‹ Vie de CalvinChapitre 27 sur 98 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

aux scènes ignobles auxquelles se sont livrés les Libertins; il déclare que la Gène n'aura pas lieu.

Les Libertins^ qui assistent armés au service, pous* sent contre lui des cris de fureur; Farel, arrêtant sur eux ses regards, dans lesquels ils peuvent lire le dégoût et le dédain qu'ils lui inspirent, leur dit: «Il faut de la foi pour communier, et vous blasphémez l'Évangile; il faut de la charité, et vous voilà avec des épées et des bâtons; il faut de la repentance : à quoi avez-vous passé la nuit?»

A ces mots, les Libertins lèvent leurs bâtons, tirent leurs épées, et plusieurs d'entre eux se précipitent vers Farel. Lui calme et les bras croisés les attend; ses amis accourent, lui font un rempart de leur corps et le reconduisent chez lui. La même scène a lieu à Saint-Pierre : Calvin déploie la même intrépidité que son ami, et ^râce à leur courageuse fidélité chrétienne , la sainte table n'est pas profanée.

Le lendemain le Conseil prononça la peine de bannissement contre les deux réformateurs, et leur fit signifier l'ordre de sortir de Genève sous trois jours. fSoit, dit Calvin, il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, ) et il se prépara à quitter cette ville qu'il voulait assujettir à Dieu pour la rendre libre.

Les Libertins triomphaient et, avec eux, tous ceux qui trouvaient trop dur le joug des deux réformateurs. Bonnivard, le célèbre prisonnier de Ghillon, témoin de leur joie indécente, vit se réaliser les pa-

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l'oles qu'il avait dites aux Genevois, quand ces derniers demandaient à être réformés : «Vous avez haï, leur avait-il dit, les prêtres pour être à vous trop semblables; vous haïrez les prédicants pour être à vous trop dissemblables, et ne les aurez gardés deux ans que pour les renvoyer, sans les payer de leurs peines qu'à bons coups de bâton. »

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