui répondit Tyristès^ qu'il n'y asm*te d'hcmneurs et de respects que des sujets naturels puissent rendre à leur reine qui ne leur aient été rendus par le vainqueur; mais la reine votrefemme n'est plus au monde. »
« Incontinent vous eussiez oui par tout lecamp^ non pas dés gémissements^ mais des cris et des hurlements effroyables; et Darius ne mit point en doute qu'elle n'eût été tuée pour n'avoir pas voulu souffrir l'approche et l'attentat fait à sa pudicité; si bien que, forcenéjde douleur, il s'écria : c Eh ! que t'ai-je donc fait, Alexandre , ou qu'ai-je fait aux tiens, pour en prendre une
si cruelle vengeance? Tu me hais et tu me pw^ sécutes à tort ; mais je veux que tu aies tous les sujets du monde de me faire la guerre : falkit^il pour cela t'attaquer aux femmes? » Là-dessus Tyristès se mit à jurer par les dieux dti pays € qu'il ne lui avait été fait aucun traitement qui fût indigne d'elle ; qu'au contraire Alexandre Tavait honorée de ses larmes et n'en avait pas moins répandu que lui^ qui était son mari , > Mais ce discours fait à un homme éperdument amou* reux de sa femme lui donna d'autres pensées, et lui remplit l'esprit de soupçons et de jalousie, s'imaginant que de si cuisants regrets pour une captive ne pouvaient procéder que des grandes privautés et de Fétroite communication qu'ils avaient eu ensemble. Tirant donc à part l'eunuque , et alors ne pleurant plus , mais soupirant^ il lui dit : « Vois*tu , Tyristès, il n'est plus question ici de mentir ; si tu ne me confesses la vérité , les tourments m'en feront la raison ; mais n'en venons point là ^ je t'en prie, et, s'il te reste ^core quelque respect pour ton roi, dis^moi, je t'en conjure, si Alexandre, et comme jeune et comme victorieux, n'aurait point tenté, ce que je désire savoir et ce que j'ai honte de deman -
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der? » Sttr cela Tyristès offre son corps à la torture^ et^ avec des serments et des exécrations horrâ>les , ap pelle les dieux à témoin qu'il ne s'était rien passé entre Alexandre et la reine.qui ne fût ^ein d'humeur et de v^u.
«c Enfin Darius , ayant ajouté foi aux paroles de Feunuque^ se couvrit le visage et fut un long espace de temps à pleurer; et^ comme les larmes lui tombaient encore des yenx, ayant tiré sa rabe de dessus sa iéle , et levant les mains |au ciel , il fit cette pri^e : « Dieux protecteurs de la couronne des Perses , je vous demande premièrement cette grâce qu 'il vous plaise me rétablir dans mon trône ; mais si^ les destinées en ont autrement ordonné et que ce. soit fait de moi ,
au moins ne permettez pas que l'empire de l'Asie tombe en d'autres mains qu'en celles d'un si juste ennemi et d'un si sage vainqueur ! »
<c C'est pourquoi , bien qu'il eût déjà par deux fois demandé la paix sans la pouvoir obtenir et qu'il eût tourné toutes ses pe usées à la guerre.^ si est-ce que^ vaincu par la bonté de son ennemi^ il envoya dix des principaux de ses parents pour lui proposer de nouvelles conditions. Alexandre, ayant assemblé son conseil et fait in-
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troduireles ambassadeurs^ le plus ancien d'entre eux COTttmença à dire :
< Seignen^ceii'efltnila forée nilanécessitéqti coninint Darias de yoiis demander aujonrd 'hai la paix la troisième ibis : Totre justice et rotrè (iontihenoe^ je le proteste^ sont les seuls motifs qui l'y portent/n ne s'est aperçu de la captivité de sa femme et de ses enfants jque par leur seule absenee. Vous n'avez pas en moindre recommaih dation l'honneur de ces jeunes priftoessesque si vousétiezlenr propre père. Youslesappelesrein es et leur laissez tout l'éclat de leur premtece for* tune. Je vois mémesur votre visagele même deuil que sur celui de Darius quand nous primes congé de lui; et toutefois il pleure sa fsmme, et vo«sne pleurez que celle de votre ennemi y qui vous au* rait déjà sur les bras si le soin de sa sépulture ne vous avait arrêté. Quelle merveille donc qu'il recherche encore de paix un prince qui lui témoigne tant de bonne volonté ? et à quels propos la gnerre entre ceux qui ont éteint toute haine? Autrefois il avait assigné les bornes de votre empire à la rivière d'Halis^ frontière de la Lydie; mais aujourd'hui il vous donne sa fille en mariage , avec toutes les terres qui sont enfre
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llHellespoiit et llSaphrate. Outre cek il yoto laisse son fils Ochii^^ et coBsent que vous le car* diez pour otage de sa foi et de son amitié , à con* ditioB que vous lai rendiesi sa mère et ses deux filles y pour la rançon desquelles il vous prie d'accepter trente mille talents d'or.
« Au reste^ si ce n'était que je connais votre modération^ je n'oserais vous dire que T4»ci le temps et la conjoncture où yous ne devriea pa« seulement accorder la paix^ nuiis la re« chercher. Considérez ce que vous laissez derrière TOUS et ce qui tous reste à conquérir. Sourenei^ voFus qu'iyi trop grand empire est un dange* reux fardeau^ et que c'est une erreur de penser étreindre plus qu'on ne peut embrasser. Ne voyez-vous pas ces grands corps de navires^ comme ils sont malaisés à gouverner? Et d'où sont venues à Darius toutes les pertes qu'il à faites^ que de ses richesses excessives^ qui traînent après soi les grandes ruines? Il y a des choses qu'il n'jBSt pas si aisé de conserver que d'acquérir; et combien est-îl plus naturel et plus ordinaire à nos mains de prendre que de retenir? Enfin ces puissances si vastes sont sujettes à se voir retranchées, et il n'est pas
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jusqu'à la mort de la femme de Darius qui ne vous en avertisse; car, votre clémence ayant perdu en elle un si beau moyen de s'exercer, il s'en faut déjà cela qu'elle n'ait autant de pouvoir qu'elle en a eu. »
Alexandre, ayant fait sortir les ambassadeurs, demanda les avis. On fut longtemps que personne n'osait dire mot, ne sachant où l'inclination du roi se portait. Mais enfin Parménion, rompant le silence, dit « que c'avait été son sen* timent, dès le temps qu'il était à Damas, qu'on eût rendu les prisonniers à ceux qui les voulaient racheter, vu qu'il se pouvait faire un grand fonds de ce qu'on en eût tiré, et qu'étant d'ailleurs en grand nombre ils occupaient beaucoup de braves hommes dignes d'un meilleur emploi; qu'encore maintenant il était d'opinion plus que jamais que le roi ne marchandât point à se défaire d'une vieille femme et de deux jeunes filles qui n'étaient, à les bien nommer, qu'un vrai embarras d'armée et de chemins, pour mettre trente mille talents dans ses coffres; qu'il considérât que , sans tirer l'épée, un si juste traité le rendait maître d'un des plus beaux royaumes du monde, et qu'alors il pour-