‹ Vie de CalvinChapitre 3 sur 98 · CHAPITRE t · texte numérisé non relu

CHAPITRE t

Le jour où il accepta le salut, par la foi^ la Bible l'intéressa plus que ses livres de droit, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même; c ayant donc reçu, nous dit -il, quelque goût et connaissance de la vraie piété, je fus incontinent enflammé d'un si grand désir de profiter, qu'encore que je ne quittasse pas tout à fait les autres études, je m'y employais plus mollement. »

A Bourges, comme à Orléans, sans le vouloir, ni le désirer, Calvin fut un maître. Tous ceux qui étaient travaillés par le désir de se faire une opinion sur les sujets brûlants du jour, qui préoccupaient tant de nobles esprits et de belles intelligences, se réunissaient autour de lui pour lui demander des solutions à leurs doutes, quoique c il ne fit quasi que commencer lui-même. Il en était tout ébahi, et comme de son naturel il était un peu sauvage , honteux et ami de son repos et de sa tranquillité, il fuyait plutôt qu'il ne recherchait les occasions de se produire. » — Son désir de s'instruire était si vif « que loin de venir à bout de ses souhaits, toutes retraites et lieux à l'écart lui étaient comme écoles publiques;» mais Dieu, qui avait besoin de lui pour le réveil de son Église, ne lui laissait ni trêve ni repos, et l'étudiant affermissait,' par son enseignement, aussi édifiant que profond, le petit troupeau chrétien qui s'était formé a Bourges; de cette ville il rayonnait dans les environs et prêchait dans les bourgades et les châteaux;

le seigneur de Lignères lui ouvrit les portes du sien. Un jour, en l'entendant prêcher, il dit : «Il me semble que M. Jehan Calvin prêche mieux que les moines et qu'il va rondement en besogne. »

Après quelque temps de séjour à Bourges, Calvin partit pour Paris.

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