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août 4851 , copie dans les papiers de Berryer

2 Lettre du 17 août 1851.

Berryer ne s'était pas trompé. Des tendances contraires se disputaient à celte époque l'influence sur la cour exilée. La politique qui promet d'emporter d'un coup les obstacles, sauf à ne point les voir, offre plus d'attrait que celle qui, pour les vaincre, prend le temps de les envisager. On prêtait l'oreille à la première , sans se livrer encore à sa direction. Mais, pour le public, cette incertitude consciencieuse avait l'apparence de la duplicité. Berryer s'en désolait. Toute sa correspondance, à cette date , porte l'expression de la même inquiétude ; ce qu'il craint par-dessus tout, ce n'est point de paraître dupe , c'est de n'être pas cru sincère :

Nous voici dans des jours d'action et d'action décisive, écrit- il à M. de Falloux. Si on (îst soupçonné ou d'irrésolution ou d'arriùre-pensée, on peut être assuré d'une défaite honteuse et irréparable. La parfaite loyauté, la netteté des idées, la fermeté du bon vouloir, donnent seules la force qui triomphe et peut triompher, quand un peuple entier est spectateur et juge, quand il doit prononcer lui-même sur ses destinées ^

Jusque-là M. de Falloux avait cherché à calmer Berryer plutôt qu'à l'exciter. Un jour qu'il devait développer leurs idées communes à la réunion de la rue de Rivoli, il lui écrivait, prévoyant l'effet que produiraient sur Berryer les échappées de quelques dissidents :

Laissez-moi vous répéter : patience! patience! non pas seulement dans vos paroles , mais même dans vos regards et dans vos épaules.

Invitation à laquelle Berryer répondait avec bonne humeur.

i Gaoût IS-'il.

Mon ami, vos conseils sont bons, votre cœur est le meilleur du monde, les résultats que vous avez déjà obtenus sont excellents, et je contemplerai avec silence et joie le plein succès que vous obtiendrez ce soir.

Les derniers incidents parurent à M. de Falloux commander une autre attitude. Il jugeait nécessaire, autant pour éclairer le comte de Ghambord que pour rassurer le pays, une séparation nette entre deux politiques incompatibles. Il exhortait Berryer à en prendre son parti, et ne cessa de Vy pousser désormais avec Tinflexible persévérance qu'il mettait à toute conduite dans laquelle il voyait engagé l'intérêt de la cause.

II est évident , écrivait-il de Nice (27 août) à Berryer, qu'une fausse neutralité est mise tout entière aujourd'hui à profit par une politique qui replacera M. le comte de Ghambord en arrière encore de la circulaire de Wiesbaden. Si nous nous dégageons complètement à notre tour de ceux qui se sont si lestement dégagés de nous, les deux politiques se dessineront clairement et en peu de temps, aux yeux du prince, par leurs effets, par leurs fruits. Au lieu de représentations qui sont constamment déjouées, au lieu d'une sohdarité qui ne permet à aucun homme , à aucune situation , de garder son véritable caractère, de produire ses véritables résultats, chacun de nous reprendra sa force avec son indépendance. Le pays est déjà tout édifié; le sens exquis du prince ne tardera pas à l'être.

Berryer recevait d'un de ses plus vieux compagnons de lutte, M. Laurentie, des conseils analogues. M. Laurentie le soutenait fermement dans l' Union; mais rappelant en même temps à Berryer leurs anciens combats et leurs anciennes épreuves, il rengageait à déployer encore une fois le courage qui lui avait valu son ascendant :

Nous revenons, mon très cher ami, lui écrivait-il S à la situation de 1830 et 1831. Peu nombreux alors, nous avons fait

1 5 septembre 18S1. — Papiers de Berryer,

triompher nos idées des routines moitié libérales, moitié courtisanes, d'un certain parti royaliste de la Restauration, cause de tous nos malheurs.

Puis, faisant allusion aux polémiques qui avaient suivi 1830 :

Contre l'opinion dominante, nous avons soutenu la nécessité d'entrer aux affaires par les élections, et vous avez, tout sew/, justifié cette témérité. C'est vous qui avez, avec une escouade d'auxiliaires, fait du parti royaliste un parti prépondérant. Alors notre opinion était nette et nous étions sur la brèche, attaquant toutes les espèces d'erreurs, même les nôtres. Et c'est par là que nous eûmes de l'autorité. Il faut de même, aujourd'hui, nous dégager de toutes les folies et de toutes les sottises qui nous encombrent. La dissension va nous affaiblir, c'est évident; mais nous n'avons pas moins à formuler nos idées propres de politique, et les hommes sages et intelligents des autres partis ne tarderont pas à voir où est le vrai parti royaliste, celui qui comprend le passé et l'avenir...

Les dissidents de la droite avaient une préoccupation exclusive, mais légitime. Leur idée fixe était d'empêcher la réélection de Louis-Napoléon, et comme un peuple' ne vit pas d'abstractions, ils étaient d'avis de présenter sans retard à la France un candidat sur qui elle pût porter ses suffrages.

Ce candidat, il ne suffisait pas de le vouloir. Il fallait le trouver. Où était-il?

Un nom venait sur leurs lèvres, bien digne d'être offert aux électeurs, car il ne leur rappelait que de grandes vertus civiques et militaires. C'était le nom du général Ghangarnier. Il n'était pas un royaliste , à commencer par Berryer, qui n'eût souhaité un tel candidat. Mais plus était haute la personnalité de l'homme, plus il importait de connaître ses vues sur l'avenir de la France. Dans les questions litigieuses entre monarchistes, le gé-

néral Changarnier s'était associé au groupe de M. Thiers ; il avait voté avec lui la proposition Creton , dont l'adoption était réputée devoir être la préface de quelque campagne orléaniste. La proposition allait revenir devant l'Assemblée; les feuilles légitimistes annonçaient que le général, cette fois, s'abstiendrait; ses amis disaient le contraire. De toutes parts, on le priait de s'expliquer. Un des membres les plus honorables de la droite dissidente , M. Chapot * , le suppliait de dissiper les doutes « par quelque chose de net et de sans réplique^ ». Le Sphinx y comme on appelait alors le général, ne sortait pas de son silence, moins par calcul d'ambition, que par l'idée, mêlée d'illusions, qu'il se faisait de son rôle. Soldat de la légalité, Changarnier ne voulait trahir par aucun engagement prématuré l'impartial mandat qu'il s'était donné. Il ne voyait pas d'ailleurs l'imminence du péril, et croyait pouvoir attendre, pour se déclarer, le jour où serait convoquée la nouvelle Assemblée.

Cette attitude du général n'était pas étrangère à la résolution qu'avait prise la réunion de la rue de Rivoli, d'ajourner toute délibération sur les candidatures présidentielles.

M. de Falloux en donnait les raisons dans une lettre adressée à l'un de ses collègues de la Haute-Garonne , M. de Limairac^ :

Je ne suspecte en rien la bonne foi de l'honorable général dont le nom est livré déjà prématurément à la polémique, lui écrivait-il, mais on conviendra bien qu'il faut lui faire un milieu qui le soutienne dans notre sens et non qui l'entraîne dans le sens opposé... Assurément nous travaillons aussi ar-

1 Chapot (Jean-Jacques-François) 1811-1856, représentant du peuple, en 1848. ejt 1849.

2 6 août 1831. — Changarnier, par le comte d'Antioche. — 1891, p. 317.

3 Limairac (Charles-Jean-Edmond de) , 1804-1860, représentant du peuple en 1849.

dcniiiient que qui que ce soit à nous entendre avec lui; mais jusqu'à ce qu'on en soit venu à bout, nos amis des départements ont une immense carrière à remplir, c'est de préparer leur majorité électorale, tout à fait indépendamment de la question présidentielle et de façon à la dominer quelle qu'elle soit *.

Ceux qui ne songeaient qu'à rélection présidentielle se faisaient, selon M. de Falloux, un horizon trop limité :

Ce que nous avons à fonder en ce moment par-dessus tout, ce sont les assises fortes et durables de la monarchie, et la première condition pour atteindre ce but, c'est de placer de plus en plus notre opinion au centre et à la tète de toutes les manifestations du pays. L'union du parti légitimiste avec les différentes fractions du parti de l'ordre est plus nécessaire encore pour faire durer M. le comte de Chambord que pour le faire venir. On ne saurait donc s'y prendre trop tôt pour cela.

C'était là l'œuvre à laquelle Berryer s'était voué. Au moment où sa direction était le plus attaquée , M. de Falloux mettait un soin délicat à en proclamer les bienfaits :

Quand je jette les yeux sur le terrain gagné depuis trois ans par M. Berryer et sa direction, je ne puis que m'attacher davantage à lui et à elle. Je sais de la manière la plus formelle qu(; c'est aussi Tappréciation de M. le comte de Chambord; mais, en dehors de cela même, je ne tiendrais pas un autre langage et ne suivrais pas un(î autre conduite. Cette direction contre laquelle quelques esprits, plus personnels qu'ils ne veulent en avoir l'air, s'élèvent avec tant d'higra-

1 Aux termes de la Constitution (art. 40) rélection du Président de la Hcpubli({ue devait avoir lieu le deuxième dimanche de mai, et l'Assemblée, élue pour trois ans, devait fixer par une loi l'époque des nouvelles élections, io jours au plus tard avant la fin de la législature (art. 3i). Les élections législatives devaient donc précéder l'élection du Président; l'on s'était même demandé, dans plusieurs conseils -généraux, s'il ne conviendrait pas d'en avancer la date.

litudc, nous a fait passer de l'Assemblée constituante à l'Assemblée législative, c'est-à-dire d'une Assemblée où il y avait quarante légitimistes et pas un fusionnistc, aune Assemblée qui compte cent cinquante légitimistes, et soixante fusionnistes ouvertement dirigés par MM. Mole et Guizot. Cette même direction qui a rendu l'éducation aux corps religieux et délivré le souverain Pontife, nous a conduits en même temps de la Constitution Marrast votée par la presque unanimité de l'Assemblée constituante au vote de plus de république rendu par une immense majorité sous le nom de révision et répété par quatre-vingts conseils généraux; et tout cela en deux ans , au milieu des circonstances les plus difficiles et d'obstacles de tout genre, en tête desquels il faut placer le nom de Bonaparte appelé au pouvoir et appelé avec le plus de zèle par ceux de nos amis qui nous reprochent le plus amèrement qu'il y soit.

Allusion à la Gazette de France qui en 1848 avait patronné la candidature de Louis-Napoléon, jusqu'à faire un crime à l'Union et à ses inspirateurs de ne pas la soutenir.

Soyons tous bien sûrs, concluait M. de Falloux, que ce que M. Berryer n'obtiendra pas des événements et des hommes, personne ne l'obtiendrait aussi bien que lui, ni si bien que lui ^

A côté et au dessus de la candidature du général Cliangamier, s*en agitait une autre , celle du prince de Joinville.

Jusque-là, elle avait été lancée plutôt que posée. Le 15 août, au retour d'un voyage en Angleterre, M. Roger (du Nord) avait écrit dans V Ordre : « J'ai la conviction profonde et personnelle que, si le pays en appelle au dévouement du prince de Joinville , jamais le prince ne

1 Septembre 1851. — La copie de cette letlre se trouve dans la correspondance de M. de Falloux avec Berryer. — Papiers de Berryer,

iU BERRYER SOUS LA RÉPUBLIQUE ET LE SECOND EMPIRE.

fera défaut à la France ». L'organe de la fusion, V Assemblée Nationale, repoussait Tidée de la candidature, comme une injure au fils de Louis-Philippe qu'on eût ainsi placé dans T alternative « ou de trahir la république à qui il aurait prêté serment » ou « de Fépouser et alors de renier la monarchie, même celle de 1830* ». Le Journal des Débats, à trois jours de distance, Tadmetlait et F écartait. Les anciens ministres de Louis- Philippe, M. Guizot, M. Duchâtel, M. Dumont, M. Mole, la déploraient. Les journaux mêmes qui avaient mis le nom du prince en avant, V Ordre et le Messager de U Assemblée, le maintenaient et le retiraient tour à tour, tantôt disant aux légitimistes : « ... Nous avons un candidat et vous n'en avez pas! » tantôt demandant un candidat qui ne fut pas un prétendant et dont la réputation, les services, eussent assez d'éclat pour rallier tous les suffrages^; désignation sous laquelle on croyait reconnaître le général Ghangarnier ou M. Thiers. A Claremont, les avis étaient partagés; les princes n'avaient pas pris l'initiative de la candidature; tous n'y étaient point favorables. Mais ils n'entendaient ni l'avouer, ni la désavouer, laissant au pays et aux événements le soin de prononcer ^.

Cette indécision apparente ne pouvait servir les princes auprès d'un pays qu'ont toujours séduit les résolutions hardies même jusqu'à la témérité; elle n'était profitable qu'au Président en divisant la majorité. L'union du parti monarchique était l'obstacle aux ambitions de l'Élyséc, et l'on jetait dans ses rangs un principe de discorde. L'image d'un nouvel établissement de 1830 reparaissait aux yeux des royalistes. Jamais ils ne s'y prêteraient. Les plus formes soutiens du trône de juillet

1 0 août INM.

2 Ordre, 20, 42 août 1851.

8 Annuaire Lesur. — 1851, p. 311.

s'y montraient contraires, à plus forte raison ses anciens adversaires. Comme s'ils n'avaient pas dû prévoir cette opposition , les partisans de la candidature du prince de Joinville s'en faisaient un grief contre la droite :

Il n'y a qu'une royauté possible en France, écrivait le Courrier de la Gironde, la royauté dans la famille d'Orléans. Pour réussir dans cette difficile entreprise, nous n'avons pas le choix des moyens. Nous ne pouvons agir qu'avec les éléments fort limités que les calculs et la défiance de nos adversaires n'ont pas su nous ravir. Eh bien! c'est précisément ce que nous faisons en portant le prince de Joinville à la présidence de la République *.

En face de cette division , Berryer s'affligeait d'autant plus des dissidences soulevées dans le parti royaliste. Il sentait qu'elles encounigeaient les partisans de la candidature du prince de Joinville en leur faisant croire à leur influence sur une fraction de la droite.

Il n'en donnait pas moins pour mot d'ordre à ses amis, d'éviter toute parole offensante, et quand semblait ainsi menacée l'œuvre de la fusion, d'en affirmer plus que jamais la nécessité et la certitude finale.

Tel fut le langage de V Union et des feuilles de province qui suivaient la majorité royaliste :

Nous disons que la fusion se fera, écrivait le Journal de Bennes^, organe de M. de Kerdrel et de M. de Falloux, parce qu'elle apparaît comme la seule solution vraie , la seule nationale... Qui donc pourrait espérer aujourd'hui gouverner avec un parti à l'exclusion des autres? Et contre les tentatives désespérées de la démagogie, est-ce donc trop des efforts combinés de toutes les forces sociales? La vérité est là; elle n'est point ailleurs.

1 15 octobre 1851.

2 22 septembre 1851.

BERRTER. — T. UI. 10

Il y avait cependant des signes de retour aux conseils de Berryer. Le mouvement des esprits, la marche des événements , les résolutions qu'ils imposaient à ses adversaires eux-mêmes , donnaient raison à sa politique.

La première recommandation de Berryer avait été de ne point se séparer des sentiments du pays et de ne pas entrer en lutte contre l'idée de la revision, quand il était évident que le pays la réclamait. Or la France venait de se prononcer de nouveau. Dans la session du mois d'août, 81 conseils généraux sur 89 avaient demandé la revision.

Los violences de la démagogie, les manifestes de la Montagne, les détails donnés sur l'organisation du parti révolutionnairo , rendaient plus redoutable l'échéance de 1852. Le refus de la revision ne faisait qu'irriter l'inquiotudc dos populations et signaler à leurs ressentiments les représentants qui avaient méconnu leurs vœux. L'impression était si vive que ceux des députés royalistes qui avaient voté à l'Assemblée contre la revision devenaient les plus ardents, une fois rentrés dans leurs départements , pour la réclamer. « Vous serez étonné de la conversion do la Rochotte ' », écrivait M. de la Guibourgère à Berryer. M. de la Rochette*^, en effet, après s'otre prononcé à Paris contre la revision, venait de la proposer au conseil général de Nantes; il l'avait demandée « totale » en la fondant sur ce considérant « que le salut do la France est dans le retour de la monarchie constitutionnelle, héréditaire et légitime ». Le vœu

1 !«=' septembre IWil. --Papiers de Berryer,

i \A\ Koclieite (Charlos-Hrucst Poictoin. baron de), 18ai-l876, représentant du peuple en 1848, iHW et 1871 , élu si'nateur inamovible en 1875.

avait passé, dans ces termes, à la majorité de 21 voix

contre 18.

Il est vrai que , pour expliquer cette contradiction ,

M- de la Rochette faisait une distinction entre le conseiller général et le représentant du peuple , le conseiller lï'ayant que des vœux à émettre , le représentant faisant des lois :

Je fais cette observation, écrivait-il au journal l'Alliance, PB.t*ce que je ne veux pas que vous puissiez croire que le vote qu^e j'ai fait au Conseil général , entraîne nécessairement et logiquement celui que je serai appelé à donner au mois de ^^cembre, lorsque la revision sera de nouveau présentée à ^'Assemblée nationale'.

Cette singulière distinction n'empêchait pas l'évidence. U était avéré qu'en présence des populations, on n'avait Pas osé maintenir la ligne de conduite qu'on se réservait d'adopter loin d'elles.

Les événements faisaient à leur tour entendre leur voix. A part la Gazette de France qui, sans s'embarrasser de la réalité , persistait à imaginer un « Mouvement National » en faveur de la présidence de M. de la Rochejaquelein , les journaux qui avaient le plus vivement affirmé la nécessité de poser sans retard une candidature , se montraient hésitants ; les légitimistes reculaient devant le silence persévérant du général Ghangarnier; les orléanistes devant les difficultés que rencontrait leur tentative en faveur du prince de Joinville.

M. de Falloux, revenant du Midi, s'était arrêté à Lyon le il octobre. Invité à une soirée par le Cercle du Commerce, il s'y rendit accompagné de M. Sauzet; l'ancien président de la Chambre des députés le présenta aux sociétaires en donnant, dans un discours habile, sa ren-

* Lettre reproduite dans la Gazette de France du ti septembre 1851.

contre avec M. de Falloux, comme « un symbole de l'union et de la fusion quHl venait de recommander ». M. de Falloux, prenant ensuite la parole, passa en revue la politique générale et insista sur les idées qu'avec- Berryer il avait adoptées.

Il faut, dit-il, préparer dans les élections prochaines une majorité homogène qui fonde, en dehors de toute préoccupation de l élection présidentielle, Talliance définitive de Tordrez et de la liberté; une majorité faite en vue d'un président serait frappée d'impuissance si ce président venait à n'être pas élu , ou si élu, il venait à mourir. Il faut donc créer une majorité^ en vue des intérêts seuls du pays, qui les fasse valoir d'accord avec le président , s'il y a lieu , qui les lui impose s'il y résiste, et qui le supplée s'il y manque.

Les feuilles royalistes du Rhône, le Salut public et la Gazette de Lyon, reproduisirent ces déclarations en y applaudissant : « Vous avez fait merveille à Lyon » écrivait Berryer à M. de Falloux. L'Union se félicita de ce nouveau gage donné à la politique de concorde :

Nous sommes heureux de voir, dit-elle, que, si des esprits malfaisants s'efforcent d'ajourner la fusion entre les princes, ils ne parviendront pas à arrêter la réconciliation entre les partis. La France aurait dû recevoir l'exemple; ne le recevant pas, elle le donne K

Mais les nations prennent rarement Tinitiative; elles l'attendent de leurs chefs , et lorsque ceux-ci refusent ou s'abstiennent de leur donner l'impulsion , elles la demandent à d'autres qui leur promettent ce qu'elles désirent pour les mener où ils veulent.

1 12 octobre 1851.

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